A UNE JEUNE POLONAISE
Il est au moins un cœur où ma harpe résonne , Où mes soupirs secrets comme au ciel sont compris , Où ma voix retentit , où mon âme rayonne :
Ah ! du barde voilà le prix !
Mon asile et ma gloire, à moi , sont dans ton âme. Qu'importe si le temps de nos chants est vainqueur? Vivre même inconnu dans un songe de femme , Avoir un écho dans son cœur I
Mystérieux témoin de ses larmes versées , Sentir battre en son cœur le soupir comprimé , Avoir, comme un ami , sa part dans ses pensées , Par ses lèvres être nommé !
Le jour la suivre seul dans les bois , sur la grève ; De sa lampe la nuit prolonger la clarté; Être le nom qu'elle aime ou l'ombre qu'elle rêve : ' Voilà mon immortalité!
m. Si
ÉPÏTRE A M. DE LAMARTINE,