‹ Œuvres complètes de Laplace (volume 2)Chapitre 201 sur 295 · LIVRE IV. - CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. - CHAPITRE XVIII

ment qu'un seul, situé dans le plan d'incidence du rayon générateur et faisant avec la première face l'angle de réflexion égal à Tangle d'incidence. Restituons maintenant au cristal son épaisseur; il est clair que, dans ce cas, les faisceaux réfléchis après leur sortie par la première face prendront des directions parallèles à celles qu'ils avaient prises dans le premier cas; ces faisceaux seront donc parallèles entre eux et au plan d'incidence du rayon générateur; seulement, au lieu d'être sensiblement confondus, comme dans le premier cas, ils seront séparés par des distances d'autant plus grandes que le cristal aura plus d'épaisseur.

Maintenant, si l'on considère un rayon quelconque intérieur, sortant en partie par la seconde face et en partie réfléchi par elle en deux faisceaux, le rayon sorti sera parallèle au rayon générateur; car la lumière, en sortant du cristal, doit prendre une direction parallèle à celle qu'elle avait en y entrant, puisque, les deux faces d'entrée et de sortie étant supposées parallèles, elle éprouve en sortant l'action des mêmes forces qu'elle avait éprouvées en entrant, mais en sens contraire. Concevons, par la direction du rayon sorti, un plan perpendiculaire à la seconde face, et dans ce plan imaginons, au dehors du cristal, une droite passant par le point de sortie et formant avec la perpendiculaire à la face, mais du côté opposé à la direction du rayon sorti, le même angle que cette direction ; enfin concevons un rayon solaire entrant suivant cette droite dans le cristal. Ce rayon se partagera, à son entrée, en deux autres qui, au sortir du cristal par la première face, prendront des directions parallèles au rayon solaire avant son entrée par la seconde face. Elles seront visiblement parallèles aux directions des deux faisceaux réfléchis, ce qui ne peut avoir lieu qu'autant que les deux rayons dans lesquels se divise le rayon solaire en entrant par la seconde face se confondent respectivement, dans l'intérieur du cristal, avec les directions des deux rayons réfléchis. Les formules relatives à la réfraction extraordinaire donnent les directions des rayons dans lesquels le ravon solaire se divise; elles donneront donc aussi celles des deux faisceaux réfléchis dans l'intérieur du cristal.

Si les deux faces du cristal ne sont pas parallèles, on aura, par les formules de la réfraction extraordinaire, les directions des deux rayons dans lesquels le rayon générateur se divise en pénétrant par la première face. On aura ensuite, par les mêmes formules, les directions de chacun de ces rayons a leur sortie par la seconde face, d'où Ton conclura, par la construction précédente, les directions des deux rayons solaires qui, pénétrant dans le cristal par la seconde face, formeront quatre rayons, dont les directions seront les mêmes que celles des quatre faisceaux du rayon générateur, réfléchis par cette face, directions qui seront données par les formules de la réfraction extraordinaire. On aura donc ainsi, par ces formules, tous les phénomènes de la réflexion de la lumière par les surfaces des cristaux diaphanes. M. Malus a fait à cet égard un grand nombre d'expériences dont l'accord remarquable avec les lois précédentes, déduites des principes de la moindre action et des forces vives, achève de démontrer que les phénomènes de la réfraction et de la réflexion de la lumière dans ces cristaux sont le résultat des forces attractives et répulsives. Il a, de plus, observé ce phénomène très singulier de la réflexion de la lumière par tous les corps, qui consiste en ce que, sous un angle d'incidence déterminé pour chacun d'eux, toute la lumière réfléchie est polarisée, en sorte que l'une des deux images d'un objet, vu par la réflexion de leurs surfaces à travers un prisme de cristal d'Islande, dans le plan de sa section principale, disparait totalement; elle reparait au delà de cette limite d'incidence. Les seuls métaux ont paru jusqu'ici faire exception a cette loi générale; seulement l'image qui devrait disparaître s'afiaiblit^ La lumière polarisée en sens contraire de celle que réfléchit la surface polie de tout autre corps est absorbée en entier par le corps, lorsqu'elle tombe sous l'angle de polarisation sur sa surface.

L'aberration des étoiles dépend, comme on l'a vu dans le Livre II, de la vitesse de leur lumière, combinée avec celle dé la Terre dans son orbite ; elle ne serait donc pas la même pour tous ces astres, si leurs rayons parvenaient a nous avec des vitesses diflerentes. Il serait diflScile, vu la petitesse de l'aberration, de connaître exactement par son

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