CHAPITRE XII
\"' Quatrième ORDRE. Des figures de mot, qui ne semblent pas consister dans la ''' proportion et le rapport des mots entre eux. \
Quoique les figures du quatrième ordre ne paraissent pas consister dans cette proportion et dans ce rapport qui se découvre si
bella gesserunt; tos tôt cÏTium Romanorum millibus uno r.uutio, atque uno tempore negatis, quo tandem animo esse debetis? Legati quôd erant appellaîi superbiùSj Corinthum paires vestii tolius Graeciae lumen extinctum esse voluerunt : vos eum regem iuultum esse patiemini, qui legatum populi romani consularem, vinculis ac verberibus. atque omni supplicio excnicialum necavit! Uli libertatem civium romanorum imminutam non tulerunt : vos vitam ereplam negligetii 1 Jus legationis verbo violatum illi persecuti sunt : vos legatum populi romani omni supplicio interfectum inultum relinquetis! Videte ne ut illis pukherrimum fuit tant im vobis imperii gloriam relinquere, sic vobis turpissimum sit, id quod accepistis, tueri et conservare non posse. Pro lege Manilia.
1 Passage ou retour d'une proposition dans une autre.
2 Esse oportet ut vivas, non vivere ut edas.
3 Si poema loquens pictura est, pictura tacitum poema débet esse. ^ Non propter locum^ gentem, sed propter gentem , locum Deus elegit.
II Machab.. V, 19.
3o(i RHÉTORIQUE ECCLÉSIASTIQUE.
visiblement dans celles des trois ordres précédents, elles n'en sont pas néanmoins tout à fait privées ; car la principale différence entre les figures de mot et les figures de pensée, vient de ce que les premières consistent dans un certain arrangement de mots où il paraît toujours quelque sorte de proportion qui fait la beauté et l'agrément du discours. C'est aussi pour cela que ces sortes de figures contribuent beaucoup à inspirer aux auditeurs l'attrait qui leur fait écouter l'orateur avec plaisir ; ce qui est l'une des trois parties de l'éloquence. Nous mettrons entre les figures de mot de ce quatrième ordre , comme les plus remarquables , celles qui suivent :
De l'adjouctiou.
Cette figure fen grec zeugma, en latin adjuncfio] a lieu lorsque plusieurs idées ou propositions se rapportent; à un seul verb^qui est placé au commencement ou à la fin de la période, et dont chacune de ces propositions aurait besoin, si elle était exprimée seule. Le verbe étant au commencement, tout le reste s'y rapporte en cette manière : «La passion triomphe de la pudeur, l'audace de la crainte, et la folie de la raison même '. » Lorsqu'il est à la fm de plusieurs autres qui en dépendent, il en forme et détermine seul le sens, en cette autre manière : « En effet, Catilina, ni la pudeur dans vos infâmes brutalités, ni la crainte dans les occasions les plus périlleuses, ni la raison dans la fureur de vos emportements, n'ont jamais pu vous arrêter-. » Un même verbe mis au milieu suffit quelquefois pour exprimer ce qui le précède et ce qui le suit, comme : « L'éclat de la beauté se ternit, ou par la maladie ou par la vieillesse 3, »
* Vicit pudorem libido, timorem audacia, rationem amentia.
* Neque enim is es Catilina, ut te aut pudor unquàm à turpitudine, aut metus à periculo, aut ratio à furore revocaveril.
* Formae dipnitas aut morbo deflorescit aut vetustate.