MERCREDI APRÈS LE I« D1M. DE CARÊME, SERMON 1. ISS
que le prophète Jérémie cherchait à arracher à l'idolâtrie , et qui lui répondent impudemment : « Nous ne recevrons point de votre bouche les paroles que vous nous dites au nom du Seigneur, mais nous exécuterons les vœux que notre bouche a prononcés en offrant de l'encens à la reine du ciel, et en lui faisant des libations, comme nous avons fait nous et nos pères , et nous avons été saturés de pains , nous avons été heureux, et nous n'avons souffert aucun mal. Mais depuis que nous avons cessé de sacrifier à la reine du ciel et de lui offrir des libations , nous avons manqué de tout , et nous avons péri par l'épée et par la famine. » Hier. xliv , 16. Ces femmes coupables demandaient des signes de prospérité, pour rester dans le devoir et dans la foi. C'est l'exemple que semblent suivre en quelque sorte ceux qui , dès qu'ils sont atteints par l'adversité , se croient abandonnés de Dieu. Ils ne perdent pas la foi, mais s'ils ne perdent pas tout à fait la con° fiance , ce germe d'une foi solide et ardente , ils la conservent si tiède, si vacillante, que la moindre tempête les déconcerte et las jette hors d'eux-mêmes. Que personne ne se glorifie donc de r;e qu'il ne demande pas, comme les Juifs , des signes pour affermir sa foi, si sa confiance est tellement languissante, que , pour l'appuyer , il demande des signes , soit célestes, soit terrestres : si ia faiblesse de tels chrétiens n'est pas guérie par le bienfait de l'incarnation et de la mort de Jésus-Christ , je ne vois pas ce qui pourrait les guérir. Comme les miracles nourrissent et fortifient la foi, de même les bienfaits de Dieu et les preuves de sa tendresse pour le genre humain alimentent et affermissent la confiance. Quand on manque de confiance en présence de tant d'œuvres merveilleuses de la miséricorde divine, j'ignore ce qui pourrait
en donner.
Le Seigneur continue , et des Ninivites , auxquels Jonas avait prêché , il tire des arguments pour accuser la mauvaise foi de ceux qui lui demandaient de nouveaux miracles : « Au jour du jugement, les Ninivites s'élèveront contre ce peuple , et le condamneront parce qu'ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas, et cependant on a ici plus que Jonas. » C'est-à-dire , par compa-
raison avec la foi et la pénitence des Ninivites , l'incrédulité de cette génération adultère sera mise en évidence lors du dernier jugement. Ceux-là, en effet, à la voix d'un seul inconnu, qu'aucun miracle n'appuyait, se soumirent à une rude pénitence ; vous, vous avez méprisé une voix, soutenue par tant de miracles et de témoignages. Mais , puisque nous sommes venus à parler de Jonas , il ne sera pas déplacé de dire quelques mots de son histoire ; ils aideront à comprendre l'exemple proposé par le Seigneur.
« Le Seigneur adressa la parole à Jonas fils d'Amathi , et lui dit : Allez en la grande cité de JNinive , et y prêchez. Jonas se mit en chemin pour fuir à Tharsis de devant la face du Seigneur. Il descendit au rivage de Joppé, et y trouva un vaisseau faisant voile pour Tharsis ; ayant payé son passage, il s'embarqua pour Tharsis. Mais le Seigneur envoya sur la mer un vent furieux, et, une grande tempête s'étant élevée, le vaisseau faillit être brisé. La peur saisit les matelots; chacun invoquait son Dieu avec de grands cris, et ils jetèrent à la mer toute la charge du vaisseau pour le soulager. Cependant Jonas était descendu dans la cale , où il dormait d'un profond sommeil. Alors le pilote s'approcha de lui, et lui dit : Pourquoi dors-tu? Lève-toi, et invoque ton Dieu , peut-être il nous sera propice, et nous ne périrons pas. Pais ils se dirent l'un à l'autre : Allons , tirons au sort pour savoir qui de nous est cause que ce mal nous arrive. Le sort tomba sur Jonas, et les matelots le jetèrent à la mer non sans une grande et religieuse terreur. Et la mer s'apaisa aussitôt. » Jon. i. Il ne faut point , mes frères , passer légèrement sur ce qui vient d'être dit , parce qu'il est plein d'exemples et d'enseignements utiles à la vie. D'abord , tous ces matelots qui craignent , qui travaillent , qui invoquent leurs dieux , pendant que Jonas , cause de la tempête , dort seul profondément, vous représentent, d'un côté, la crainte et la vigilance des justes, et, de l'autre, la stupidité et l'insouciance des méchants. Les justes, qui n'ont à se reprocher aucun crime capital, ne se donnent ni repos, ni trêve, ils sont infatigables à implorer le secours du Seigneur, se mortifient le corps par le jeûne, les veilles, la discipline , et par tous les moyens; et cependant ils ne
MERCREDI APRÈS LE Ier DIM. DE CARÊME, SERMON 1. 157 sont pas sans craindre encore , et avec le vertueux Job ils tirent du fond de leur cœur ces paroles : « Je suis dans le tremblement, sachant que je ne serai pas pour cela trouvé innocent. » Job, ix, 28. Et pendant que ceux qui n'ont rien à craindre , sont stimulés par des craintes si vives, seuls les hommes pervers et corrompus qui, pour leurs crimes, devraient vivre dans des alarmes continuelles, dorment tranquillement sur les deux oreilles, comme si la sévérité de la justice divine, et la nécessité de rendre compte, n'avaient rien à faire avec eux. Par là nous voyons combien est vraie la différence que Sénèque établit entre les maladies du corps et celles de 1 aine. Plus sont graves les maladies du corps , plus elles sont vivement ressenties , de sorte qu'on redouble de soin à appeler contre elles les médicaments. Au contraire, les maladies de l'àme , qui ne sont autres que les désordres et les vices , sont d'autant plus négligées, qu'elles sont plus graves et plus profondément enracinées; parce qu'elles obscurcissent la lumière de la raison ; parce que , sous l'influence de mauvaises habitudes, elles enlèvent presque tout sentiment, qu'elles amènent une espèce d'insensibilité, et abrutissent l'intelligence. C'est ce que nous représente ce sommeil profond du prophète fugitif et désobéissant , alors que les autres veillaient.
Il y a aussi un mystère et un exemple dans ce fait, que les matelots, en présence du naufrage et de la mort, invoquaient leurs dieux, et jetaient leurs biens à la mer, sacrifiant ces biens, pour épargner leurs vies. Ce que fait sur eux la crainte d'une mort qui menace, la crainte du dernier jugement et de l'enfer le fait aussi sur les méchants à l'heure de la mort. Car alors ils mettent tout en œuvre pour se rendre propice un juge irrité contre eux, et qu'ils savent porter en sa main les clefs de la vie et de la mort éternelles. C'est alors qu'ils prient, qu'ils supplient, qu'ils font des vœux pour leur salut, qu'ils appellent les sacrements de l'Eglise, enfin qu'ils jettent leurs biens à la mer, c'est-à-dire que par testament ils demandent que leurs biens soient distribués aux pauvres et aux prêtres, qu'ils font des legs aux établissements hospitaliers, aux fabriques des églises, aux monastères, et pour le rachat des captifs ; alors ils sont généreux envers Dieu , eux qui ,
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pendant leur vie, avaient toujours été si durs et si avares. J'approuve tout cela, je l'approuve très-fort; mais je l«MmH bien davantage, s'ils le faisaient quand ils se portent bien, s ils le faisaient spontanément, et non sous la pression de la nécessite. Car ce serait bien plus agréable à Dieu. Aussi la bienheur «ose Lucie, demandant ses propres biens à sa mère pour les donner aux pauvres, et sa mère lui disant : « Je te permets de ^ donner quand je serai morte, » répondit-elle avec raison : « Ce n est pas beaucoup que de donner à Dieu ce que vous ne pourri* .emporter. «Vivant, donne donc au Christ ce que tu possèdes. Est-ce que les vierges folles, à l'approche de la mort, ne préparèrent pas leurs lampes, ne s'occupèrent pas d'acheter de 1 huile, et ne crièrent pas à l'Epoux : Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous ? Cependant elles furent repoussées des portes du royaume. Certes il faut craindre cette sentence du Seigneur, et l'avoir toujours présente à l'esprit : « Parce que je vous ai appelés et que vous n avez pas voulu m'écouter, parce que j'ai étendu les mains et que nul de vous n'y a fait attention , je rirai aussi à votre ruine , etc. » Prov.
' Ce qui me frappe singulièrement, c'est que ces matelots, voyant la tempête sévir, s'imaginèrent qu'elle était envoyée par Dieu en punition de leurs forfaits, et que pour cela ils tirèrent au sort pour découvrir le coupable, afin d'apaiser par son juste supplice la divinité irritée contre eux. En présence de ce fait, je ne puis assez m'étonner, mes frères, de la démence et de l'aveuglement de beaucoup de fidèles. Des païens, des hommes prives de la lumière de la foi et des saintes Ecritures, au lieu d attribuer cette tempête à des causes naturelles, croient qu'elle provient, non de ces causes, mais d'un Dieu irrité de leurs crimes. Et nous, qui presque chaque jour sommes atteints de calamités nouvelles, nous qu'affligent continuellement tant de fléaux, maladies, famines, pestes horribles; nous qui, d'un côté, subissons tant de desastres de la part du prince des Turcs, ces ennemis implacables du nom chrétien; qui, de l'autre côté, sommes travaillés des erreurs infinies et toujours nouvelles d'hérétiques furieux; l'un menaçant les corps, les autres portant dans les âmes la peste et la mort; nous
MERCREDI APRÈS LE I» DIM. DE CARÊME, SERMON I. 139 ne levons pas les yeux au ciel , nous ne reconnaissons pas nos crimes, nous ne nous corrigeons pas, et nous ne croyons pas que cet affreux désastre, qui frappe l'Eglise , vient d'un Dieu irrité. En sorte qu'il semble que le Seigneur aujourd'hui encore pourrait châtier notre dureté par ces paroles d'Isaïe : « De quel côté vous frapperai-je encore, vous qui ajoutez péché sur péché, etc. » Super quo percutiam vos vitra, addentes prœvaricationem, etc. Isa. i , 6.
Revenons à notre histoire. On tire au sort. Le sort désigne le prophète fugitif, et on le jette à la mer avec crainte, avec esprit de religion. Aussitôt la mer s'apaise. Avec quelle évidence est ici figuré le fruit, l'efficacité de la passion du Sauveur ! Avant ce sacrifice expiatoire, quelle n'était pas l'indignation, la colère divine ! Des villes coupables détruites par une pluie de soufre et de feu , et, ce qui est plus frappant, le globe entier, tant de richesses, tant de royaumes et d'empires, tout le genre humain englouti dans les eaux, et enseveli dans un éternel oubli! Cette grande fureur s'est donc apaisée, dès que Jésus, notre Jonas, a été jeté à la mer; parce que cet innocent Agneau a pris sur lui tout le poids de l'indignation divine. C'est parce qu'il le représente, que Jonas, enfermé dans les entrailles du cétacé, s'écrie : « Toutes vos vagaes et tous vos flots ont passé sur moi. » Jon. n, A. Que signifie cela, sinon ce que dit Isaïe : « Le Seigneur l'a chargé de l'iniquité de nous tous? » Isa. lui, 6. Quoi donc d'étonnant, si la mer s'est apaisée, si la fureur de la vindicte divine s'est calmée, quand notre garant a subi en lui toutes les peines que nous avions méritées? Rendons-lui donc grâces, en disant avec le Prophète : « Je vous rends grâces, Seigneur, de ce que vous étant mis en colère contre moi, vous avez apaisé votre fureur, et m'avez consolé. » Cmfitebor tibi, Domine, quoniam iratus es mihi : convenus est furor tuus, et consolatus es me. Isa. xn, 1. Non-seulement rendons-lui grâces, mais appliquons-nous aussi à nous concilier la grâce du Seigneur par lé mérite de ce sacrifice. Lorsque chacun de nous sent la divinité irritée contre lui , qu'il jette à la mer ce nouveau Jonas, c'est-à-dire, qu'il offre pour soi au Maître du ciel notre médiateur suspendu à la croix sous le poids des peines et
des douleurs qui lui pénètrent l'âme, et qu'il demande le pardon de ses fautes en considération de cet intercesseur. Qu'il demande avec les sentiments religieux, avec la crainte de ces matelots, si soumis à la volonté divine, et si prompts à lui obéir. S'il agit avec cette religion, cette piété , nul doute que la mer ne s'apaise aussi, tôt, et que l'indignation divine ne se change en douceur et en
clémence
Je reviens à Jonas. Enfermé dans les entrailles du poisson, instruit parle malheur, et de rebelle devenu soumis, il ne rejette plus, comme auparavant, la mission du Seigneur. Il entre dans la ville, dont l'étendue égalait trois journées de chemin; après y avoir marché seulement un jour, il commence à crier : Encore quarante jours, et Ninive sera renversée. 0 œuvres admirables de la puissance divine 1 Jonas entre dans la ville, inconnu , sans titre, sans honneurs, sans naissance, sans science, sans le prestige d aucun miracle; il prêche dans cette ville qui, livrée à l'idolâtrie, n'avait nulle notion du vrai Dieu. Pendant qu'il haranguait le peuple, et qu'au nom du vrai Dieu il lui dénonçait des menaces et des catastrophes, ce peuple pouvait répondre avec Pharaon : « Qui est le Seigneur, pour que j'écoute sa voix? Je ne connais point ce Seigneur, et me moque de ses menaces. » Exod. v, 2. Cependant étant entré dans la ville, et s'y étant avancé jusqu a la distanced'unejournéedemarche,iln'eutpasplustôt fait entendre
sa voix, que tous furent saisis d'une frayeur telle que non-seulement ils renoncèrent à tous leurs anciens désordres, mais quils se soumirent à la pénitence la plus dure. Le roi se leva de son trône, il se dépouilla de ses riches vêtements, se couvrit d un cilice, se coucha sur la cendre, et fit publier dans Ninive cet ordre, comme venant du conseil du roi et de ses princes : « Hommes, bêtes de somme, bœufs et brebis, que tous gardent le jeune ; qu on ne mène les bêtes ni aux pâturages, ni aux fontaines. Que les hommes, que les bêtes soient couverts de sacs, qu'ils crient au Seigneur de toute leur force; que chacun se convertisse de sa mauvaise voie, et qu'il renonce à l'iniquité dont ses mains sont souillées. » Jon. ni, 4 et seq. Qui ne serait stupéfait d'une telle pénitence? Quel dut être alors l'aspect de la ville? Quelle pertur-
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bation dans les esprits? Quelle confusion de cris et de choses? dans une ville où enfants, vieillards, jeunes filles, et jusqu'aux bêtes de somme étaient couverts de sacs, où les troupeaux ne devaient ni manger, ni boire, où tout retentissait de cris confus et de lamentations; d'un côté le bêlement des brebis, de l'autre les mugissements des bœufs, ici les voix, les rugissements des enfants, des hommes travaillés de la faim, tous voyant avec horreur la mort suspendue sur leurs têtes. Quand on voit un tel spectacle, on ne sait ce qu'on doit admirer le plus, ou l'amertume de la pénitence, ou la promptitude de la foi; dans des hommes qui, touchés de la parole d'un inconnu, d'un homme illettré, dont la prédication ne s'appuyait sur aucun prodige, montraient une foi qui les conduisait à une si grande componction, à une si vraie pénitence.
Mais voici quelque chose de plus étonnant encore, s'il est possible. Après que le Fils de Dieu, à qui tous les prophètes, à qui Jean-Baptiste , à qui l'Eternel du haut des cieux , à qui les splendides ouvrages de son Père portaient témoignage , et qui avait comblé de tant de bienfaits le genre humain, et avait brillé par les plus éclatantes vertus, après, dis-je, que le Fils de Dieu eut prêché la pénitence et le royaume du ciel , non pendant un jour, mais pendant trois années; malgré tant d'influences il gagna néanmoins si peu sur l'esprit de ceux au milieu desquels il vécut, que se ruant sur lui, comme s'il eût été un malfaiteur, ils l'abreuvèrent d'outrages, et après bien des supplices, finirent par l'attacher à la croix. Qui ne serait frappé d'étonnement ? qui ne serait saisi d'horreur? Les cheveux ne se dressent-ils pas sur la tête ? Qui ne demanderait avec surprise la cause d'une telle différence, quand le serviteur opérait si facilement de si grandes choses, et quand le Maître obtenait à peine quelque chose après tant de discours et tant de miracles? A ces traits qui ne reconnaîtra un dessein de la divine Providence? Mais qui pourra pénétrer les causes d'un tel contraste ? Qui ne dira avec le Prophète : « Vos jugements, Seigneur, sont un profond abîme. » Psalm. xxxv, 7. Toutefois s'il est permis à des vermisseaux de hasarder une opinion sur un si grand sujet, il est constant qu'entre les deux
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peuples il y avait cette différence, pour ne point parler des autres, que les Ninivites avaient péché par ignorance , plutôt que par malice , tandis que les Juifs péchèrent par malice plutôt que par ignorance. Or, on pardonne plus facilement à l'ignorance ; puisque, « moi, dit l'Apôtre, qui étais blasphémateur et persécuteur, j'ai obtenu de Dieu miséricorde, parce que j'ai fait tous ces maux dans l'ignorance, n'ayant point la foi. » I Tim. i, 13. D'où l'on peut conclure qu'infidèles et fidèles seront jugés différemment à l'examen dernier, puisque ceux-là ont péché surtout par ignorance, tandis que nous, qui connaissons la vérité, nous péchons par malice. Nous avons donc, mes frères, grande raison de craindre que nous, qui avons reçu la vraie foi, qui chaque jour sommes éclairés par les saintes Lettres et par de saints discours, le Seigneur ne nous traite comme il a traité ces infortunés qui, presque assourdis par tant de témoignages de la foi, ont repoussé la foi, parce que leurs crimes provenant, comme les nôtres, non de l'ignorance, mais de la malice, obstruaient l'entrée à la lumière divine.
Si vous vous étonnez d'une telle infidélité en présence de tant de miracles, je vous donnerai un autre sujet d'étonnement que je prends dans nos mœurs. Car il est certain que la foi et les œuvres nous sont nécessaires pour le salut. Or la divine Providence, féconde en moyens de procurer le salut, par les uns appelle à la foi, et par les autres à des mœurs conformes à la foi. Par les signes et par les miracles, elle établit la foi; par des récompenses, par des menaces, par des bienfaits sans nombre, elle excite à la justice et à la piété. Les signes, dit l'Apôtre, I Cor. xiv, 22, ont été donnés, non pour les fidèles , mais pour les infidèles , qui par des signes surnaturels sont amenés à croire ce qui est au-dessus de la nature. Or la foi étant établie par la manifestation des signes , pour consolider cette foi, nous avons besoin, non plus de signes, mais de terreurs, de promesses, de bienfaits divins pour accomplir des œuvres conformes à la foi. Pour arriver à un tel but, ces moyens sont aussi efficaces, que le sont les signes pour conduire à la foi. Si donc il est étonnant que ce peuple endurci n'ait pas embrassé la foi après tant de signes , est-il moins étonnant , que nous qui