‹ Œuvres complètes de Louis de Grenade (volume 4)Chapitre 53 sur 383 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Neuvième excellence de la religion chrétienne : son antiquité.

L'antiquité du christianisme est une autre de ses excellences. Plus une institution remonte loin, plus elle a d'autorité ; la vérité est simple et constante, elle est toujours une avec elle-même; le mensonge, au contraire, revêt mille formes et change toujours d'apparence. Il n'y a qu'un chemin direct pour arriver à un point quelconque ; il y a, au contraire, mille chemins détournés dans lesquels on peut s'égarer ; il en est de même du mensonge et de la vérité. Or notre foi et notre religion présentent ce caractère frappant d'antiquité et de vérité; pour trouver leur origine, il faut remonter au commencement du monde ; elles ont duré sans interruption à travers toute la suite des âges, et elles subsisteront encore jusqu'à la fin des temps. Nous savons, en effet, qu'Adam,

On INTRODUCTION AU SYMBOLE DE LA FOL

de la pénitence duquel il est fait mention au livre de la Sagesse, eut avec Dieu des rapports directs et apprit de lui en quoi consistait sa nature et sa providence, de quelle manière il voulait être servi, et quels étaient les récompenses et les châtiments réservés aux bons ou aux méchants dans une autre vie. Adani fit connaître à ses fils, et particulièrement à l'innocent Abel ces révélations divines qui se transmirent ainsi à tous ses descendants, à Seth, à Hénoch, à Noé. Noé à son tour enseigna à ses fils ce qu'il avait appris lui-même; pour eux, ils eurent tous dans le déluge un redoutable exemple des rigueurs de la justice divine envers les pécheurs. Cependant la véritable religion se perpétuait. A Noé succédèrent Abraham, son fils Isaac, et le patriarche Jacob issu de ce dernier. Moïse vint enfin après tous ces patriarches, lorsque fut venu le moment de faire sortir les Israélites de la terre d'Egypte; il donna publiquement au peuple, gravée sur deux tables de pierre, la loi naturelle que Dieu avait écrite dans le cœur du premier homme. A cette loi se rattachent les cérémonies de la loi et les sacrifices, qui étaient comme tous les autres rites, des figures du sacrifice suprême que le véritable Agneau devait offrir pour effacer les péchés du monde, et pour expier, par une mort imméritée, la mort que nous méritions tous. Les prophètes succédèrent à la loi ; dans leurs livres, la venue du Sauveur n'est plus annoncée par des images ou des figures sans vérité ; elle y est promise en termes explicites et formels, et avec elle tout ce que le Sauveur devait faire en ce monde. L'Evangile enfin , après la loi et les prophètes , remplit le monde de sa lumière et le Sauveur naquit; alors les figures cessèrent et les prophéties s'accomplirent exactement. Admirable concert de l'Evangile et de la loi, de l'ancien et du nouveau Testament. Une seule différence existe entre la loi ancienne et la loi nouvelle : les prophéties et les figures disparaissent devant la vérité ; les mystères du Testament ancien s'éclaircissent , et le peuple naguère étranger à des secrets dont les sages et les saints possédaient seuls la science, en acquiert une connaissance distincte. De plus les sept sacrements, qui sont les principaux instruments de notre salut . puisqu'ils nous donnent la grâce , sortent du côté

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