LA LAMPE DU TEMPLE
l'ame présente a dieu.
Pâle lampe du sanctuaire ,
Pourquoi , dans l'ombre du saint lieu ,
Inaperçue et solitaire ,
Te consumes-tu devant Dieu?
Ce n*est pas pour diriger Taile De la prière ou de l'amour, Pour éclairer, faible étincelle , L'œil de Celui qui fit le jour.
Ce n'est pas pour écarter l'ombre Des pas de ses adorateurs ; La vaste nef n'est que plus sombre Devant tes lointaines lueurs.
Ce n'est pas pour lui faire hommage Des feux qui sous ses pas ont lui ; Les cieux lui rendent témoignage , Les soleils brûlent devant lui.
Et pourtant , lampes symbolique^; , Vous gardez vos feux immortels , Et la brise des basiliques Vous berce sur tous les autels.
Et mon œil aime à se suspendre A ce foyer aérien , Et je leur dis sans les comprendre :
Flambeaux pieux , vous faites bien.
Peut-être , brillantes parcelles De rimmense création , Devant son trône imitent-elles L'étemelle adoration.
Et c'est ainsi , dis-je à mon âme , Que de l'ombre de ce bas lieu , Tu brûles , invisible flamme , En la présence de ton Dieu.
Et jamais , jamais tu n'oublies De diriger vers lui mon cœur, Pas plus que ces lampes remplies De flotter devant le Seigneur.
Quel que soit le vent , tu regardes Ce pôle , objet de tous tes vœux , Et comme un nuage tu gardes Toujours ton côté lumineux.
Dans la nuit du monde sensible Je sens avec sérénité Qu'il est un point inaccessible A la terrestre obscurité ;
Une lueur sur la colline , Qui veillera toute la nuit, Une étoile qui s'illumine Au seul astre qui toujours luit ;
Un feu qui dans l'urne demeure Sans s'éteindre çt se consumer, Où l'on peut jeter à toute heure Un grain d'encens pour l'allumer.
Et quand sous Toeil qui te contemple , mon âme, tu t'éteindras, Sur le pavé fumant du temple , Son pied ne te foulera pas.
Mais vivante au foyer suprême , Au disque du jour sans sommeil , Il te réunira lui-même Gomme un rayon à son soleil.
Et tu luiras de sa lumière , De la lup[iière de Celui Dont les astres sont la poussière Qui monte et tombe devant lui.