LES DRUZES
Les Druzes, qui', avec les Métualis et les Maronites, forment la principale population du Liban, ont passé longtemps pour une colonie européenne laissée en Orient par les croisés. Rien de plus absurde. Ce qui se conserve le plus longtemps parmi les peuples, c'est la religion et la langue : les Druzes sont idolâtres et parlent arabe ; ils ne descendent donc pas d'un peuple franc et chrétien ; ce qu'il y a de plus probable , c'est qu'ils sont , comme les Maronites, une tribu arabe du désert , qui , ayant refusé d'adopter la religion du prophète, et persécutée par les
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nouveaux croyants, se sera réfugiée dans les soliludes inaccessibles du haut Liban pour y défendre ses dieux et sa liberté. Us ont prospéré, ils ont eu souvent la prédominance sur les peuplades qui habitent avec eux la Syrie , et l'histoire de leur principal chef, Témir Fakarel-Din, dont nous avons fait Facardin, les a rendus célèbres, même en Europe. C'est au commencement du dix* septième siècle que ce prince apparaît dans l'histoire. Nommé gouverneur des Druzés , il gagne la confiance de la Porte. Il repousse les tribus féroces de Balbek, délivre Tyr et SaintrJean-d'Acre des incursions des Arabes bédouins , chasse Taga de Bayruth , et établit sa capitale dans cette ville. En vain les pachas d'Alep et de Damas le menacent ou le dénoncent au divan ; il corrompt ses juges et triomphe , par la ruse ou la force , de tous ses ennemis. Cependant la Porte , tant de fois avertie des progrès des Druzes , prend la résolution de les combattre, et prépare une expédition formidable. L'émir Fakarel-Din veut temporiser. 11 avait formé des alliances et conclu des traités de commerce avec des princes d'Italie : il va lui-même solliciter les secours que ces princes lui ont promis. Il laisse le gouvernement à son fils Ali, s'embarque à Bayruth, et se réfugie à la cour des Médicis, à Florence. L'arrivée d'un prince mahométan en Europe éveille l'attention. On répand le bruit que Fakar-el-Din est un descendant des princes de la maison de Lorraine ; que les Druzes tirent leur origine des compagnons d'un comte de Dreux, restés dans le Liban après les croisades. En vain l'historien Benjamin de Tudèle fait mention des Druzes avant l'époque des croisades : l'habile aventurier