RÉCITATIF
Le temple de Sion était dans le silence I Les saints hymnes dormaient sur les harpes de Dieu , Les foyers odorants que Tencensoir balance S'éteignaient , et Fencens , comme un nuage immense , S'élevait en rampant sur les murs du saint lieu.
Les docteurs de la loi , les chefs de la prière ,
Étaient assis dans leur orgueil ; Sous leurs sourcils pensifs ils cachaient leur paupière , Ou lançaient sur la foule un superbe coup d*œil ; Leur voix interrogeait la timide jeunesse, Les rides de leur front témoignaient leur sagesse ; Respirant du Sina l'antique majesté , De leurs cheveux blanchis , de leur barbe toufTue , On croyait voir glisser sur leur poitrine nue
fiARMONlES POÉTIQUES. Xi3
La lumière et la charité; Gomme des neiges des montagnes Descendent, ô Sâron, sur tes humbles campagnes Le jour et la fertilité !
Un enfant devant eux s'avança plein de grâce ; La foule en Tadmirant devant ses pas s'ouvrait,
Puis se refermait sur sa trace ;
Il semblait éclairer l'espace D'un jour surnaturel que lui seul ignorait!
Des ombres de sa chevelure Son front sortait, comme un rayon Échappé de la nue obscure Éclaire un sévère horizon.
Ce front pur et mélancolique S'avançait sur l'œil inspiré, Tel qu'un majestueux portique S'avance sur un seuil sacré l
L'éclair céleste de son âme S'adoucissait dans son œil pur, Gomme une étoile dont la flamme Sort plus douce des flots à'azur.
Il parla : les sages doutèrent ^ De leur orgueilleuse raison ,
Et les colonnes l'écoulèrent , Les colonnes de Salomon !
Ui lîAtlMONtES POÉTiQUÉâ
PREMIÈRE VOIK.
merveilleuse histoire ! ô prodiges étranges Que la mère à ses fils se plaît à raconter!
DEUXIÈME VOIX
Que disait cet enfant?
PREMIÈRE VOIX
Interrogez les anges, Eux seuls pourraient le répéter !
DEUXIÈME VOIX
D*où sortait ce Joas?
PREMIÈRE VOIX
• De Tombre de la vie , De l'exil, du silence et de la pauvreté!
DEUXIÈME VOIX
Comment disparut-il de la foule ravie?
PREMIÈRE VOIX
ir rentra dans l'obscurité; Dans les humbles travaux d'une vie inconnue ,
Comme l'aurore sous la nue , Il se cacha vingt ans dans son humilité ; On ne le revit plus qu'à la fin du mystère ,
Enseignant le ciel à la terre , Sur le sable ou sur l'eau semant la vérité ; Puis, traînant son supplice au sommet du Calvaire,
ET RËLIGÎElJâEâ. 2^
De l'homme qu'il aimait victime volontaire ,
Revêtir Tiniquité, Arroser de son sang sa semence prospère ,
Et payer à son père
Le monde racheté.