CHAPITRE NEUVIÈME
J'entrai dans le préau et je courus dans !a loge d'Hyeronimo ; le père Hilario y était déjà, il était venu lui annoncer que tout espoir de grâce était perdu par Tabsence du prince qui voulait chasser le faisan en Bohême, et que te jour de la mort était fixé à trois jours de là. pour le condamné ; il recevait sa dernière confession et la promesse de lui apporter le sacrement du mariage et le sacrement de l'eucharistie avec celui de l'extrême-onction, la veille de sa mort. Puis, se tournant vers moi à. demi morte :
— Je vous laisse ensemble, me dit-il ; mes deux enfants, demain, avant la nuit, vous serez unis pour un jour et séparés le jour suivant pour un peu de temps! Que Tétemité vous console du jour qui passe I Je vais annoncer le désespoir h. vos pauvres parents ! Fior d'AIiza, venez avec moi pour qu'ils ne meurent pas sous le coup ; vous leur resterez, n'est-ce pas? et le souvenir d'Hyeronimo revivra pour eui en vous.
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FIOR D'AUZA.
CCLU
Je n'étais déjà plus triste, parce que je savais ce que fange m'avait dit la nuit, et je le suivis, avec l'autorisation du bargelio, jusqu'à. la loge sous l'escalier de son couvent voisin. Avant qu'il ouvrît la bouche, je fis un signe invisible à ma tante et je lui fis comprendre que l'exécution n'aurait peut-être pas lieu. Elle le dit tout bas à mon père sans que le père Hîlario s'en aperçût ; puis ils reçurent la fatale nouvelle avec la résignation apparente de ceui qui n'ont plus rien & craindre ici-bas, que la fm de tout.
Le père Uilario leur dit seulement qu'il viendrait les chercher le lendemain secrètement, avant le lever du jour, pour donner devant eux la bénédiction mortuaire et la bénédiction nuptiale à leurs enfants. Il leur enseigna en même temps de garder le silence sur l'objet de lacérémonie, de prier Dieu dans leur cœur et de se taire devant le bargelio, pendant que lui, le père Hilario, dirait la messe des morts et que l'enfant de chœur qui servirait la messe entendrait, sans les comprendre, les paroles latines prononcées par !e prêtre sur la tête des deux fiancés.
Je les embrassai tout en larmes, et je rentrai avec le père Hilario dans le guichet. Quelle journée, monsieur, que celle-ci, et comme j'aurais voulu tout à. la fois en presser
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