‹ uvres complètes de Louis de Grenade (volume 5)Chapitre 57 sur 347 · LIVRE II, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VIII

Par les engagements de société et d'amitié, comme dans cette sentence de Salomon : « Celui qui marche avec les sages deviendra sage ; l'ami des insensés leur ressemblera ' ; » et celle-ci : « Celui qui touche de la poix en sera souillé, et celui qui se joint à l'orgueilleux deviendra orgueilleux-. » De là vient la règle que se font les sages du monde, et qu'ils expriment en ces termes : « Dites-moi qui vous fréquentez, et je vous dirai qui vous êtes. » Ils veulent marquer par là que rien n'est plus puissant sur l'esprit des hommes que l'exemple de ceux avec qui ils sont unis par l'amitié et par le commerce de la vie.

/Par les études elles inclinations, comme quand on dit de quelqu'un, qu'il n'est pas un homme de plaisir, parce qu'il aime trop les lettres, j

Parles actions ou les faits : 11 faut confier à Pompée toute cette guerre contre Mithridate, puisqu'il eu a heureusement terminé tant d'autres.

Quant aux circonstances des choses ou des faits qui sont en question, on les réduit à sept : l'espèce, la cause, le lieu, le temps, l'occasion, la manière et les facultés ou les instruments.

L'espèce est une idée courte et abrégée de toute une chose ou de tout un fait, et qui en contient la nature et la qualité principale, comme quand on dit : 11 s'agit d'un assassinat commis sur la personne d'un père, ou d'une trahison contre la patrie ; ces mots assassinat d'un père, trahison de la patrie, marquent l'espèce du fait. ^La cause est la chose qui en produit une autre, ou l'objet qu'on se propose d'obtenir ; ce qui comprend et la cause efficiente et la cause finale. On tire des arguments de la cause efficiente, en montrant qu'un elTet est ou n'est pas, parce qu'il a eu ou qu'il n'a pas eu. de cause suffisante ; et l'on en tire encore plus ordinairement de la cause finale, ou pour montrer qu'une chose est imparfaite, comme qu'un discours est mal fait, lorsqu'il n'est pas propre à persuader; ou pour faire voir qu'un homme a fait ou fera quelque

* Qui cum sapieiitilms graditur, sapiens erit; aniicus sUiltonini similis eftîcietur. Prov., xiii^ 20.

- Qui teligerit picem, inquinabitur ab eà; et qui connu unicaverit superbo, iuiJuet superbiam. EccU., xiU; 1.

ns RHÉTORIQUE ECCLÉSIASTIQUE.

action, parce qu'elle est conforme à la fin qu'il a coutume de se proposer ; ou au contraire, qu'on ne doit pas le soupçonner d'une telle action, parce qu'elle serait contraire à ses projets. Ce qui a fait dire à un juge très-éclairé qu'eu ces rencontres, on doit se demander avant toute chose cui bono, c'est-à-dire quel intérêt un homme aurait eu à faire une chose, paice qu'il y en a peu qui n'agissent selon leur intérêt.

La manière de raisonner parole lieU' se découvre assez par le bon sens, en considérant si c'est un lieu saint ou profane, public ou particulier, étranger ou propre et appartenant à l'auteur du fait -dont il s'agit.

Le temps est une certaine partie de l'éternité, désignée distinctement par un certain espace de la durée, d'une année ou de quelques mois, de quelques jours, de quelques nuits. Y L'occasion est) aussi une partie ou am espace de temps, mais joint avec une commodité propre et favorable pour faire ou pour ne pas faire quelque sorte de chose ; et c'est ce qui fait la différence de l'occasion avec le temps, quoique dans le genre l'un et l'autre soient une même chose ; car le temps ne marque que ce certain espace que l'on considère particulièrement dans le cours d'une ou de plusieurs années, dans tout un jour ou dans toute une nuit ; mais dans l'occasion on comprend, avec l'espace du temps, la commodité qui lui est jointe de faire ou de ne pas faire certaine chose.

La manière est ce qu'on répond, quand on demande comment et parquet esprit un homme a fait une chose, comme : si c est par une passion d'honneur ou d'intérêt, par un mouvement de colère ou de vengeance. La prudence et l'imprudence sont comme les parties de cette circonstance. La prudence est requise dans ce qui se fait, soit ouvertement ou en secret, soit par force ou par persuasion; et à son défaut, l'imprudencejpeut être employée pour excuseVpar rapport ou à (ses parties, qui sont l'ignorance, le hasard ou le malheur et la nécessité, ou à la disposition de l'esprit de celui qui a commis le fait, c'est-à-dire à l'état de douleur et de chagrin, de trouble et d'emportement auquel la colère, la haine ou d'autres semblables passions ont pu le réduire.^,

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