‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 280 sur 383 · CHAPITRE V. 4fi · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 4fi

quoi le Seigneur a jugé bon de nous la révéler par le ministère des anges et des prophètes. Ces derniers furent des hommes doués d'une haute sainteté; à ce titre, ils ont droit à notre croyance dans les choses qu'ils nous annoncent de la part de Dieu : ils sont ses organes, ses ministres, ses ambassadeurs. A sa providence il appartenait de nous manifester le culte par lequel il veut que nous rendions hommage à sa grandeur infinie. Et c'est celui dont le plan nous est tracé par le christianisme, la plus parfaite, la mieux démontrée de toutes les religions qui parurent jamais sur la terre.

Qu'on la considère avec attention , et l'on y verra réunis au plus haut degré de perfection tous les caractères que la vraie religion doit présenter ; aucune ne nous donne une plus haute et plus magnifique idée de l'Etre divin ; aucune n'impose à l'homme de meilleures lois , des préceptes aussi beaux, ni plus conformes aux lumières de la saine raison ; aucune n'encourage la vertu et ne réprime le vice comme celle-là, puisqu'il n'en est pas qui promette d'aussi grandes récompenses à la première et qui menace le second d'aussi terribles châtiments; aucune n'a été professée et défendue par tant d'esprits supérieurs, par des hommes aussi sages et aussi vertueux ; aucune n'a reçu comme elle l'éclatant témoignage de tant de martyrs, et pour laquelle autant de sang ait été répandu ; aucune ne peut invoquer en sa faveur un aussi grand nombre de miracles. C'est ce qu'on peut voir, et par les Histoires ecclésiastiques, et par les Vies des saints, et par les actes de leur canonisation. On peut consulter notamment les Vies écrites par saint Jérôme, le livre de la Cité de Dieu, où saint Augustin nous rapporte tant de miracles, l'Histoire composée par Théodoret, les Dialogues de saint Grégoire et ceux de Sulpice Sévère, les Chroniques des ordres religieux , et tant d'autres ouvrages que je ne puis énumérer. Il n'est pas de religion non plus qui soit attestée comme elle par des prophéties à l'abri de toute contestation.

De plus et par- dessus tout, comme par la nature des effets on reconnaît la nature des causes, il n'est pas de religion qui ait produit dans le monde des effets aussi merveilleux : son souffle

a balayé de la surface de la terre le plus désastreux de tous les fléaux, l'idolâtrie ; elle a donné naissance à d'innombrables multitudes de saints et de saintes, de martyrs, de confesseurs, de vierges, d'anachorètes, de religieux, qui n'ont cessé de fleurir dans la suite des âges. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'œil sur les Martyrologes , où l'on voit chaque jour de l'année consacré par le souvenir et le nom de tant de personnages célèbres dans tous les genres de sainteté. Cela étant ainsi, que devons-nous penser de l'arbre qui donne de tels fruits? de la religion qui s'est manifestée par de si magnifiques résultats? C'est là une règle générale pour juger de l'excellence des causes. En effet, le plus habile médecin à nos yeux est celui qui guérit le plus de malades ; le meilleur avocat, celui qui gagne le plus de procès ; le meilleur maître, celui qui forme les meilleurs élèves. Or, comme la religion chrétienne est une école où Ton apprend la science de la vertu, comme aussi cette école a produit tant de sages et de saints, nécessairement nous devons la regarder comme l'école la plus parfaite, la plus admirable de toutes les religions qu'on ait jamais vues en ce monde. Nous renvoyons, encore une fois, au livre où toutes les excellences du christianisme sont traitées avec le développement convenable.

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