‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 336 sur 383 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Du septième article du Symbole; usage et pratique.

Le septième article du Symbole est ainsi conçu : « D'où il viendra juger les vivants et les morts. » C'est encore #de la seconde personne de la très-sainte Trinité, du Verbe incarné, de Jésus- Christ notre rédempteur qu'il y est question. Dans le sixième article nous affirmons du Sauveur qu'il est assis à la droite du Père éternel, auquel il est égal en toutes choses; dans le septième nous croyons et nous confessons qu'il doit, à la fin du monde, descendre de nouveau du ciel. Il y aura entre ce second avènement et le premier de grandes différences. Jésus-Christ est venu une première fois sur la terre dans la plus profonde humilité et la plus grande douceur ; à la fin des temps, il y viendra s'entourant de majesté et de terreur. Pour l'honneur du Père éternel, Jésus- Christ s'est voué, dans son premier avènement, au mépris des hommes qui l'ont jugé et condamné comme le dernier d'entre eux ; mais au dernier jour le Père mettra entre les mains de sa puissance tous les hommes, afin que, les jugeant à son tour, il prononce une sentence qui récompense les bons et punisse les

méchants. Alors c'en sera fait du monde visible ; je veux dire du mouvement des cieux, des vicissitudes des choses de la terre, de la naissance et de la mort des hommes. Tous ceux qui auront vécu jusqu'à ce jour suprême seront placés alors, selon leur mérite, dans le lieu de leur éternité, les uns pour jouir éternellement de Dieu, les autres pour être à jamais privés du bonheur de sa possession.

La foi et la confession de ce mystère doivent être pour nous des sujets de joie et d'allégresse, et aussi des motifs de crainte et d'épouvante. Comment ne pas avoir confiance, en effet, et ne pas nous réjouir, en songeant que celui qui doit nous juger, au grand jour de la tribulation, nous a donné des gages puissants d'un amour qui l'a cloué à la croix pour nous? Mais aussi comment n'être pas saisis d'une crainte profonde à la pensée de l'étendue de nos devoirs et du peu de soin que nous mettons à les remplir, et aussi à celle des dispositions de notre Juge, dont la plus grande sollicitude sera de satisfaire à l'honneur de son Père, d'accomplir sa justice, et de châtier tous les péchés. Dans le premier avènement comme dans le second, c'est toujours à la gloire et à l'honneur du Père que tout se rapporte, et cette gloire brille du même éclat dans les, justes châtiments infligés au péché que dans les miséricordieuses récompenses accordées à la vertu. Voilà pourquoi, dans son Evangile, Jésus-Christ nous recommande si souvent de nous préparer au grand jour du jugement, à ce jour redoutable où il nous faudra rendre de toutes nos actions, même d'une parole oiseuse, un compte rigoureux et sévère.

Il est de foi que nous ne pouvons connaître l'époque précise et le jour déterminé des dernières justices. Notre Seigneur Jésus- Christ disait à ses disciples que c'était là un secret « caché dans le sein du Père, » Matth. xxiv, 36, et qu'il n'avait pas reçu mission de le découvrir aux hommes. Il viendra juger les vivants et les morts. Qu'est-ce à dire? On peut entendre ces paroles de deux manières. Dans la première on appelle morts tous ceux qui seront devenus la proie du trépas avant ces horreurs universelles et qui ne seront pas arrivés à ces temps ; et vivants qui seront encore par la terre au milieu des feux destructeurs

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