‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 309 sur 383 · Saint Mathias. Je crois la vie éternelle. Ainsi soit-il · texte numérisé non relu

Saint Mathias. Je crois la vie éternelle. Ainsi soit-il

Il nous faut maintenant exposer article par article ce que renferme cet abrégé de notre foi. Mais afin de tout conduire avec plus de clarté et de préciser davantage le sens de ces articles, il sera peut-être bon de partager d'abord le Symbole selon sa division naturelle, et d'entrer ensuite dans l'exposition plus détaillée de chacune de ces parties.

Le Credo se divise naturellement en trois parties et chacune d'elles se rapporte à l'une des trois personnes divines. Dans la première partie on parle du Père et des choses qui lui sont attribuées ; dans la seconde on traite du Fils et de ses œuvres ; dans la troisième il est question du Saint-Esprit et de ses attributs.

Au Père sont plus particulièrement attribuées la création et la puissance. Ce n'est pas que ces attributs ne se rapportent également aux trois personnes divines, mais on les donne au Père de préférence, parce que c'est le propre du Père d'être la première personne de la sainte Trinité ; il n'est pas produit, comme le Fils, qu

est engendré de lui; il n'est pas comme le Saint-Esprit, qui procède à la fois du Père et du Fils; mais parce que le Père est un principe sans principe, nous lui donnons la première part du Symbole, et c'est à lui que nous en consacrons les premières paroles.

Au Fils sont attribuées la sagesse et la rédemption, parce qu'il est le Verbe et la parole éternelle du Père, parce qu'il déclare aux hommes sur la terre la volonté de son Père éternel, parce qu'il s'est incarné pour les hommes, qu'il les a instruits et qu'il est mort pour eux. Voilà pourquoi nous lui consacrons la seconde partie du Credo.

Au Saint-Esprit enfin on attribue les œuvres de la grâce et de la sanctification des hommes, et la troisième partie du Credo se rapporte entièrement à lui. Nous donnerons plus tard les raisons de toutes ces divisions ; pour le moment, nous n'avons qu'à commencer l'explication de tous ses articles; nous parlerons moins sur ces matières d'une manière spéculative que d'une façon toute pratique, cherchant plutôt à entraîner la volonté qu'à éclairer et à convaincre l'esprit.

Qui ne sait qu'il y a deux sortes de foi : la foi morte et inactive, qui n'opère jamais des œuvres, comme nous l'avons déjà dit, et la foi amoureuse, toute embrasée par la charité, qui, non contente de ce qu'elle croit, travaille courageusement à mettre ses croyances en pratique. C'est à cette dernière foi que nous lèions rapporter notre explication des articles du Symbole, nous y proposant avant tout d'affectionner la volonté aux choses que l'entendement croit et connaît, et de l'incliner à la mettre en œuvre. En cela consiste d'ailleurs le résumé de tout bien.

Néanmoins avant d'entrer dans l'explication [du Credo, il sera nécessaire de donner les sens des deux paroles qui y sont d'abord prononcées. Que signifient ces mots : Je crois en Dieu? à ne compter que les syllabes qui les composent, en vérité ils sont bien peu de chose. Mais, pour si courtes que soient ces paroles, telle est leur efficacité, qu'on ne peut les prononcer du fond du cœur, et avec l'intelligence des choses que la langue exprime et dit, sans obtenir la vie éternelle. Essayons, en entrant dans quelques détails, de bien expliquer ce que nous venons de dire.

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