CHAPITRE XI
Des mouvemeuts et des affections qui doivent se répandre dans tout le corps de l'argumentation.
Comme l'orateur ajoute deux parties de plus que le dialecticien à ses raisonnements, savoir la confirmation et l'ornement, qui en font toute la force et toute la beauté, le prédicateur sacré fait entrer aussi deux parties de plus que l'orateur profane dans les siens, qui sont (si l'on peut parler ainsi) : le mouvement ou les affections, l'accommodation ou l'application aux choses. Car, bien que ce soit une règle générale de l'éloquence, que le mouvement oratoire anime le corps du discours partout où la grandeur et le mérite de la chose le demandent, cette règle regarde néanmoins proprement et d'une manière toute singulière les prédicateurs de l'Évangile, dont la principale fonction est plutôt de toucher les cœurs et de remuer les affections des auditeurs que d'éclairer leurs esprits, parce que les hommes pèchent bien plus par la corruption du cœur que par l'ignorance de la vérité.
1 Crambe bis posita, naiisea.