Quibus au.vi/tis? Par quels moyens et avec quels secours
• 3, Cur? Pourquoi? par quels motifs et dans quelle vue? par haine, par colère, par l'espérance ou par l'attrait de quelque gain?
6. Quomodù ? Comment et de quelle manière ? en cachette ou à la vue de tout le monde, avec une épée, par quelque piège ou tromperie, par poison, par des personnes interposées? etc.
7. Quandù? eu quel temps? quaud l'a-t-il fait? hier, de jour ou de nuit ? etc.
Toutefois le principal usage des circonstances n'est que pour amplifier ou pour diminuer; car il n'y en a aucune qui, étant jointe à une chose, ne l'augmente ou ne la diminue en quelque manière, comme nous le ferons voir en son lieu par des exemples, qui serviront en même temps à découvrir au prédicateur studieux
et zélé combien il peut recueillir de fruit de ce traité des circonstances.
Mais, encore que les lieux et les arguments qu'on emploie dans les hypothèses ou questions particulières et déterminées, se tirent des circonstances que nous venons de marquer, il faut néanmoins, comme il a été dit au commencement, que nous tâchions toujours, autant que le sujet le permet, de faire remonter l'hypothèse à la thèse,\ c'est-à-dire le fait ou (la question particulière à l'universelle, qui a coutume d'occuper presque toute la première partie du discours. Si nous voulons, par exemple, exhorter un ami à embrasser la vie sainte des Chartreux, nous devons nous étendre d'abord en général sur les louanges de la vie religieuse et solitaire, et descendre ensuite aux circonstances et de la personne de cet ami, et de la sainteté de cet ordre, qui sembleront avoir plus de force et plus d'effet dans cette exhortation. Car il est important d'observer, comme dit Cicéron, « que les oraisons sont plus belles lorsqu'elles s'élèvent de la cause ou fait particulier à l'universel, et qu'elles démêlent si bien la question générale, que par ce moyen elles mettent les auditeurs en état de pouvoir juger de toutes les causes qui lui sont subordonnées. »
Il faut donc pour cela qu'un orateur, habile ^détache toujours, "^ autant qu'il le peut, la cause ou controverse particulière qu'il veut traiter, des personnes et du temps qui la déterminent, et qu'il fasse rouler son discours sur la question simple et générale sous laquelle elle se trouve renfermée. Or , comme on peut toujours passer de l'hypothèse à la thèse, quand la nature du fait ou du sujet le permet , on peut aussi descendre quelquefois de la thèse à l'hypothèse, c'est-à-dire de la question simple et générale à la question particulière et déterminée ; ) comme quand il s'agit de s'élever contre l'impureté en général et d'en détourner les hommes, on peut, après leur avoir exposé les maux que ce vice entraîne après lui, descendre ensuite dans les circonstances particulières des personnes, et expliquer en détail les divers maux qu'il cause à chacun par rapport à l'état, à la condition et aux engagements. Par exemple, si ce sont des personnes avancées en âge ou des jeunes gens, des hommes de robe ou