‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 2)Chapitre 45 sur 49 · DES DEVOIRS CIVILS · texte numérisé non relu

DES DEVOIRS CIVILS

tient également à toutes les classes : aux classes inférieures, pat la vie pauvre, et souvent par Thumilité de la naissance ; aux classes élevées, par l'éducation , la science et l'élévation de sentimens qu'une religion pliilantliropique inspire et commande; un homme enfin qui sait tout, qui a le droit de tout dire, et dont la parole tombe de haut sur les intelligences et sur les cœurs avec l'autorité d'une mission divine et l'empire d'une foi toyte faite ! — Cet homme , c'est le curé : nul ne peut faire plus de bien ou plus de mal aux hommes , selon qu'il remplit ou qu'il méconnaît sa haute mission sociale.

Qu'est-ce qu'un curé ? c'est le ministre de la religion du Christ , chargé de conserver ses dogmes , de propager sa morale, et d'administrer ses bienfaits à la partie du troupeau qui lui a été confiée.

De ceè trois fonctions du sacerdoce ressortent les trois qualités sous lesquelles nous allons considérer lé curé, c'est-à-dire comme prêtre, comme moraliste, et comme administrateur spirituel du christianisnae dans la commune. De là aussi découlent les trois espèces de devoirs qu'il a à accomplir pour être complètement digne de la sublimité de ses fonctions sur la terre, et de l'estime ou de la vénération des hommes.

Comme prêtre ou conservateur du dogme chrétien, les devoirs du curé ne sont point accessibles à notre examen ; le dogme mystérieux et divin de sa nature, imposé par la révélation, accepté par la foi, cette vertu de l'ignorance humaine , se refuse à toute critique; le prêtre n'en doit compte, comme le fidèle.

qu'à sa conscience et à son église, seule autorité dont il relève. Cependant ici même la haute raison du prêtre peut influer utilement dans la pratique sur la religion du peuple qu'il enseigne. Quelques crédulités banales , quelques superstitions populaires se sont confondues dans les âges de ténèbres et d'ignorance avec les hautes croyances de pur dogme chrétien; la superstition est l'abus de la foi, c'est au ministre éclairé d'une religion qui supporte la lumière, parce que toute la lumière est venue d'elle, à écarter ces ombres qui en ternissent la sainteté, et qui feraient confondre à des yeux prévenus le christianisme, cette civilisation pratique, cette raison suprême, avec les industries pieuses ou les crédulités grossières des cultes d'erreur ou de déception. Le devoir du curé est de laisser tomber ces abus de la foi, et de réduire les croyances trop complaisantes de son peuple à la grave et mystérieuse simplicité du dogme chrétien, à la contemplation de sa morale, au développement progressif de ses œuvres de perfection. La vérité n'a jamais besoin de l'erreur, et les ombres n'ajoutent rien à la lumière.

Comme moraliste, l'œuvre du curé est plus belle encore. Le christianisme est une philosophie divine écrite de deux manières : comme histoire, dans la vie et la mort du Christ ; comme préceptes, dans les sublimes enseignemens qu'il a apportés au monde. Ces deux paroles du christianisme, le précepte et l'exemple, sont réunies dans le Nouveau-Testament ou l'Évangile. Le curé doit l'avoir toujours à la main, nr. 14

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toujours soUs les yeiift, io\i]tiùtsdahÈ le 6tÉiiT. tJri bon pf*étr6 est ilh cDiîimentaire Vlvàilt dé té livré diviri. Chacune des paroles mystérieuses de ce livre répotid juste à la pensée qui Vintetroge\ et reiïiefme titi ^tis pratique et social qili éclairé et vitifie là dôtlduife de rhomme. Il h'y a point de téHté morale du politique qui ne soit etf germe dans lin vèr^t de l'Évdrtgilè ; toutes les philosopfaies moderne^ ëti ont cohiménté Un^ et l'otit oublié etisUite; Isl pbilâtithfôpie est ttée de son premier et Ufaique précepte , la charité. La liberté a marché datis le itiôtide siit* ses puÉj et aucune servitude dégradante n'a pu subsister deVant sa lumière j Tégâlîté politique est liée de la réconnaissance qu'il nous a forcés à faire de notre égalité, tfè notre fraternité devant t>iéu ; les lais se âont adoncieâ, les usages itifabinains W Èbnl abolis, leé châidés sont tombées, là (biùiiié a rëcotiqtilâ lé ré^edt dâhs le cœUr de l'hoihme.  mésute que ^a pafôté a tétènti dans lê^ siècles, elle a tUii Crouler une erréui^ ôii une tyrailtiié, et l'on peut dire qUè le monde àctuél tout entier, avec ses loii^, ses mœurâ, ses institùlloO^, ses espérances, n'est que le Yerbê évatigéliqué plcTS ou moins incarné dans la Civitisatiôtî tilôdértjë! Mais son œuvré est loin d'étrë aôcotUplie ; la loi dit progrès du du perfectionnement, qui e§t l'idée àbfiVè et puissante de là rài^oti humàitie, est àUsfi la loi de l'Évangilé ; il iious défetid de noUS àrt*êtei* dans le bien , il nous sollicite toujours au mieux , 11 nous interdit de désespérer de l'humanité, devant laquelle il ouvre sans cesse des horizotls plus éclaités; et

plus nod yeux s'oilvretit à la lutniète^ plus ùous lisons de promesses dans ses niystèrès, Ûë vérité dans SéS préceptes , et d'ateiiii* dans tios destitiëès !

Le curé a donc toute morale , tOutè ratisôn ^ toute ciyili^tiod^ toute politique dans sa iûvAùj quand il lient Èiè livre. 11 n'a qu'à ouvrir, qil'à li^è, et qu'à versefr àUtoui* dé lUl le trésor de lumière et de perfection dont Ifl Providence lui à remis la clé. Mais comme celui du Christ, son ensëignèttietlt doit être double : par la vie et par la parole ; sa Vie dbit éti*ë, autant que le comporte l'infiritlité hUniaitié^ l'explication sensible dé sa doctrine^ Une pârble vivante! L'Église l'a placé là comme e^etUplè plus qUe comme oracle; la parole peut lui faillir, si là nAture lui en a refusé le dotî ; înais là psttolë tjui se fait en^ tendre à tous c'est lu vie : aucune làbgué humaine n'est aussi éloquente et aussi pér^Uslsive qu'une vertu.

Le curé est encore administrateur spirituel des sacremens de son église et des bietifaits de la chàtité. Ses devoirs en cette qualité se rapprochent de ceux que toute administration impose^ Il â affaire aux hommes, il doit connaître 1^ hommes; il touché aux passions humaines ^ il doit avoir 1a main déli-^ cate et douce, pleine de prudence et de mesuHe^ Il A dans ses attributions les fautes, les repentira, led misères, les néceâsilés^ lés indigences de l'hUmAnité } il doit avoir le ôœur riche et dâ)ordant de tolérance^ de miséricorde, de mansuétude^ de compassion, dé eharité et de pardons! Sa porte doit être ouverte à toute heure à celui qui l'éveille, sa lampe toujours allumée, son bâton toujours sous sa main ; il ne doit

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