CINQUIÈME PARTIE, SECTION IV, CHAPITRE III
duisons une partie de ces fables et de ces mensonges dans notre Introduction du Symbole, à la quatrième partie, au chapitre vingtdeuxième. C'est là que le lecteur prudent trouvera les étranges contradictions et les folies qui distinguent cette secte, et il no pourra assez s'étonner que des intelligences s'ouvrent à tant de monstruosités.
Ces mêmes folies sont aussi rapportées par Sixte de Sienne dans la Bibliothèque sacrée, au livre II, page 199; et celui-ci y en ajouta d'autres non moins étonnantes. Et, bien qu'il paraisse incroyable de prime abord que de telles choses soient écrites et imposées à la crédulité sous peine de mort, cependant lorsqu'on considère à quel point d'aveuglement en arrive une âme privée de Dieu, on n'est plus étonné de ce que peuvent entreprendre l'erreur et la malice des hommes; sinon, que l'on considère les miracles dont Pharaon fut témoin en Egypte, Exod. vu, 13; que l'on regarde les prêtres et les pharisiens qui condamnèrent le Sauveur, et qui furent témoins de la résurrection de Lazare, do celle du Seigneur, et n'en persévérèrent pas moins dans leur aveuglement et leur malice. Joan. ix, 16; Idem,xi, 47, 53; Matth. xx vin, 13.
On ne peut pas dire non plus que ces choses ne se trouvent pas dans ce livre, car nous savons que toutes les synagogues d'Italie en sont pleines. Si bien, comme dit l'auteur en question, que dans la seule ville de Crémone, on en brûla douze mille exemplaires par ordre du sacré sénat de l'inquisition romaine. Et malgré tout, on trouve, en les payant bien, des imprimeurs pour le réimprimer secrètement.
Quelle ne serait pas la force de cet argument pour détromper ceux qui désirent l'être et arriver à la connaissance de cette si importante vérité? Il faut, en effet, pour qu'un esprit soit convaincu par le témoignage des saintes Ecritures, qu'il soit aidé de la foi, qui est au-dessus de toute raison. Mais pour juger des contradictions du Talmud, il suffit des lumières naturelles de la raison, que tout homme possède, si infidèle et si barbare qu'il soit.
Malgié tout, je ne me risquerai pas à rapporter ici ces faussetés. D'abord, parce que beaucoup d'entre elles sont de nature à
i20 INTRODUCTION AU SYMBOLE DE LA FOI.
fournir de grands motifs de risée à quiconque les lirait, et je n'ai point la prétention de faire rire dans ce livre, mais bien d'exciter les larmes et d'édifier les âmes; ensuite, parce qu'il en est aussi beaucoup de très-honteuses et très-malhonnêtes, et dont je n'ai point intention d'offenser les oreilles chastes et pures, en supposant que ces choses soient seules capables de faire comprendre clairement l'aveuglement et l'erreur de ceux qui admettent de telles croyances. Car de même qu'on se proposa surtout de triompher de l'idolâtrie des Gentils en déclarant la vanité de leurs dieux, de leurs unions, de leurs adultères, de leurs incestes, de leurs jalousies, de leurs passions, de leurs dissensions, choses si contraires à la nature humaine, de même ces fables et ces mensonges si hideux serviraient en grande partie à prouver la fausseté de cette fourberie.
Je prie néanmoins quiconque voudrait être détrompé et confirmé dans la vérité de la foi de lire le livre de Sixte de Sienne dans les passages indiqués, et l'on y trouvera rapportés point par point les livres et les chapitres où chacune de ces erreurs est consignée. D'où il suit que les fidèles qui descendent originellement de cette nation ne pourront s'empêcher de rendre des actions de grâces infinies à notre Seigneur, pour les avoir délivrés d'erreurs et de mensonges si monstrueux. C'est pourquoi saint Augustin, en se rappelant les erreurs et les hérésies dans lesquelles il avait vécu, et dont la miséricorde de Dieu l'avait délivré, lui rend grâces par ces paroles du Psalmiste : « Vous avez brisé mes liens, Seigneur; je vous otfiirai un sacrifice de louange, et j'invoquerai votre saint nom. » Ps. cxv, 16, 17. C'est ainsi que rendront grâces ceux qui se voient délivrés, par la même miséricorde, de tant de ténèbres et d'erreurs, où ils auraient pu persévérer comme tant d'autres. Lorsque les fils d'Israël, après avoir traversé la mer Rouge, virent les Egyptiens submergés, ils commencèrent à chanter des louanges à notre Seigneur, qui les avait délivrés de si cruels ennemis. Exod. xiv, 31 ; xv, 1. De sorte que ceux qui avaient été, de leur vivant, un m grand sujet de terreur pour eux, une fois morts, ne leur inspirèrent pas une moins grande joie ni une moins grande reconnaisance. C'est ainsi que chan-