‹ Œuvres complètes de Laplace (volume 2)Chapitre 12 sur 295 · LIVRE I. - CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I. - CHAPITRE II

L'orbe solaire se rapproche sensiblement de l'équateur : on peut évaluer à 148'' la diminution séculaire de son obliquité sur le plan de ce grand cercle.

Le mouvement elliptique du Soleil ne représente pas encore exactement les observations modernes; leur grande précision a fait apercevoir de petites inégalités, dont il eût été presque impossible, par les seules observations, de reconnaître les lois. Ces inégalités sont ainsi du ressort de cette branche de l'Astronomie qui redescend des causes aux phénomènes, et qui sera l'objet du Livre IV.

La distance du Soleil à la Terre a intéressé dans tous les temps les observateurs; ils ont essayé de la déterminer par tous les moyens que l'Astronomie a successivement indiqués. Le plus naturel et le plus simple est celui que les géomètres emploient pour mesurer la distance des objets terrestres. Des deux extrémités d'une base connue, on observe les angles que forment avec elle les rayons visuels de l'objet, et en retranchant leur somme de deux angles droits, on a l'angle formé par ces rayons à leur concours : cet angle est ce que l'on nomme parallaxe de l'objet, dont il est facile ensuite d'avoir la distance aux extrémités de la base. En transportant cette méthode au Soleil, il faut choisir la base la plus étendue que l'on puisse avoir sur la Terre. Imaginons deux observateurs placés sous le même méridien et observant à midi la distance du centre du Soleil au pôle boréal : la différence des deux distances observées sera l'angle sous lequel on verrait de ce centre la droite qui joint les observateurs; la différence des hauteurs du pôle donne cette droite en parties du rayon terrestre ; il sera donc facile d'en conclure l'angle sous lequel on verrait du centre du Soleil le demi-diamètre de la Terre. Cet angle est la parallaxe horizontale du Soleil; mais il est trop petit pour être déterminé avec précision par cette méthode, qui peut seulement nous faire juger que cet astre est au moins éloigné de neuf mille diamètres terrestres. Nous verrons dans la suite les découvertes astronomiques fournir des moyens beaucoup plus précis pour avoir sa parallaxe, que l'on sait maintenant être, à fort peu près, de 26^^,54 dans sa moyenne distance

à la Terre, d'où il résulte que cette distance est de 33984 rayons terrestres.

On observe à la surface du Soleil des taches noires d'une forme irréguliëre et changeante. Quelquefois elles sont nombreuses et fort étendues; on en a vu dont la largeur égalait quatre ou cinq fois celle de la Terre. D'autres fois, mais rarement, le Soleil parait pur et sans taches pendant des années entières. Souvent les taches solaires sont entourées de pénombres, environnées elles-mêmes de parties plus lumineuses que le reste du Soleil, et au milieu desquelles on voit ces taches se former et disparaître. La nature des taches est encore ignorée; mais elles nous ont fait connaître un phénomène remarquable, celui de la rotation du Soleil. Au travers des variations qu'elles éprouvent dans leur position et dans leur grandeur, on démêle des mouvements réguliers, exactement les mêmes que ceux des points correspondants de la surface du Soleil, en supposant à cet astre, dans le sens de son mouvement autour de la Terre, une rotation sur un axe presque perpendiculaire à l'écliptique. On a conclu, de l'observation suivie des taches, que la durée d'une rotation entière du Soleil est d'environ vingt-cinq jours et demi, et que l'équateur solaire est incliné de 8°^ au plan de l'écliptique.

Les grandes taches du Soleil sont presque toujours comprises dans une zone de sa surface, dont la laideur, mesurée sur un méridien solaire, ne s'étend pas au delà de 34^ de chaque côté de son équateur; on en a cependant observé à 44^ de distance.

On aperçoit, surtout vers l'équinoxe du printemps, une faible lumière visible avant te lever ou après le coucher du Soleil, et à laquelle on a donné le nom de lumière zodiacale. Sa couleur est blanche et sa figure apparente est celle d'un fuseau dont la base s'appuie sur l'équateur solaire : tel on verrait un sphéroïde de révolution fort aplati dont le centre et le plan de l'équateur seraient les mêmes que ceux du Soleil. Sa longueur parait quelquefois sous-tendre un angle de plus de 100^. Le fluide qui nous réfléchit cette lumière doit être extrêmement rare, puisque l'on voit les étoiles au travers. Suivant l'opinion la plus

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