DES MOUVEMENTS PROPRES DES ÉTOILES
Après avoir considéré les mouvements des corps du système polaire, il nous reste à examiner ceux des étoiles, qui toutes, en vertu de la pesanteur universelle, doivent graviter les unes vers les autres et décrire des orbes immenses. Déjà les observations ont fait reconnaître ces grands mouvements qui probablement sont en partie des apparences dues au mouvement de translation du système solaire, mouvement que, d*après les lois de TOptique, nous transportons en sens contraire aux étoiles. Lorsque l'on en considère un grand nombre, leurs mouvements réels ayant lieu dans tous les sens, ils doivent disparaître dans l'expression du mouvement du Soleil, conclu de l'ensemble de leurs mouvements propres observés. C'est ainsi que l'on a reconnu que le système du Soleil et de tout ce qui l'environne est emporté vers la constellation d'Hercule, avec une vitesse au moins égale à celle de la Terre dans son orbite. Mais des observations très précises et très multipliées, faites à un ou deux siècles d'intervalle, détermineront exactement ce point important et délicat du système du monde.
Outre ce grand mouvement du Soleil et des étoiles, on en observe de particuliers dans plusieurs étoiles doubles : on nomme ainsi deux étoiles extrêmement rapprochées, qui paraissent n'en former qu'une dans les lunettes dont le grossisement est peu considérable. Leur proximité apparente peut tenir à ce qu'elles sont à fort peu près sur le même rayon visuel. Mais une disposition semblable est déjà un indice de leur proximité réelle ; et si, de plus, elles ont des mouvements
propres considérables et fort peu difTérents en ascension droite et en déclinaison» il devient alors extrêmement probable qu'elles forment un système de deux corps très rapprochés, et que les petites différences de leurs mouvements propres sont dues à un mouvement de révolution de chacune d'elles autour de leur centre commun de gravité; sans cela, Texistence simultanée de ces trois choses, la proximité apparente des deux étoiles et leurs mouvements presque égaux, soit en ascension droite, soit en déclinaison, serait totalement invraisemblable. La 6i® du Cygne et sa suivante réunissent ces trois conditions d'une manière remarquable; Fintervalle qui les sépare n'est que de 6""; leurs mouvements propres annuels, depuis Bradiey jusqu'à nous, ont été i5'',75 et i6'',o3 en ascension droite, 10^,24 et 9^^,56 en déclinaison ; il est donc extrêmement probable que ces deux étoiles sont très rapprochées et qu'elles tournent autour de leur centre commun de gravité, dans une période de quelques siècles. Plusieurs autres étoiles doubles offrent des résultats semblables. Si l'on parvient à reconnaître une parallaxe dans quelques-unes de ces étoiles, on aura, par le temps de la révolution des deux astres qui les forment l'un autour de l'autre, la somme de leurs masses rapportées a la masse du Soleil.
Le spectacle du ciel nous offre encore plusieurs groupes d'étoiles brillantes resserrées dans un petit espace : tel est celui des Pléiades. Une disposition semblable indique avec beaucoup de vraisemblance que les étoiles de chaque groupe sont fort rapprochées relativement à la distance qui les sépare des autres étoiles, et qu'elles ont autour de leur centre commun de gravité dds mouvements que la suite des siè* clés fera connaître.