‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 243 sur 308 · I IV UF. 11. CHAPITRE VIII. I · texte numérisé non relu

I IV UF. 11. CHAPITRE VIII. I

de votre rœnr. ;imv. recours [mur la combattre aux peu i je vais vous suggérer. Rappelez d'abord à votre mémoire les imiiienM's travaux que le Christ a voulu supporter pour vous, depuis le premier jusqu'au dernier momenl de sa vie mortelle. Que

de nuils sans sommeil, passées dans l'exercice de La prière, el d'une prière qui vous était consacrée ! Que de courses infatigables, d'une contrée dans une autre, pour instruire les hommes, les

consoler et les guérir ! Ave.' quelle incessante ardeur il s'occupait de la grande affaire de notre salât! Voyez-le surtout, dans le temps de sa passion, recevant sur ses épaules meurtries et déjà fatiguées des labeurs de toute sa vie, l'accablant fardeau de la croix. Si le Dieu de toute majesté a travaillé de la sorte pour vous sauver, comment pourriez-vous refuser de travailler un peu pour vous sauver vous-même ? Quoi ! ce doux et tendre agneau aura subi tant de souffrances, accepté de si rudes labeurs, pour vous délivrer de vos péchés; et vous ne voudriez rien faire, rien souffrir dans ce même but ? Souvenez-vous aussi des incroyables fatigues que les apôtres ont endurées, quand ils s'en allaient prêchant l'Evangile par tout l'univers. Souvenez -vous de tout ce qu'ont souffert les martyrs, les confesseurs, les vierges, les pères du désert, tous les saints, en un mot, qui régnent maintenant avec Dieu. C'est par leurs enseignements et leurs sueurs que la foi catholique s'est répandue dans toutes les contrées du monde et que l'Eglise s'est perpétuée jusqu'à nos jours.

Portez ensuite vos regards sur un spectacle d'un autre genre : de toutes les choses créées , il n'en est aucune qui demeure inactive. Les cieux , dans leur mouvement incessant, proclament à jamais la gloire du Très- Haut. Le soleil, la lune et les étoiles, toutes ces brillantes constellations qui peuplent les espaces infinis, font chaque jour le tour du monde pour le service de l'homme. Les plantes et les arbres croissent incessamment, jusqu'à ce qu'ils aient atteint la grandeur qui leur fut déterminée. Les fourmis travaillent d'une manière infatigable, durant les beaux jours, à remplir leurs greniers souterrains, pour avoir de quoi se nourrir pendant 1 hiver. Les abeilles forment leurs rayons avec autant de diligence que d'industrie, et tuent sans pitié les frelons inha-

biles et paresseux. Parferai dans la nature vous trouverez le môme

ta.'lo et la même Leçon. Comment ne rongiriez-vous pas, vous

a qui le ciel a donné les lumières de la raison, de croupir dans

agence que repoussent par la seule force de leur instinct,

les créatures elles-mêmes à qui le ciel a refusé ce don?

A quels travaux ne se livrent pas ceux qui trafiquent des choses de la terre, pour augmenter chaque jour leurs périssables richesses, source de tant de soucis et de dangers? Que ne devriezv.'iis donc pas faire , vous dont le négoce a le ciel pour objet, afin d'acquérir des trésors que rien ne pourra jamais vous ravir?

El si vous ne travaillez pas maintenant que vous en avez le temps et la force, un jour vous le voudrez peut-être, et vous ne le pourrez plus. Que d'autres ont fait et font encore l'expérience de cette triste vérité! Le temps de la vie est court, et les obstacles au bien s'accumulent dans cet étroit espace. Quand donc vous avez la facilité d'accomplir des œuvres de bien, ne vous laissez lias entraîner à la paresse, a La nuit vient, durant laquelle nul ne peut travailler. » Joan. ix, 4.

\ < « péchés, qui sont si nombreux et si grands, demandent une pénitence qui leur soit proportionnée , une ferveur capable de réparer vos négligences. Pierre renia trois fois son divin Maître , et tous les jours de sa vie il pleura ce péché, bien qu'il en eût obtenu déjà le pardon. Marie- Madeleine pleura également jusqu'à son dernier soupir les désordres de sa jeunesse , elle cependant qui avait entendu de la bouche du Christ cette douce parole : « Vos péchés vous sont pardonnes. » Luc. vu, 47. Pour abréger, je ne vous rapporterai pas ici l'exemple de tant d'autres pécheurs revenus à Dieu et dont la pénitence dura autant que la vie. Plusieurs d'entre eux étaient moins coupables que vous ne l'avez été. Que dis-je? chaque jour peut-être vous augmentez le nombre de \ • « péchés ; comment pouvez-vous regarder comme trop lourd le travail qui consisterait à les expier? Dans le temps delà grâce el de la miséricorde, travaillez donc avec ardeur , faites de dignes fruits de pénitence, et par les rapides labeurs de cette vie rachetez

peines éternelles de l'autre. Les travaux que nous faisons icibas . les œuvres que nous accomplissons , ne sont à la vérité que

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