CHAPITRE PREMIER
De la foi en général, et de deux sortes de foi en particulier.
Puisque dans cette cinquième partie de notre Introduction au Symbole il est surtout traité de la vérité et de l'excellence de notre sainte foi, et des deux principaux articles et fondements sur lesquels elle repose, il sera d'abord nécessaire de bien expli-
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quer en quoi elle consiste. Il y a deux espèces de foi : l'une acquise et humaine, l'autre infuse, surnaturelle et divine; c'est cette dernière qui est la foi chrétienne. Laissant donc la première de côté, pour ne nous occuper que de la nôtre, la foi se définit une lumière surnaturelle que l'Esprit-Saint répand dans notre intelligence, et qui, par la vertu que Dieu lui donne, incline notre esprit à croire les articles de notre foi et les autres choses que Dieu nous a révélées dans ses Ecritures, avec une fermeté et une certitude plus inébranlables que les choses que nous voyons de nos yeux ou que nous touchons de nos mains. La charité nous fait aimer Dieu par-dessus toutes choses, quoique nous ne le voyions pas ; la foi nous rend facile l'adhésion à toutes les vérités révélées, encore que nous ne les comprenions pas. En voulez- vous d'illustres exemples? voyez les martyrs; il y avait dans leurs rangs des personnes simples et ignorantes, d'obscures et pauvres femmes qui, sans avoir appris la théologie, sans avoir jamais vu de miracles, mais uniquement poussées par cette habitude de la foi, c'est-à-dire par la lumière intérieure de l'Esprit-Saint, demeuraient invincibles dans leurs croyances et préféraient se laisser déchirer ou mourir plutôt que de renoncer à leur foi.
Il faut donc le reconnaître avec la philosophie humaine, Dieu est bon, et sa providence, qui ne fait jamais défaut à aucune de ses créatures dans les choses nécessaires, se montre ici avec ud nouvel éclat. Ce miséricordieux Seigneur n'ignorait pas combien la foi est nécessaire à l'homme, puisque, ainsi que nous l'enseigne l'Apôtre, « sans elle il est impossible de plaire à Dieu, » Hebr. xi. 6; mais d'un autre côté il savait toutes les difficultés qu'elle présente. La foi, en effet, nous oblige à croire des choses surnaturelles qui dépassent les facultés de la raison humaine : le mystère de la très-sainte Trinité, par exemple, l'Incarnation et la Passion du Fils de Dieu, etc. Or l'homme étant une créature raisonnable, adhère facilement à tout ce que sa raison lui enseigne ou lui démontre, mais il éprouve au contraire toutes sortes de répugnances à croire ce qu'il ne comprend pas, à cause de l'inclination qu'il se sent à regarder comme impossible ce qui est audessus de sa conception. Là est le secret de toutes les hérésies