LIVRE IV. - CHAPITRE XVIII
ils glissent l'un contre l'autre, pour se mettre de niveau parleurs extrémités. Le liquide étant plus déprimé aux extrémités qui sont en contact avec les cylindres qu'aux e:.trémités opposées, les bases de ces dernières extrémités sont plus pressées que les deux autres bases; chaque cylindre tend, en conséquence, à se réunir de plus en plus avec l'autre, et comme les forces accélératrices portent toujours un système de corps, dérangé de l'état d'équilibre, aa delà de cette situation, les deux cylindres doivent se dépasser alternativement, en faisant des oscillations qui, diminuant sans cesse par les résistances qu'elles éprouvent, finissent par être anéanties ; ces cylindres alors, parvenus à l'état de repos, sont de niveau par leurs extrémités.
Les phénomènes que présente une goutte liquide en mouvement ou suspendue en équilibre, soit dans un tube capillaire conique, soit entre deux plans très peu inclinés l'un à l'autre et dont l'intersection est horizontale, sont très propres à vérifier la théorie. Une petite colonne d'eau ou d'alcool dans un tube conique de verre, ouvert à ses deux extrémités et maintenu horizontalement, se porte vers le sommet du tube, et l'on voit que cela doit être. En effet, la surface de la colonne liquide est concave à ses deux extrémités ; mais le rayon de cette surface est plus petit du côté du sommet que du côté de la base ; l'action du liquide sur lui-même est donc moindre du côté du sommet, et par conséquent la colonne doit tendre vers ce côté. Si le liquide est du mercure, alors sa surface est convexe, et son rayon est moindre encore vers le sommet que vers la base ; mais, à raison de sa convexité, l'action du liquide sur lui-même est plus grande vers le sommet, et la colonne doit se porter vers la base du tube, ce qui est conforme à l'expérience.
On peut balancer ces actions du liquide sur lui-même par le propre poids de la colonne, et la tenir suspendue en équilibre en inclinant l'axe du tube à l'horizon. Un calcul fort simple fait voir que, si la longueur de la colonne est peu considérable et si le tube est fort étroit, le sinus de l'inclinaison de l'axe à l'horizon, dans le cas de l'équilibre, est à fort peu près en raison inverse du carré de la distance du milieu de la coloDoe au sommet du cône, et qu'il est égal à une fraction dont
a9fc EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.
directement contraires aux loi fondamentales de la Mécanique, que l'on ne connaissait pas encore, et dans cette ignorance, on a élevé contre le vrai sytème du monde, qui perçait de toutes parts dans les phénomènes, des difficultés qui l'ont fait pendant longtemps méconnaître. Ainsi la marche de l'Astronomie a été embarrassée, incertaine, et les vérités dont elle s'est enrichie ont été souvent alliées à des erreurs que le temps» l'observation et le progrès des sciences accessoires en ont séparées. Nous allons ici donner un précis de son histoire : on y verra l'Astronomie rester un grand nombre de siècles dans l'enfance, en sortir et s'accroitre dans l'école d'Alexandrie; stationnaire ensuite jusqu'au temps des Arabes, se perfectionner par leurs travaux; enfin, abandonnant l'Afrique et l'Asie où elle avait pris naissance, se fixer en Europe, et s'élever en moins de trois siècles à la hauteur où elle est maintenant parvenue. Ce tableau des progrès de la plus sublime des sciences naturelies fera pardonner à l'esprit humain l'Astrologie, qui, dès la plus haute antiquité, s'était partout emparée de la faiblesse des hommes, mais que ces progrès ont fait pour toujours disparaître.