‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 321 sur 383 · LIVRE PREMIER, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAPITRE V

Croire obtenir le pardon de ses péchés par d'autres moyens que par la foi en ce puissant Sauveur, chercher à les expier dans des mortifications, des rigueurs et des pénitences qui ne sont pas fondées sur les mérites de Jésus-Christ, c'est poursuivre un but inutile et pécher contre le point de foi dont nous parlons. Yoilà pourquoi toutes les prières de l'Eglise et de ses membres se rapportent à ce médiateur souverain et empruntent à ses mérites toute leur valeur. Tous nos mérites sont comme des parcelles et du superflu des mérites de Jésus-Christ, et s'ils ont quelque valeur, comme nous n'en saurions douter, ils la tirent toute de ces mérites; ainsi c'est la prière du Christ qui donne quelque valeur à mes prières; ainsi Jésus doit nous précéder dans toutes nos œuvres, comme une lumière resplendissante, pour les offrir à son Père éternel, tandis que nous, nous ne pouvons nullement avoir confiance à nos propres travaux; tout nous vient des mérites du Christ. C'est lui qui donne à tout ce que nous faisons une valeur extraordinaire, quand nous lui sommes unis par la grâce, comme ses membres mystiques.

Il pèche donc encore contre cet article, celui qui, se fiant trop en ses propres ressources et en ses bonnes œuvres, croit avoir plus de mérite et de valeur que les autres. Le Pharisien, lui aussi, pensait être meilleur que le reste des hommes, et s'attribuait son excellence et ses bonnes œuvres, comme s'il eût dit : Grâces soient rendues à Dieu et aussi à moi-même; mais le Pharisien n'entrait pas par la bonne porte. Le vrai fidèle doit s'écrier : Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ, grâces au Père qui nous donne son Fils ; grâces au Fils qui nous donne tous ses mérites, toute sa vie, toute sa mort; par lui nos œuvres s'élèvent, par lui nos désirs se purifient, et notre volonté se tourne vers le bien; par lui nos forces augmentent; par lui, enfin, nous obtenons le don de la persévérance. Tous ces dons, nous les tenons du Christ, qui est notre justice et notre justification. C'est ainsi que Jésus est notre roi et notre Seigneur. Arrivons maintenant à l'explication du troisième article.

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