LIVRE II. - CHAPITRE VI
exister dans le système des satellites de Jupiter, c'est-à dire que les carrés des temps des révolutions des satellites de Saturne sont entre eux comme les cubes de leurs moyennes distances au centre de cette planète.
Le grand éloignement des satellites de Saturne et la difficulté d'observer leur position n'ont pas permis de reconnaître Tellipticité de leurs orbites, et encore moins les inégalités de leurs mouvements. Cependant Fellipticité de l'orbite du sixième satellite est sensible.
Prenons ici pour unité le demi-diamètre d'Uranus, supposé de &\ vu de la moyenne distance de la planète au Soleil : les distances moyennes des satellites à son centre et les durées de leurs révolutions sidérales sont, d'après les observations d'Herschel :
DliUnoes moyennes. Dnréee.
Premier satellite i3, 120 5,8926
Deuxième satellite 17,022 8,7068
Troisième satellite 19984^ 10,9611
Quatrième satellite 22,762 1 3, 4^59
Cinquième satellite 4^1 ^07 88,0750
Sixième satellite 91 ,008 107 ,6944
Ces durées, à l'exception de la seconde et de la quatrième, ont été conclues des plus grandes élongations obser\'ées et de la loi suivant laquelle les carrés des temps des révolutions des satellites sont comme les cubes de leurs moyennes distances au centre de la planète, loi que les observations confirment à l'égard du second et du quatrième satellite, les seuls qui soient bien connus; en sorte qu'elle doit être regardée comme une loi générale du mouvement d'un système de corps qui circulent autour d'un foyer commun.
Maintenant, quelles sont les forces principales qui retiennent les planètes, les satellites et les comètes dans leurs orbes respectifs? quelles forces particulières troublent leurs mouvements elliptiques? quelle cause fait rétrograder les équinoxes et mouvoir les axes de rotation de la Terre et de la Lune? par quelles forces enfin les eaux de la mer sontelles soulevées deux fois par jour? La supposition d'un seul principe
dont toutes ces lois dépendent est digne de la simplicité et de la majesté de la nature. La généralité des lois que présentent les mouvements célestes semble en indiquer l'existence; déjà même on entrevoit ce principe dans les rapports de ces phénomènes avec la position respective des corps du système solaire; mais pour l'en faire sortir avec évidence, il faut connaître les lois du mouvement de la matière.