‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 149 sur 383 · CINQUIÈME PARTIE, SECTION II, CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE, SECTION II, CHAPITRE XXX

rions de croître dans la fira si, à tous nos efforts, ne se joignait une lumière particulière de l'Esprit-Saint qui imprimât dans nos cœurs la vérité de tout ce qui précède. La foi étant un don de Dieu et une lumière surnaturelle par laquelle il éclaire notre intelligence et l'incline à embrasser avec une fermeté et une certitude inébranlables ce qu'elle croit, supposez que ce secours vienne à manquer, et alors, ni toutes les considérations précédentes, ni toutes celles qu'on pourrait faire n'établiraient jamais dans nos âmes cet attachement indissoluble à la vérité. C'est pourquoi il faut joindre la prière à l'étude; après avoir lu ce qui a rapport à cette doctrine, l'âme pieuse doit demander à notre Seigneur, en toute humilité et en toute confiance, d'imprimer ces considérations au plus profond de son cœur et de lui en faire connaître par sa lumière la vérité et la force. Cette prière, si elle est persévérante, sera bientôt exaucée ; l'âme fidèle sera mise en possession de tous les fruits de la foi dont nous avons parlé jusqu'ici, et surtout de cette joie admirable que l'Apôtre souhaitait aux Romains en ces termes : « Que le Dieu notre Seigneur, l'auteur et l'objet de notre espérance, vous comble de paix et de joie dans votre foi, afin que votre espérance croisse toujours de plus en plus par la vertu du Saint-Esprit. » Rom. xv, 13.

En persévérant encore dans l'étude et la prière, l'âme comprendra avec combien de raison les théologiens ont pu dire qu'encore que les articles de notre foi ne soient pas évidents, il est néanmoins évident qu'il faut les croire. Cette seconde partie est comme une démonstration de cette vérité, et tout ce que nous y avons dit a avec elle un rapport et une correspondance si frappants qu'elle s'en trouve d'autant fortifiée, quoique certainement les miracles et les prophéties fussent plus que suffisants pour l'établir d'une manière certaine et véritable.

Arrivée là, l'âme ne sera plus étonnée d'entendre Richard de Saint- Victor s'écrier : « Plût à Dieu que les juifs et les païens comprissent avec quelle sûreté de conscience nous pourrons nous présenter au tribunal de Dieu. » Eh quoi! ne pourrons-nous pas lui dire en toute confiance : « Seigneur, si en croyant ce que j'ai cru, je me suis trompé, l'erreur ne vient-elle pas de vous? Ma foi

reposait sur des prodiges que vous seul pouviez opérer, et sur des signes qui ne pouvaient que vous appartenir. Les vérités auxquelles je croyais nous ont été enseignées par des hommes éminents de vertu et de sainteté, et si elles reposent sur de si inébranlables autorités, c'est que vous agissiez par leur entremise et que vous confirmiez leurs paroles par les miracles qu'ils faisaient à l'appui de ce qu'ils disaient. » Persévérez, comme je le disais, dans la prière et la lecture de cet enseignement, et vous jouirez des fruits inestimables de la foi, et vous rendrez grâces au Seigneur de cette lumière céleste qu'il répand dans vos âmes. L'âme, dans cet état, ne cesse de demander au Seigneur qu'il la fortifie et qu'il l'éclairé par les dons de l'Esprit-Saint, afin que, conduite et dirigée dans les chemins pénibles et dangereux de la vie, elle arrive au port assuré du salut, où les voiles de la foi se déchireront devant les splendeurs de la claire vision, où l'espérance fera place à la possession, et la charité à la jouissance et aux joies du souverain bien, c'est-à-dire de Dieu lui-même, qui vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.

TROISIEME SECTION, où l'on parle du mystère ineffarle de notre rédemption.

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