‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 2)Chapitre 6 sur 49 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

J'étais le seul ami qu'il eût sur cette terre Hors son pauvre troupeau ; je vins au presbytère Comme j'avais coutume, à la Saint-Jean d'été, A pied , par le sentier du chamois fréquenté , Mon fusil sous le bras et mes deux chiens en laisse , Montant j courbé , ces monts que chaque pas abaisse, Mais songeant au plaisir que j'aurais vers le soir A frapper à sa porte , à monter, à m'asseoir Au coin de son foyer tout flamboyant d'érable , A voir la blanche nappe étendue , et la table , Couverte par ses mains de légume et de fruit , Nous rassembler causant bien avant dans la nuit ; U me semble déjà dans mon oreille entendre De sa touchante voix l'accent tremblant et tendre, £t sentir à défaut de mots cherchés en vain , Tout son cœur me parler d'un serrement de maiti ; Car loi*sque l'amitié n'a plus d'autre langage , La main aide le cœur et lui rend témoignage.

Quand je fus au sommet d'où le libre horizon Laissait apercevoir le toit de sa niaison , . Je posai mon fusil sur une pierre grise , Et j'essuyai mon front que vint sécher la brîse ; f

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