‹ Œuvres complètes de Laplace (volume 2)Chapitre 58 sur 295 · LIVRE 1. - CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE 1. - CHAPITRE XV

Près de l'instant du minimum qui suit d'un jour et demi la quadrature, l'accroissement des marées totales est proportionnel au carré du temps écoulé depuis cet instant; il est à fort peu près double de la diminution des marées totales vers leur maximum.

Les déclinaisons du Soleil et de la Lune influent très sensiblement sur ces variations : la diminution des marées vers les syzygies des solstices n'est qu'environ trois cinquièmes de la diminution correspondante vers les syzygies des équinoxes ; l'accroissement des marées vers les quadratures est deux fois plus grand dans les équinoxes que dans les solstices. Mais l'influence des distances de la Lune à la Terre est encore plus considérable que celle des déclinaisons. La diminution des marées syzygies est presque trois fois plus grande vers le périgée de la Lune que vers son apogée.

On observe encore, entre les marées du matin et du soir, de petites difierences, qui dépendent des déclinaisons du Soleil et de la Lune, et qui disparaissent lorsque ces astres sont dans l'équateur. Pour les reconnaître, il faut comparer les marées du premier et du second jour après la syzygie ou après la quadrature; les marées, très voisines alors du maximum ou du minimum, varient fort peu d'un jour à l'autre et laissent facilement apercevoir la difler'ence des deux marées d'un même jour. On trouve ainsi qu'à Brest, dans les syzygies des solstices d'été, les marées du matin du premier et du second jour après la syzygie sont plus petites que celles du soir de ^ de mètre à peu près; elles sont plus grandes de la même quantité dans les syzygies des solstices d'hiver. Pareillement, dans les quadratures de l'équinoxe d'automne, les marées du matin, du premier et du second jour après la quadrature, surpassent celles du soir de -de mètre à peu près; elles sont plus petites de la même quantité dans les quadratures de l'équinoxe du printemps.

Tels sont, en général, les phénomènes que les hauteurs des marées présentent dans nos ports : leurs intervalles oflrent d'autres phénomènes que nous allons développer.

Quand la pleine mer a lieu à Brest au moment de la syzygie, elle

suit l'instant de minuit ou celui du midi vrai de <y, 17809 suivant qu'elle arrive le matin ou le soir» Cet intervalle, très différent dans des ports même fort voisins, est ce que l'on nomme établissement du port, parce qu'il détermine les heures des marées relatives aux phases de la Lune. La pleine mer qui a lieu à Brest au moment de la quadrature suit l'instant de minuit ou celui du midi vrai, de o<,358.

La marée voisine de la syzygie avance ou retarde de 270* pour chaque heure dont elle précède ou suit la syzygie; la marée voisine de la quadrature avance ou retarde de 5o2' pour chaque heure dont elle précède ou suit la quadrature.

Les heures des marées syzygies ou quadratures varient av«c les distances du Soleil et de la Lune à la Terre, et principalement avec les distances de la Lune. Dans les syzygies, chaque minute d'accroissement ou de diminution dans le demi-diamètre apparent de la Lune fait avancer ou retarder l'heure de la pleine mer de 354'. Ce phénomène a également lieu dans les quadratures, mais il y est trois fois moindre.

Les déclinaisons du Soleil et de la Lune influent pareillement sur les heures des marées syzygies et quadratures. Dans les syzygies des solstices, l'heure de la pleine mer avance d'environ une minute et demie; elle retarde de la même quantité dans les syzygies des équinoxes. Au contraire, dans les quadratures des équinoxes, l'heure de la marée avance d'environ huit minutes, et elle retarde de la même quantité dans les quadratures des solstices.

On a vu que le retard des marées d'un jour à l'autre est de oJ,o35o5 dans son état moyen, en sorte que, si la marée arrive à oi, i après le minuit vrai, elle arrivera le lendemain matin à 0^,1 35o5. Mais ce retard varie avec les phases de la Lune. Il est le plus petit qu'il est possible, vers les syzygies, quand les marées totales sont à leur maximum, et alors il n'est que de 0^,02723. Lorsque les marées sont à leur minimum ou vers les quadratures, il est le plus grand possible et s'élève à o*, 05207. Ainsi la différence des heures des marées correspondantes aux moments de la syzygie et de la quadrature, et qui.

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