‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 209 sur 347 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

\ Premier ordre. Des figures de mot gui çonsiètent daqsja régétition des ^^''^ —-—"" "" "' ■" "termes.

Lorsqu'on répète élégamment une expression pour en tirer plusieurs pensées dans des choses semblables ou diverses, cette répétition tient le premier rang parmi les figures du premier ordre.

C'est ainsi que saint Cyprien dit : « Si nous sommes les enfants de Dieu, si nous sommes devenus ses temples, si ayant reçu le Saint-Esprit nous vivons spirituellement, si nous élevons les yeux de la terre au ciel, si nous portons notre cœur plein de Dieu et de Jésus-Cbrist vers les biens d'en liant, faisons des choses dignes de Dieu et de Jésus-Christ. Le même Saint reprenant quelques confesseurs de Jésus-Christ, c'est-à-dire quelques-uns de ceux, qui, après avoir confessé Jésus-Christ devant les magistrats , étant sortis des prisons, s'en faisaient un sujet d'orgueil, et vivaient avec trop de licence, se sert de la répétition en cette manière : « C'est un confesseur ! mais le danger est plus grand après la confession, parce que l'ennemi est plus irrité. C'est un confesseur î il doit donc se tenir plus attaché à l'Évangile, puisque c'est par l'Ëvangile que Notre-Seigneur lui a donné la gloire qu'il possède. C'est un confesseur ! qu'il soit donc humble, doux et retenu, afin que celui qui porte le nom de confesseur de Jésus-Christ, imite Jésus-Christ qu'il confesse. C'est un confesseur de Jésus-Christ! mais à condition qu'il ne donne point sujet de blasphémer la majesté de Jésus-Christ. Qu'une langue qui a confessé Jésus-Christ ne soit point médisante, ni querelleuse, ni séditieuse ; et qu'après avoir proféré des paroles pour la gloire de Jésus-Christ, elle ne TOJi. XIX. 22

a3.S RHÉTORIQUE ECCLÉSIASTIQUE.

lance point de venin contre ses frères et contre les prêtres de Dieu. Mais si un confesseur, après avoir confessé Jésus-Christ, tombe dans des crimes détestables, s'il flétrit et souille la gloire de sa profession par le dérèglement de sa vie, s'il se souille par une vie criminelle et corrompue, en un mot s'il abandonne l'Eglise, et si rompant le lien de l'amitié, il trahit lâchement la foi qu'il a professée, il ne peut point se flatter de sa confession comme s'il était destiné pour la gloire, puisque cela ne servira qu'à augmenter son supplice ' . »

De la conversion.

Cette figure est aussi la répétition d'un mot, non plus au commencement de la phrase, comme précédemment, mais à la fm. En voici un exemple de saint Cyprien : « On ne peut voir Dieu, dit ce Père, parce que l'éclat de sa gloire est au-dessus de la portée de nos yeux ; ni le toucher, parce qu'il est au-dessus des sens ; ni le comprendre, parce qu'il est au-dessus de l'entendement ; et ainsi nous ne le comprenons jamais. mieux qu'en l'appelant incompréhensible-. » En voici encore un exemple du même saint Cyprien ; nous le donnons dans l'original latin, parce qu'on ne pourrait le traduire sans détruire la figure : « Quisquisille est quem zelo persequeris, subterfugere et vitare te poterit; tu te fugere non potes.

1 Confesser est, sed post confessionera periculum majus est, quia plus adversarius provocatus est. Confesser est, hec magis stare débet cum Domini Evangelio, quia per Evaugelium gleriam consecutus est à Domino. Confesser est; sit Lumilis et quictus, sit in actu suo cum disciplina modestus; ut qui Christi confessor dicilur, Cliristum quem couBtetur, imitetur. Confesser est Christi; sed si non pesteà blasphematur per ipsum majestas ac dignilas Christi. Lingua Chriitum confessa, non sil maledica, non sit tuibulenta, non convitiis et litibus perstrepens audiatur. Caeterùm si culpabilis et detestabilis postmodùm fuerit, si confessionem suam malà conversatione predegerit, si vitam suam turpi fœditale maculaverit; si ecclesiam deniquè, ubi confessor factus est, derelinquens, et unilaUs concordiam scindens, fidem primam perfidià posteriore mutavcrit, blandiri sibi per confessionem non petest De Unit. eccL, in fine.

- Deus videri non petest, visu clarier est; nec cemprehendi, tactu purior est, uec œslimari, sensu major est : et ideù sic Deum digue aestimamus, dùm inaestimabilem dicimus. De Vanii. idol.

Page 1