‹ Œuvres complètes de M.A. de LamartineChapitre 19 sur 35 · VI · texte numérisé non relu

VI

c'est la diffêrence de religion entre les Maronites, les Druzes et les Métualis , qui peuplent à peu près à nombre égal les montagnes soumises à l'autoritë de rémir ; le plus fort lien de nationalité, c'est la communauté des pensées religieuses, ou plutôt cela a été jusqu'à présent ainsi. La civilisation , en avançant, réduit la pensée religieuse à l'individi^alismie , et d'autres intérêts communs forment 1^ nationalisé : ces intérêts étant moins graves que l'intérêt de |'^ligion , les nationalités vont en s'afiaibli^s^iit ; car quoi de plus fort pour l'homme que le sentiment religieux, que son dogioe, qx^e $a foi intime? C'est la voix de son intelligence, c'est la pensée dans laquelle il résume toutes les autres : moeurs, lois, patrpe, tout est pour un peuple dans sa religion : c'/est ce qui fait, je crois, que l'Orient se constituera si diificilement en une seule et grande nation ; c'eçl ce qui fait que l'empire turc s'écroule. Vous n'apercevez de signes d'une existence commune, de symptômes d'une nationalité possible, que dans les parties de l'empire où les tribus d'un même culte sont agglomérées, parmi la race grecque, asiatique, parmi les Arméniens, parmi les Bulgares et parmi les Serviras; partout ailleurs , vous voyez des hommes, mais pas de nation.

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