VII
M» VOYAUE
exaucé : une grande lumière de raison et de oonvicUon se répandit dans mon intelligence et sépara plus clairement le jour des ténèbres, les erreurs des vérités; il y a des moments dans la vie où les pensées de rhomme, longtemps vagues et douteuses, et flottantes comme des flots sans lit, finissent par toucher un rivage où elles se brisent et reviennent sur elles-mêmes avec des foroies nouvelles et un courant contraire à celui qui les a poussées jusque-là. Ce fut là pour moi un de ces moments : celui qui sonde les pensées et les cœurs le sait, et je le comprendrai peut-être moi-même un jour. Ce fut un mystère dans ma vie, qui se révélera plus tard.
Même date.
Au sortir de TégUse du Saint-Sépulcre, nous suivîmes la voie Douloureuse, dont M. de Chateaubriand a donné un si poétique itinéraire. Rien de frappant, rien de constaté, rien de vraisemblable; des masures de construction moderne, données partout, par les moines aux pèlerins, pour des vestiges incontestés des diverses stations du Christ. L'œil ne peut avoir même un doute, et toute confiance dans ces traditions locales est détruite d'avance par rhistoire des premières années du christianisme, où Jérusalem ne conserva pas pierre sur pierre ; où les chrétiens furent ensuite bannis de la ville pendant de nombreuses années. Jérusalem, à l'exception de ses piscines et des tombeaux des rois, ne conserve aucun monument d'aucune de ces grandes époques ; quelques sites seulement sont reconnaissables, comme le site du temple, dessiné par ses terrasses et portant aujourd'hui Tim-
mense et belle mosquée d'Omar, El-Sakara ; le mont de Sion, occupé par le couvent des Arméniens et le tombeau de David ; mais ce n'est même que l'histoire à la main et avec l'œil du doute que la plupart de ces sites peuvent être assignés avec une certaine précision. Hormis les murs de terrasses sur la vallée de Josaphat, aucune pierre ne porte sa date dans sa forme et dans sa couleur ; tout est en poudre, ou tout est moderne. L'esprit erre incertain sur l'horizon de la ville, sans savoir où se poser ; mais la ville tout entière , dessinée par la colline circonscrite qui la porte, par les différentes vallées qui l'enceignent, et surtout par la profonde vallée du Cédron , est un monument auquel l'oeil ne peut se tromper : c'est bien là que Sion était assise ; site bizarre et malheureux pour la capitale d'un grand peuple : c'est plutôt la forteresse naturelle d'un petit peuple, chassé de la terre, et se réfugiant avec son Dieu et son temple sur un sol que nul n'a intérêt à lui disputer; sur des rochers qu'aucunes routes ne peuvent rendre accessibles, dans des vallées sans eau, dans un climat rude et stérile, n'ayant pour horizon que les montagnes calcinées par le feu intérieur des volcans, les montagnes d'Arabie et de Jéricho, et qu'une mer infecte, sans rivage et sans navigation, le mer Morte 1 — Voilà la Judée, voilà le site de ce peuple dont le destin est d'être proscrit à toutes les époques de son histoire, et éi qui les nations ont disputé même cette capitale de ses proscriptions, jetée , comme un nid d'aigle, au sommet de ce groupe de montagnes : et cependant ce peuple portait avec lui la grande idée de l'unité de Dieu, et ce qu'il y avait de vérité dans cette
iSi VOYAGE
idée élémentaire suffisait pour le séparer des autres peuples et pour le rendre fier de ses proscriptions et confiant dans ses doctrines providentielles.
Même dite.
Après avoir parcouru les différents quartiers de la ville, tous aussi nus, tous aussi misérables, tous aussi déaiantélés que ceux par lesquels nous étions entrés, nous descendîmes du côté de la fameuse mosquée qui tient la place du temple de Salomon. Le gouverneur de Jéntsalem a son sérail dans un édifice attenant aux jardins et aux murs de la mosquée. Nous allions lui faire notre visite de remerciment. La cour du sérail était entourée de cachots grillés , où nous aperçûmes quelques figures de bandits de Jéricho et de Samarie, qui attendaient leur délivrance ou le sabre du pacha. Des cavaliers , couchés aux pieds de leurs chevaux, des scheiks du désert et des Arabes de Naplouse étaient groupés çà et là sur les escaliers ou sous les hangars, attendant Theure du divan. Le gouverneur, apprenant notre arrivée , nous envoya son fils pour nous engager à monter. Ce jeune homme , d'environ trente ans, est le plus beau des Arabes, et peut-être des hommes que j*ai vus en ma vie. La force, la grâce, Tintelligence et la douceur, sont fondues avec une telle harmonie dans ses traits, et brillent à la fois dans son œil bleu avec une si attrayante évidence, que nous restâmes tous frappés de son aspect. C'est un Samaritain. Le gouverneur de Jérusalem , son père , est le plus puissant des Arabes de Naplouse. Persécuté par Abdalla, pacha d'Acre, et souvent
en guerre avec lui , pendant la domination des Turcs y il avait été forcé de se réfugier, avec sa famille , dans les montagnes au delà de la mer Morte ; la victoire dlbrahim-Pacha sur Abdalla Pavait ramené dans sa patrie. Il y avait retrouvé ses richesses et son influence ; il avait chassé ses ennemis du pays , et le pacha d'Egypte , pour suppléer à insuffisance de ses troupes égyptiennes en Judée, lui avait confié le gouvernement de Samarie et de Jérusalem. Il n'avait d'autres troupes que quelques centaines de cavaliers de sa tribu, à Taide desquels il maintenait l'ordre et la domination d'Ibrahim sur toutes les populations d'alentour. Nous entrâmes dans le div^n, grande salle sans aucun ornement que quelques tapis sur des nattes , des pipes et des tasses de café sur le sol. Le gouverneur, entouré d'un grand nombre d'esclaves, d'Arabes armés , et de quelques secrétaires à genoux , écrivant sur leurs mains , était occupé à rendre la justice et à expédier ses ordres. Il se leva à notre approche et vint au-devant de nous. Il fit enlever les tapis du divan , susceptibles de donner la peste, et y fit substituer des nattes d'Egypte , qui ne la communiquent pas. Nous nous assîmes. On nous présenta les pipes et le café. Mon drogman lui fit en mon nom les compliments d'usage, et je le remerciai moi-même de tous les soins qu'il avait bien voulu prendre pour que des étrangers comme nous pussent visiter sans péril les lieux consacrés par leur religion. Il me répondit avec un sourire obligeant qu'il ne faisait que son devoir ; que les amis d'Ibrahim étaient ses amis; qu'il répondait d'un cheveu de leurs têtes; qu'il était prêt , non-seulement à faire pour moi ce qu'il avait fait ,
mais encore à marcher lui-même, si je rordonnais, avec ses troupes, et à m'accompagner partout où ma curiosité ou ma religion m'inspireraient le désir d^aller, dans les limites de son gouvernement ; que tel était l'ordre du pacha. Puis il s'informa de nous, des nouvelles de la guerre, et de la part que les puissances de l'Europe prenaient à la fortune d'Ibrahim. Je lui répondis de manière à satisfaire ses pensées secrètes : que l'Europe admirait dans Ibrahim-Pacha un conquérant civilisateur; que, sous ce rapport, elle prenait intérêt à ses victoires; qu'il était temps que l'Orient participât aux bienfaits d'une meilleure administration; que le pacha d'Egypte était le missionnaire armé de la civilisation européenne en Arabie ; que sa bravoure et la tactique qu'il nous empruntait . lui donnaient la certitude de vaincre le grand-visîr qui s'avançait à sa rencontre en Caramanie ; que, selon toute apparence, il remporterait là une grande victoire, et marcherait sur Gonstantinople ; qu'il n'y entrerait pas , parce que les Européens ne le lui permettraient pas encore, mais qu'il ferait la paix avec leur médiation, et garderait l'Arabie et la Syrie en souveraineté permanente. C'était là ce qui touchait au cœur du vieux révolté de Naplouse : ses regards buvaient mes paroles, et son fils et ses amis penchaient leurs têtes au-dessus de la mienne pour ne pas perdre un mot de cette conversation, qui était pour eux l'augure d'une longue et paisible domination dans Samarie. Quand je vis le gouverneur si bien disposé, je lui témoignai le désir, non pas d'entrer dans la mosquée d'Omar, puisque je savais qu'une telle démarche eût été contraire aux mœurs du pays, mais d'en
contempler Textérieur. — Si vous l'exigez, me réponditil , tont vouB ^ra ouvert , mais je m'exposerais à irriter profondément les musulmans de la ville : ils sont encore ignorants ; ils croient que la présence d'un chrétien dans l'enceinte de la mosquée leur ferait courir de grands périls , parce qu'une prophétie dit que tout ce qu'un chrétien demanderait à Dieu dans l'intérieur de Ël-Sakara, il l'obtiendrait ; et ils ne doutent pas qu'un chrétien n'y demandât à Dieu la ruine de la religion du Prophète et l'extermination des musulmans. Pour moi, ajouta-t-il, je n'en crois rien : tous les hommes sont frères, bien qu'ils adorent, chacun dans leur langue, le Père commun ; il ne donne rien aux uns aux dépens des autres ; il fait luire son soleil sur les adorateurs de tous les prophètes ; les hommes ne savent rien , mais Dieu sait tout ; Allah Kérim , Dieu est grand ! et il inclina sa tète en souriant. Dieu me préserve, lui dis-je, d'abuser de votre hospitalité et de vous ex|>oser pour satisfaire une vaine curiosité de voyageur ! Si j'étais dans la mosquée d'El-Sakara , je ne prierais pour l'extermination d'aucun peuple, mais pour la. lumière et le bonheur de tous les enfants d'Allah. A ces mots, nous nous levâmes; il nous conduisit par un corridor à une fenêtre de son sérail, qui donnait sur les cours extérieures de la mosquée. Nous ne pûmes pas en saisir aussi bien l'ensemble de cet endroit , qu'on le fait du haut de la montagne des Oliviers : nous ne vîmes que les murs de la coupole, quelques portiques moresques de l'architecture la plus élégante , et les cimes des cyprès qui croissent dans les jardins intérieurs. Je pris congé du gouverneur en lui annonçant que mon projet était de
in VOYAGE
passer huit ou dix jours, campé aux environs de la ville, et de partir le lendemain pour aller à la mer Morte , au Jourdain , à Jéricho , et jusqu'au pied des montagnes de TArabie Pétrée ; que je rentrerais plusieurs fois, comme aujourd'hui , dans Tintérieur de Jérusalem ; et que je n'avais à lui demander que le nombre de cavaliers suffisant pour garantir notre sûreté dans les différentes excursions que nous nous proposions de faire en Judée. Nous sortîmes de Jérusalem par la même porte de Bethléem, près de laquelle nos tentes étaient dressées ce jourlà, et nous achevâmes de visiter, dans la soirée, tous les sites remarquables ou consacrés autour des murs de la ville.
Même date.
Soirée passée à parcourir les pentes qui s'étendent au sud de Jérusalem, entre le tombeau de David et la vallée de Josaphat. Ces pentes sont le seul côté de la ville qui présente l'apparence d'un peu de végétation. Au coucher du soleil , je m'assieds en face de la colline des Oliviers, à quatre ou cinq cents pas au-dessus de la fontaine de Siloé , à peu près où étaient les jardins de David : Josaphat est à mes pieds; les hautes murailles des terrasses du temple sont un peu au-dessus de moi à ma gauche ; je vois les cimes des beaux cyprès qui élèvent leurs têtes pyramidales au-dessus des portiques de la mosquée El- Aksa, et les dômes des orangers qui recouvrent la belle fontaine du temple appelée la Fontaine de l'Oranger. Cette fontaine me rappelle une des plus délicieuses traditions orientales inventées, transmises ou conservées
EN ORIENT. i»
par les Arabes. Voici comment Ils racontent que Salomon choisit le sol de la mosquée.
« Jérusalem était un champ labouré ; deux frères possédaient la partie de terrain où s'élève aujourd'hui le temple ; Tun de ces frères était marié et avait plusieurs enfants , Tautre vivait seul ; ils cultivaient en commun le champ qu'ils avaient hérité de leur mère ; le temps de la moisson venu , les deux frères lièrent leurs gerbes, et en firent deux tas égaux qu'ils laissèrent sur le champ. Pendant la nuit, celui des deux frères qui n'était pas marié eut une bonne pensée ; il se dit à lui-même : Mon frère a une femme et des enfants à nourrir, il n'est pas juste que ma part soit aussi forte que la sienne ; allons , prenons dans mon tas quelques gerbes que j'ajouterai secrètement aux siennes ; il ne s'en apercevra pas, et ne pourra ainsi refuser. Et il fit comme il avait pensé. La même nuit , l'autre frère se réveilla et dit à sa femme : Mon frère est jeune , il vit seul et sans compagne , il n'a personne pour l'assister dans son travail et pour le consoler dans ses fatigues , il n'est pas juste que nous prenions du champ commun autant de gerbes que lui; levons-nous, allons, et portons secrètement à son tas un certain nombre de gerbes , il ne s'en apercevra pas demain et ne pourra ainsi les refuser. Et ils firent comme ils avaient pensé. Le lendemain , chacun des frères se rendit au champ , et fut bien surpris de voir que les deux tas étaient toujours pareils : ni l'un ni l'autre ne pouvait intérieurement se rendre compte de ce prodige ; ils firent de même pendant plusieurs nuits de suite ; mais comme chacun d'eux portait au tas de son frère le même nombre
IW VUYAtiE
d» gerbHS, les Isa demeuraient toujours égaux, jusqu'à ce qu'une nuit, tous deux g'étant mis en senlinelle pour aptirorondir la cause de ce miracle, ils se rencontrèrent portant chacun les gerbes qu'ils se destinaieut mutuellement.
u Or, te lieu où une si bonne ^nsée était venue à la fois et &i persévéramment à deux hommes, devait être une place agréable à Dieu, et les hommes la bénirent et la choisirent pour y bâtir une maison de Dieu 1 >
Quelle charmante tradition 1 comme elle retire la naïve bonté des mœurs patriarcales ! comme l'in^iration qui vient aux hommes de consacrer à Dieu un lieu où la vertu a germé sur la (erre est simple , antique et naturelle ! J'ai entendu chez les Arabes des centaines de légendesde cette nature. On respire l'air de la Bible dans toutes les parties de cet Orient.
L'aspect de la vallée de Josaphat osl conforrie à la destination que les idées chrétiennes lui assignent. Elle ressemble à un vaste sépulcre, trop étroit cependant pour les flots du genre humain qui doivent s'y accumuler. Dominée de toutes parts elle-même par des monuments funèbres ; encaissée à son extrémité méridionale dans le rocher de Silhea, tout percé de caves sépulcrales comme une ruche de la mort ; ayant çà et là pour bornes tumulaires les tombeaux de Josapbat et celui d'Absalon, (aillés en pyramides dans le roc vif et ombragés d'un càté par les noires collines du mont des Offenses , de l'autre par les remparts du (emple écroulé; ce fut un lieu naturellement imprimé d'une sainte horreur, destiné de bonne heure à devenir'les gémonies d'une grande ville, et eu
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EN ORIENT. i31
rimagination des prophètes dut placer sans efforts les scènes de mort, de résurrection et de jugement. On se figure la vallée de Josaphat comme un vaste encaissement de montagnes où le Cédron , large et noir torrent aux eaux lugubres , coule avec des murmures lamentables; où de larges gorges, ouvertes sur les quatre vents, s'élargissent pour laisser passer les quatre torrents des morts venant de Torient et de l'occident, du septentrion et du midi ; les immenses gradins des collines s'y étendent en amphithéâtre pour faire place aux enfants innombrables d'Adam, venant assister, chacun pour sa part, au dénoùment final du grand drame de l'humanité : rien de tout cela. La vallée de Josaphat n'est qu'un fossé naturel creusé entre deux monticules de quelques cents pieds d'élévation, dont l'un porte Jérusalem et l'autre la cime du mont des Olives ; les remparts de Jérusalem en s'écroulant en combleraient la plus grande partie; nulle gorge n'y a son embouchure ; le Cédron, qui sort de terre à quelques pas au-dessus de la vallée, n'est qu'un torrent formé en hiver par l'écoulement des eaux pluviales qui dégouttent de quelques champs d'oliviers au-dessous des tombeaux des rois , et il est traversé par un pont au milieu de la vallée , en face d'une des portes de Jérusalem ; il a quelques pas de large , et la vallée , dans cet endroit, n'est pas plus large que son fleuve. Ce fleuve, sans eau, trace seulement un lit rapide de cailloux blancs au fond de cette gorge. La vallée de Josaphat, en un mot, ressemble tout à fait à un de ces fossés creusés au pied des hautes fortifications d'une grande ville, où l'égout de la ville roule en hiver ses immondices, où quelques pau*
vres habitants des faubourgs disputent un coin de terre aux remparts pour cultiver quelques légumes, où les chèvres et les ânes abandonnés vont brouter, sur les pentes escarpées, Therbe flétrie par les immondices et la poussière. Semez le sol de pierres sépulcrales appartenant à tous les cultes du monde, et vous aurez devant les yeux la vallée du Jugement.
Même date.
Voici la fontaine de Siloé , la source unique de la vallée , la source inspiratrice des rois et des prophètes ; je ne sais comment tant de voyageurs ont eu de la peine à la découvrir, et se disputent encore sur le site qu'elle occupait. La voilà tout entière pleine d'eau limpide et savoureuse, répandant l'haleine des eaux dans cet air embrasé et poudreux de la vallée , creusée de vingt marches dans le rocher dont la cime portait le palais de David, avec sa voûte de blocs de pierre, polis par les siècles et tapissés, dans leurs jointures, de mousses humides et de lierre éternel. Les marches de ses escaliers , usées par le pied des femmes qui viennent du village de Silhoa y remplir leurs cruches, sont luisantes comme le marbre. J'y descends; je m'assieds un moment sur ces fraîches dalles ; j'écoute, pour m'en souvenir, le léger suintement de la source , je lave me^ mains et mon front dans ses eaux ; je répète les vers de Millon, pour invoquer, à mon tour, ses inspirations depuis si longtemps muettes. C'est le seul endroit des environs de Jérusalem où le voyageur trouve à mouiller son doigt, à étancher sa soif, à reposer sa tête à l'ombre du rocher rafraîchi et de deux ou trois
touffes de verdure. Quelques petits jardins, plantés de* grenadiers et d'autres arbrisseaux par les Arabes de Silhoa, jettent autour de la fontaine un bouquet de pâle verdure. Elle la nourrit du superflu de ses eaux. C'est là que finit la vallée de Josaphat. Plus bas, une petite plaine à pente douce entraîne le regard dans les larges et profondes gorges des montagnes volcaniques de Jéricho et de Saint-Saba, et la mer Morte finit l'horizon.