‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 279 sur 383 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La religion chrétienne est la seule vraie, la seule indubitable.

Cette vérité suit immédiatement les trois précédentes ; c'est donc la quatrième qu'il faut enseigner. Dès qu'il est bien établi qu'il doit nécessairement y avoir une vraie religion dans le monde, au moyen de laquelle Dieu soit honoré, nous disons que cette religion n'est autre que le christianisme. C'est un point que nous avons mis en évidence dans le deuxième traité du Sommaire, où nous avons démontré que toutes les conditions, toutes les excellences, que la vraie religion doit réunir, se trouvent dans la religion chrétienne.

La première de ces conditions ou excellences est que la religion qui prétend honorer Dieu d'une manière sainte et légitime, soit révélée par Dieu même ; c'est là ce qui nous en garantit la certitude et la vérité. S'il appartient à la divine Providence de pourvoir à toutes les nécessités des créatures, bien plus doit-elle pourvoir aux nécessités de l'homme en particulier, et surtout en ce qui regarde le service divin. En effet, la première, la plus importante de toutes les nécessités de l'homme, c'est de savoir comment il doit honorer et servir Dieu ; car de là dépend notre bonheur, notre bonheur spirituel avant tout, mais sans en excepter même le bonheur temporel; il n'était donc pas possible que la Providence nous fit défaut dans ce qu'il y a pour nous de plus nécessaire. Puisqu'elle nous a donné tant de sortes d'aliments pour le soutien du corps, tant de plantes médicinales pour combattre ses maladies, pouvait-elle abandonner l'âme, dont la noblesse est sans comparaison supérieure à celle du corps. Pouvaitelle s'en reposer à cet égard sur l'intelligence et le discernement de l'homme? La multitude des sectes et des fausses religions qui ont existé sur la terre, nous fait voir clairement à quel point l'intelligence humaine est inhabile à saisir la vérité. Voilà pour-

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