I.IVIiK PREMIER, CHAPITRE XXV
rils, afin que les personnes auxquelles nous nous adressons ne s'abusent pas, el qui' leur sang, si elles venaienl ;'i ?e perdre, ne retombe pas sur notre tête. Et puisque la Lumière lu plus sûre poin nous est la lumière il»' La sainte Ecriture expliquée par les saints Pères, tournons nos regards de ce côté, et voyons ce qu'elle nous montre sur le présent sujet : il suffira, je L'espère, d'exposer renseignement il»' ces autorités pour dissiper tous les doutes et détruire toutes les objections. Consultons d'abord les onze Docteurs; nous entendrons ensuite L'Esprit-Saint lui-même.
- itiments des Pères sur la pénitence finale.
Avant d'entrer en discussion, supposons incontestable ce principe unanimement proclamé par saint Augustin et tous les docteurs, à savoir que la vraie pénitence étant l'œuvre de Dieu, il peut 1 inspirer quand il lui plaît ; en quelque moment que naisse cette pénitence , fût-ce au moment même de la mort , elle est suffisante pour le salut. Reste à savoir si Dieu l'accorde souvent; et en cette matière ce n'est ni à vous, ni à moi que n us nous en rapporterons y mais aux saints qui avaient reçu nrssion de nous transmettre la vérité. Ecoutez en premier lieu ce que dit saint Augustin dans son livre de la vraie et de la fausse pénitence: a Que nul n'espère faire pénitence lorsqu'il ne pourra plus pécher. Dieu veut que nous la fassions librement, et non par nécessité. Car, celui qui , loin d'abandonner les pécbés, est abandonné par eux, s'en abstient plutôt nécessairement que librement, lui conséquence , ceux qui n'ont pas voulu se tourner vers Dieu quand ils le pouvaient, et qui en témoignent le dessein quand ils ne peuvent plus pécher , n'obtiendront pas facilement ce qu'ils désirent. » Plus bas, indiquant la nature de la vraie conversion, il ajoute : « Celui-là se convertit qui se tourne en tout et pour tout vers Dieu ; qui non-seulement redoute les châtiments du Seigneur , mais encore travaille à mériter ses grâces et ses récompenses. Si quelqu'un se convertissait de la sorte sur la fin de sa vie, il ne faudrait pas désespérer de son salut. Mais comme une parfaite conversion sur la fin de la vie est chose extrêmement rare,
«■il a raison de craindre pour celui qui Be détermine si tanl à se convertir. Tourmenté par la maladie, effrayé par les supplices qui lf menacent, difficilement il concevra les sentiments d'une véritable satisfaction, surtout s'il a devant les yeux <lrs enfanta objets d'une affection déréglée, son épouse, le monde qui L'en détournent à lVnvi l'un de l'autre. Les obstacles à la sincère pénhetc étant >i nombreux, c'est donc chose bien dangereuse et voisine .1.' la réprobation que de la renvoyer au moment de la mort. D'ailleurs obtint-on le pardon de ses fautes, on ne serait pas néanmoins à l'abri de toute peine. Il faudrait expier daus le feu du purgatoire les fautes dont on a négligé l'expiation en cette vie. l.t encore que ce feu ne soit pas éternel comme celui de l'enfer , il est si terrible qu'il surpasse toutes les douleurs possibles ici-bas. Jamais les martyrs dont les supplices étaient si affreux, jamais les malfaiteurs dont les tortures ont été quelquefois si épouvantables, n'ont souirert ce que l'on souffre en purgatoire. Que chacun donc se mette en mesure de satisfaire pour ses péchés afin de ne pas les expier après sa mort par d'horribles tourments. »
Ces paroles de saint Augustin vous montrent clairement le danger auquel vous expose le retard d'une sincère pénitence. Dans un traité attribué par quelques écrivains à ce même docteur, mais plus probablement l'œuvre de saint Ambroise, l'illustre tjvèque de Milan examine abondamment le sujet qui nous occupe. Voici, entre autres excellentes choses, ce qu'il nous dit : « Le chrétien qui, près de quitter la vie, demande le sacrement de pénitence, le reçoit et meurt après l'avoir reçu ; nous ne lui refuserions pas en vérité ce qu'il demande ; mais nous n'oserions pas vous affirmer non plus qu'il est après sa mort sur le chemin du ciel. Nous n'oserions pas le dire , nous le répetons encore ; nous ne l'assurerons pas , nous ne vous le promettons pas, car nous ne voulons pas vous séduire. Voulez-vous vous affranchir de ce doute, sortir de cette incertitude? Faites pénitence pendant que vous jouissez de la santé. Si vous prenez ce parti, je vous certifie que vous êtes en bonne voie. Vous avez fait pénitence quand vous pouviez encore pécher, au lieu qu'en renvoyant votre conversion