‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 48 sur 347 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De.'deu.x. autres sources d'arguments, , qui sont le genre du .sujet et ses contraires.

Continuons d'étudier les lieux de la rhétorique, qui fournissent des arguments /dans les propositions indéfinies. Outre celui que

2 Qualis vero aniuiœ tinea, qua; cogitationum tabès ^ pectoris quanta rubigo, 2elare in altero vel virtutem ejus vel felicitatem, id est^ odisse in eo vel mérita propria vel bénéficia divina, in malum proprium bona aliéna convertere, illustrium prosperitate torqueri^ aiiorum gloriam facere suam pœnam, velut quosdani pectori suo admovere carnifices, cogitationibus et seusibus suis adhibere tortores, qui se intestinis cruciatibus lacèrent, qui cordis sécréta malevolentiae uugulis puisent ! Non cibus talibus laetus, non potus potest esse jucuudus. Suspiratur seniper et ingemiscilur et doletur ; dùmque ab iuvidis nuuquàm livor expou'îur, diebus ac noctibus pectus ob5e3^um siue interuiissiono lauiahir. Mala cœtera habent terminum ; et qaodcumque delinquitur, delicti consummatione finitur. In adultero cessât facinus perpeiralo stupro . in latrone couquiescit scelus homicid o admisse, et prœdoni rapacitalera statuil praeda pojsessaj et falsario modurn imponit impleta fallacia. Zelus terminum non babet, permanens jugiter malum et sine fine peccatum; quantôque ille cui invidetur successu meliore profecerit, tanto invidus in majus incendium livoris ignibus inurdescit. Hinc vultus minax, torvus aspectus, piallor in fade, in lai iis tremor, stridor in dentibus, verba rabida, effrsenata convicia, manus in caedis violentiam prompta, etiamsi à gladio intérim vacua, odio tamen furiatîE mentis aimata. S. Cyp., ds Livore.

nous venons de voir, dans les attributs des choses, il y en a deux autres, le genre et les contraires.

{k l'égard du genrei supposons qu'un prédicateui' veut s'élever contre l'adultère et en inspirer de l'horreur. Il doit pour cela bien considérer d'abord les genres de ce crime : son genre prochain\st l'impureté, son genre éloigné est le péché mortel.) Le dessein de l'orateur étant donc de décrier l'adultère et d'en éloigner ses auditeurs, il peut d'abord expliquer combien c'est une chose terrible et dangereuse que de demeurer en état de péché mortel , et s'étendre en même temps sur tous les maux divers que le péché apporte avec soi; et ces maux peuvent se recueillir de tous les lieux, c'est-à-dire de tous les attributs qui conviennent au péché. Puis descendant au genre prochain de l'impureté, il pourra mettre en avant ces paroles de l'Apôtre : « Quelqu'autre péché que l'homme commette, il est hors du corps, mais celui qui commet la fornication pèche contre son propre corps ', » en le déshonorant et le souillant d'une manière honteuse. 11 pourra s'étendre pareillement sur les maux qui sont la suite de l'impureté; enfin, il viendra aux attributs qui sont propres à l'adultère, afin de tirer la matière de ses arguments et de ses preuves des propriétés de son sujet même, ce qui est sans doute beaucoup plus commode et plus avantageux. |0r ces preuves que l'on tire des genres de chaque chose prennent leur force de cette maxime d'Aristote (que l'on a jointe avec d'autres à ses lieux de logique), qui est que, quand une chose s'affirme ou se nie d'une autre comme d'une espèce qu'elle renferme , tout ce qui convient à la chose affirmée ou niée convient aussi à l'espèce, c'est-à-direvce qui s'affirme ou se nie du genre s'affirme ou se nie de l'espèce, ou bien ce qui convient au genre convient aussi à l'espèce; car il est constant que les choses supérieures et universelles conviennent aux inférieures et particulières, et que, comme disent les dialecticiens, elles en sont les attributs.

Quant aux choses contraires à celles dont nous parlons, elles ne fournissent pas moins d'arguments, puisque, selon les philosophes,

* Omne peccatum quodcomque fecerit hoiuo, extra corpus est; qui auteui fornicalur, in corpus suuui peccat. I Cor., vi, 18.

Page 1