CINQUIÈME PARTIE, SECTION IV, CHAPITRE II
nier, nous voyons, conformément à la prophétie de Daniel, qu'à peine se furent écoulés les quatre cent quatre-vingt-dix ans depuis que le roi Cyrus avait ordonné de rebâtir le temple de Jérusalem, années comprises dans les soixante et dix semaines de ce prophète, cette cité fut brûlée avec son temple, rasée, détruite sans qu'il en restât pierre sur pierre ni qu'on pût la rebâtir. Dan. ix, 27. Nous voyons que ceux qui ne voulurent pas recevoir le Sauveur s'en vont aujourd'hui errant dans toutes les nations du monde, tourmentés et maltraités comme nous le savons tous. Qui donc a pu annoncer ces choses tant de milliers d'années auparavant, sinon Dieu? Et qui, sinon Dieu, pourrait accomplir de si prodigieuses choses? Qui pourrait chasser l'idolâtrie du monde entier, sinon Dieu? qui, sinon lui, ramener tant de nations à la connaissance d'un seul Dieu? qui rendre semblables aux anges les hommes qui ressemblaient aux démons, c'est-à-dire les Gentils? qui amener l'empire romain à abandonner ses anciens dieux, adorés de tout temps par tous les princes du inonde, et à adorer comme le vrai Dieu un homme crucifié entre deux larrons? Qui a pu détruire et désorganiser entièrement cette république de Judée plus ancienne que celle de Rome, sinon Dieu? Aug., Mb. XVJ1I de Civ., xxu, 5; Joseph. Judœus, cont. Ap. Qui donc douterait que celui-là est Dieu qui annonça toutes ces choses, les exécuta et se révéla par une telle puissance?
En outre, si ce Seigneur devait venir au monde avant que ce temple fût détruit, comme il est dit, Agg. u, et avant que le sceptre de la tribu de Juda tombât, Gen. xlix, 10, et si nous voyons ce temple détruit depuis tant de mille ans et ce sceptre tombé, qui de nous peut douter que Celui qui devait venir à cet effet ne soit venu?
Et maintenant, par le respect dû à l'unique Dieu, amoureux du salut des âmes, lumière des cœurs humbles, et par ce que nous devons à l'affaire de notre salut, je prie tous ceux qui ont besoin des clartés de cet enseignement de chasser loin d'eux toutes les ténèbres de la colère, de la haine, de la passion, toute obstination et endurcissement de cœur, et de demander au Père des lumières d'enlever le voile de leur aveuglement, d'éclairer leur entende-
ment, de leur permettre de sentir la force des raisons et des prophéties que nous venons de rapporter, afin qu'ils, reconnaissent à ces prophéties et aux œuvres que la doctrine du Sauveur a opérées dans le monde qu'il est le véritable .Messie. Or, si une seule d'elles suffit à établir la preuve de cette vérité, avec combien plus de raison toutes ne l'établiraient-elles pas? Et si ces faits si répandus et si incontestés étaient réservés à lui seul, ne s'ensuit-il pas que personne ne put les accomplir excepté lui. Or, puisque nous les voyons si clairement accomplis, recevons-le, adorons-le, confessons-le. pour que nous puissions participer avec lui aux grands biens qu'il a apportés au monde. Et si ce court enseignement ne suffisait pas pour convaincre les endurcis et les obstinés, il y en aura beaucoup de dociles, d'humbles, de trai tables à qui il sera utile, car, comme dit saint Pierre, Dieu ne tient pas compte des personnes ni des origines ; il est le Père et le Créateur de tous, et il nous dit qu'il crie à la porte de nos cœurs pour que nous l'y recevions. Act. x, 34, 33; Deut. x, 17; Il Par. xix, 7; Job. xxxiv, 19; Sap. vi, 8; Eccli. xxxv, 15; Rom. il, il; I Petr.i, 17.