LIVRE V. - CHAPITRE IL
clinaison de l'orbe lunaire au plan de l'écliptique, malgré les variations que ce plan éprouve par rapport aux étoiles et qui, par les observations anciennes, sont sensibles sur son obliquité à Téquateur, est un résultat de la pesanteur universelle, que les observations d'Hipparque confirment (*). Enfin il détermina la parallaxe de la Lune, dont il essaya de conclure celle du Soleil, par la largeur du cône d'ombre terrestre au point où la Lune le traverse dans ses éclipses, ce qui le conduisit à la valeur de cette parallaxe, trouvée par Aristarque.
Hipparque fit un grand nombre d'observations des planètes ; mais, trop ami de la vérité pour former sur leurs mouvements des hypothèses incertaines, il laissa le soin à ses successeurs d'en établir les théories.
Une nouvelle étoile qui parut de son temps lui fit entreprendre un catalogue de ces astres, pour mettre la postérité en état de reconnaître les changements que le spectacle du ciel pourrait éprouver; il sentait d'ailleurs l'importance de ce catalogue pour les observations de la Lune et des planètes. La méthode dont il se servit est celle qu'Aristille et Timocharis avaient déjà employée. Le fruit de cette longue et pénible entreprise fut l'importante découverte de la précession des équinoxes. En comparant ses observations à celles de ces astronomes, Hipparque reconnut que les étoiles avaient changé de position par rapport à Téquateur, et qu'elles avaient conservé la même latitude au-dessus de l'écliptique. Il soupçonna d'abord que cela n'avait lieu que pour les étoiles situées dans le zodiaque; mais, ayant observé qu'elles conservaient toutes la même position respective, il en conclut que ce
( ' ) K«pler a remarqué cette constance à la fin de son Epitome de rAstronomie copemicienne; mais il la fonde sur une considération très singulière. « II convient », dit-il, « que la Lune, planète secondaire et satellite do la Terre, ait une inclinaison constante sur l'orbe terrestre, quelques variations que le plan éprouve dans sa position relative aux étoiles ; et si les observations anciennes sur les plus grandes latitudes de la Lune et sur Tobliquité de Técliptique se refusaient à cette hypothèse, il faudrait, plutôt que la rejeter, les révoquer en doute, t Ici les raisons de convenance et d'harmonie ont conduit Kepler à un résultat juste ; mais combien de fois ne Font-elles pas égaré? En se livrant ainsi à son imagination et à l'esprit de conjectures, on peut rencontrer la vérité par un heureux hasard ; mais l'impossibilité de la reconnaître, au milieu des erreurs dont elle est presque toujours accompagnée, laisse tout le mérite de sa découverte à celui qui l'établit solidement par Tobservation et (lar le calcul, les seules bases dos connaissances humaines.
phénomène était général. Pour lexpliquer, il supposa dans la sphërc céleste, autour des pôles de Técliptique, un mouvement direct, d'où résultait un mouvement rétrograde en longitude dans les équinoxes, comparés aux étoiles, mouvement qui lui parut être par siècle de la trois cent soixantième partie du zodiaque. Mais il présenta sa découverte avec la réserve que devait lui inspirer le peu d'exactitude des observations d'Aristille et de Timocharis.
La Géographie est redevable à Hipparque de la méthode de fixer la position des lieux sur la Terre par leur latitude et par leur longitude, pour laquelle il employa, le premier, les éclipses de Lune. Les nombreux calculs qu'exigèrent toutes ces recherches lui firent inventer, ou du moins perfectionner la Trigonométrie sphèrique. Malheureusement les Ouvrages qu'il composa sur tous ces sujets ont disparu : nous ne connaissons bien ses travaux que pdiV V Almagesie de Ptolémée, qui nous a transmis les principaux éléments des théories de ce grand astronome et quelques-unes de ses observations. Leur comparaison avec les observations modernes en a fait reconnaître l'exactitude, et l'utilité dont elles sont encore à l'Astronomie fait regretter les autres, et particulièrement celles qu'il fit sur les planètes, dont il ne reste que très peu d'observations anciennes. Le seul Ouvrage d'Hipparque qui nous soit parvenu est un Commentaire critique de la sphère d'Ëudoxe, décrite dans le poème d'Aratus ; il est antérieur à la découverte de la précession des équinoxes. Les positions des étoiles sur cette sphère sont si fautives, elles donnent pour l'époque de son origine des résultats si différents, que l'on ne peut voir sans étonnement Newton fonder sur ces positions grossières un système de chronologie, qui d'ailleurs s'écarte considérablement des dates assignées avec beaucoup de vraisemblance à plusieurs événements anciens.
L'intervalle de près de trois siècles, qui sépare Hipparque de Ptolémée, nous offre Géminus, dont le Traité d'Astronomie est parvenu jus(|u'à nous, et quelques observateurs tels qu'Agrippa, Ménélaus et Théo» de Smyrne. Nous remarquons encore, dans cet intervalle, la réforme du Calendrier romain, pour laquelle Jules César fit venir d'A-