‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 171 sur 308 · LIVRE PREMIER, I HAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, I HAPITRE XXIV

piirt . fi ce lui ni donnez-vous , pour ainsi parler, que la liel

I mi terminant ce chapitre, je citerai 1»' passage dans Lequel L'Ec-

elésiaste exhorte L'homme à ne pas attendre pou* se donner à

Dieu, un âge dont 1rs incommodités innombrables suscitent à une conversion sincère autant de difficultés. Yoici les expressions et

les ligures ilcnt il se sert : s Souvenez-vous de votre Créateur aux jours iU' votre jeunesse . avant que vienne le temps de l'affliction, et qu'approchent ces années dont vous dites : Elles ne nie plaisent pas ; avant que le soleil, la lumière . la Lune , les étoiles, s'oliscmvisN'iit à VOS regards; que vos mains, gardes de la demeure de votre âme, soient agitées par un tremblement; que les colonnes, soutien de cet édifice, c'est-à-dire, vos jambes vacillent ; que vos dents qui broyaient la nourriture, se voient réduites à un petit nombre et deviennent oisives ; que L'âme n'aperçoive devant ses yeux que ténèbres ; que se ferment les portes de la rue (à savoir, les sens par lesquels nous communiquons avec le monde extérieur) ; que le chant de l'oiseau n'interrompe plus votre sommeil, et que votre voix, fdle de l'harmonie, devienne muette; vous n'ayez plus la force de gravir les lieux escarpés et que vous redoutiez de tomber en marchant ; que votre tète blanchisse comme l'amandier en fleurs ; que vos épaules deviennent incapables de soulever le plus léger fardeau ; que vous soyez dégoûté de toutes choses, car l'homme à cet âge se dirige vers la maison de son éternité, et on l'accompagnera bientôt avec pleurs et gémissements ; et en un mot , avant que la poussière retourne dans la terre d'où elle a été tirée, et que l'esprit retourne au Dieu qui l'a créé. »

Telles sont les expressions de Salomon. Souvenez- vous donc , mon frère, de votre Créateur, dès le temps de la jeunesse; et ne renvoyez pas votre pénitence à ces années d'appesantissement où la nature elle-même tombe en défaillance ; où les sens perdent leur vigueur. L'homme alors est beaucoup plus disposé à suppléer à force de ménagements et d'industrie aux ressources que lui refuse la nature, qu'à embrasser les travaux de la pénitence. La vertu est plutôt une nécessité qu'une détermination libre ; les vices ont eu l'avantage sur nous , nous ayant quitté avant que

nous les ayons quittés Qous-même. Encore arrive-t-il ordinairement que telle a été la jeunesse, telle est la vieillesse, selon cette parole de L'auteur sacré : « Ce que vous n'avez pas muasse dans votre jeunesse, comment letrouverez-vousdans votre vieillesse?»

/ '■■■//. \xv, 5. Suivez le conseil salutaire que donne le même écrivain, xvu . -27 : « Louez Dieu tant que vous vivrez; louez-le pendant que vous jouissez de la vie et de la santé ; et en le louant, vous participerez à ses miséricordes infinies. »

Parmi les malades qui environnaient la piscine de Siloë, celuilà était guéri , qui s'y plongeait le premier après que l'eau en avait été agitée. De même, notre salut dépend de l'empressement avec lequel nous seconderons l'impulsion que Dieu donne à notre âme. Bâtez-vous donc, mon frère, et si, comme le dit le Prophète, Psalm. xciv, 8, vous entendez aujourd'hui la voix du Seigneur, ne différez pas votre réponse au lendemain: commencez au contraire à mettre à exécution un projet que vous réaliserez d'autant plus aisément que vous y apporterez moins de retard .

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