HOMMAGE A L'ACADÉMIE DE MARSEILLE
Si j'abandonne aux plis de la voile rapide Ce que m'a fait le ciel de paix et de bonheur; Si je confie aux flots de l'élément perfide Une fenmie, un enfant, ces deux parts de mon cœur; Si je jette à la mer, aux sables, aux nuages, Tant de doux avenirs, tant de cœurs palpitans, D'un retour incertain sans avoir d'autres gages Qu'un mAt plié par les autans ;
Ce n'est pas que de l'or Tardente soif s'allume Dans un conir qui s'est fait un plus noble trésor ; Ni que de son flambeau la gloire me consume De la soif d'un vain nom plus fugitif encor ; Ce n'est pas qu'en nos jours la fortune du Dante Me fesse de l'exil amer manger le sel, Ni que des factions la colère inconstante Me brise le seuil paternel.
Non, je laisse en pleurant, aux flancs d'une vallée, Des arbres chargés d'ombre, un champ, une maison De tièdes souvenirs encor toute peuplée. Que maint regard ami salue à l'horizon. J'ai sous l'abri des bois de paisibles asiles Où ne retentit pas le bruit des factions. Où je n'entends, au lieu des tempêtes civiles. Que joie et bénédictions.