CINQUIÈME PARTIE , SECTION II , CHAPITRE X
la vertu et décourage le vice. Cette excellence est si magnifique et son efficacité pour faire observer la loi de Dieu si puissante, qu'elle a été la source de cette chaîne non interrompue de saints et de saintes qu'il y a eu dans le monde. Touchées de l'importance d'une affaire où s'agitent les intérêts éternels, ces grandes âmes encouragées par l'espérance du bonheur, et attristées par la vue des châtiments, marchent sûrement et à grands pas sous l'aiguillon puissant de la crainte et de la confiance, dans l'étroit sentier de la vertu. C'est cette espérance qui soutenait les martyrs au milieu de leurs tourments, car ils savaient que, dès qu'ils rendraient le dernier soupir, les portes du ciel s'ouvriraient pour les recevoir et que les anges seraient prêts à les accompagner dans cette voie de triomphe et de gloire. L'espérance évanouie, que devient l'existence? L'homme n'a plus sur les lèvres que cette parole prêtée par l'Apôtre aux méchants : « Puisque nous n'avons rien à espérer d'une autre vie, mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » I Cor. xv, 32. On le voit donc, sur le point qui nous occupe, on ne peut rien désirer ni imaginer de mieux que ce que notre sainte foi nous propose et nous enseigne.