‹ Œuvres complètes de Laplace (volume 2)Chapitre 62 sur 295 · LIVRE I. - CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE I. - CHAPITRE XVI

secondes» qui se raccourcit ou s'allonge suivant que la pesanteur augmente ou diminue. II est facile de conclure de ce que Ton a dit précédemment sur les variations de cette longueur, qu'il faut ajouter à ce coefficient le produit de 26^9164 par le cosinus du double de la latitude.

Enfin, on doit appliquer aux hauteurs du baromètre une légère correction dépendante de la différence des températures du mercure du baromètre dans les deux stations. Pour bien connaître cette différence, on enchâsse un petit thermomètre à mercure dans la monture du baromètre, de manière que le mercure de ces deux instruments soit toujours à fort peu près à la même température. Dans la station la plus froide, le mercure est plus dense, et par cette cause, la colonne du mercure du baromètre est diminuée. Pour la ramener à la longueur qu'elle aurait si la température était la même qu'à la station la plus chaude, il faut l'augmenter d'autant de fois sa 555o*^"* partie qu'il y a de degrés de différence entre les températures du mercure dans les deux stations.

Voici donc la règle qui me parait à la fois la plus exacte et la plus simple pour mesurer les hauteurs par le baromètre. On corrigera d'abord, comme on vient de le dire, la hauteur du baromètre dans la station la plus froide; ensuite on ajoutera au facteur 18393°^ le produit de a6™, 164 par le cosinus du double de la latitude. On multipliera ce facteur ainsi corrigé par le logarithme tabulaire du rapport de la plus grande à la plus petite hauteur corrigée du baromètre. On multipliera enfin ce produit par le double de la somme des degrés du thermomètre qui indique la température de l'air à chaque station, et l'on ajoutera ce produit, divisé par 1000, au précédent; la somme donnera à très peu près l'élévation de la station supérieure au-dessus de l'inférieure, surtout si l'on a soin de faire les observations du baromètre à l'instant le plus favorable du jour et qui parait être celui du midi.

L'air est invisible en petites masses; mais les rayons de lumière, réfléchis par toutes les couches de l'atmosphère, produisent une im-

pression sensible. Ils le font voir avec une couleur bleue, qui répand une teinte de même couleur sur tous les objets aperçus dans le lointain, et qui forme Tazur céleste : c'est ainsi que nous ne voyons le brouillard dans lequel nous sommes plongés qu'à une distance plus ou moins grande. Cette voûte bleue, à laquelle les astres semblent attachés, est donc fort près de nous; elle n'est que l'atmosphère terrestre, et c'est à d'immenses distances au delà que tous ces corps sont placés. Les rayons solaires, que ces molécules nous renvoient en abondance avant le lever et après le coucher du Soleil, forment l'aurore et le crépuscule, qui, s'étendant à plus de 20^ de distance de cet astre, nous prouvent que les molécules extrêmes de l'atmosphère sont élevées au moins de 60000™.

Si l'œil pouvait distinguer et rapporter à leur vraie place les points de la surface extérieure de l'atmosphère, nous verrions le ciel comme une calotte sphérique, formée par la portion de cette surface que retrancherait un plan tangent à la Terre, et comme la hauteur de l'atmosphère est fort petite relativement au rayon terrestre, le ciel nous paraîtrait sous la forme d'une voûte surbaissée. Mais quoique nous ne puissions pas distinguer les limites de l'atmosphère, cependant les rayons qu'elle nous renvoie, venant d'une plus grande profondeur à l'horizon qu'au zénith, nous devons la juger plus étendue dans le premier sens. A cette cause se joint encore l'interposition des objets à l'horizon, qui contribue à augmenter la distance apparente de la partie du ciel que nous rapportons au delà; le ciel doit donc nous paraître surbaissé tel que la calotte d'une sphère. Un astre élevé d'environ 26® semble diviser en deux parties égales la longueur de la courbe que forme depuis l'horizon jusqu'au zénith la section de la surface du ciel par un plan vertical; d'où il suit que, si cette courbe est un arc de cercle, le rayon horizontal de la voûte céleste apparente est à son rayon vertical à peu près comme 3 ^ est à l'unité; mais ce rapport varie avec les causes de cette illusion. Les grandeurs apparentes du Soleil et de la Lune étant proportionnelles aux angles sous lesquels on les aperçoit et à la distance apparente du point du ciel auquel on les

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