‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 3)Chapitre 272 sur 308 · LIVRE 11. CHAPITRE XIV. SIS · texte numérisé non relu

LIVRE 11. CHAPITRE XIV. SIS

plus puissante que la grâce? Est-ce que les liens formés par la première seront plus forts chez vous que les liens formés par la seconde? Si vous objectez que vos proches et vous descendez d'une souche commune, que le même Sang coule dans vos veines; sachez que l'unité qui règne entre Les ûdèles est encore plus parfaite. Nous avons tous le même père, la même mère, le même Seigneur, le même baptême, la même foi, la même espérance, la même nourriture et le même esprit vivificateur. Notre père à tous c'est Dieu ; notre mère c'est l'Eglise ; notre Seigneur c'est Jésus- Christ ; notre foi, nous la recevons tous de la même lumière surnaturelle qui se répand en chaque chrétien, et nous distingue du reste des hommes. Notre espérance a pour objet la même gloire, le même royaume céleste où nous ne formerons plus qu'un cœur <>l qu'une àme. L'eau sainte du baptême nous a conféré à tous la dignité d'enfants adoptifs du Père, et nous a tous unis par les liens d'une admirable fraternité. Notre nourriture c'est le corps adorable du Sauveur qui nous transforme en lui et fait de lui et de nous un même corps, comme de plusieurs grains de blé résulte un même pain, et de plusieurs raisins une même liqueur. Enfin nous sommes tous unis par la participation au même Esprit-Saint qui habite dans les âmes des fidèles, soit par la foi, soit par la foi et la charité , et leur communique la grâce et la vie. Or, si la plus grande sympathie règne entre les membres du corps humain, quelque diverses que soient leurs fonctions, parce qu'une même àme les anime ; quelle union ne devra-t-il pas régner entre des hommes qu'anime un même esprit, un Esprit divin, et par suite d'autant plus capable de produire une parfaite union , que sa dignité est plus élevée.

En dernier lieu, ne perdons jamais de vue l'exemple admirable d'amour que notre Sauveur nous a donné. Pourquoi nous a-t-il aimés avec tant de force et en même temps avec tant de douceur, avec tant de tendresse et tant de persévérance, avec tant de désintéressement et tant de générosité, sinon pour nous encourager par son exemple , pour nous obliger par ses bienfaits à faire tous nos efforts et à aimer notre prochain de cette manière? C'est d'ailleurs le commandement particulier qu'il nous laissa au moment

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de sortir de ce monde : «Voici mon commandement, disait-il à ses apôtres; aimez- vous les uns les antres comme moi-même je vous ai aimes. » Joau. xin, 31. Si l'on desirait encore plus de détails sur l'excellence de la charité et de la miséricorde, on les trouvera dans l'un des traites qui suivent le traité de l'oraison ; c'est là que, pour le moment, nous renvoyons le lecteur.

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