SCÈNE XV
DENNEVnJLE , aeul.
Que dira-t-elle en les recevant? Allons, void le moment ; si la colère , si le dépit l'animaient seuls coûtre moi, je peux par mes soins et par
ma tendresse lui faire oublier mes torts, peutêtre lui prouver mon innocence. Si elle m'aime encore, je la persuaderai sans peine, elle m'y aidera : l'amour véritable ne demande qu'à s'abuser lui-même; mais si elle ne m'aime plus, si je ne puis lui faire sacrifler ce bal , si elle veut y aller avec Edmond, alors, et malgré moi, il faudra bien... C'est elle ; ah ! qu'elle est jolie ainsi !
DENNEVILLE ; CAROLINE , en toikUe ae bd et tei diamanU à la main.
GABOLINB , entrant Tivement.
Comment! Monsieur, dois-je en croire Gervault ? et cet écrin qu'il m'a apporté vient-il réellement?...
DENNEVILLE , d*nn air de reproche.
De ma part? une simple galanterie, une attention de moi vous semblek-elle donc une chose impossible?
GABOLINB, embarrMMe.
Non, vraiment! mais dans la drconstanee où nous sommes...
DEIflIBVILLB.
Circonstance très-favorable. N'allez-vous pas au bal ce soir?
GABOLINB.
Oui» Monsieur, et je ne sais comment vous remercier...
DENNEVILLE.
En les acceptant.
GABOLINB, hésitant.
Moi?
DBNNEVILLB.
Je VOUS en prie.
GABOLINB , à part, et tout en regardant les diamanto.
Au fait, il est possible qu'il ait eu des remords, qu'il se soit repenti. 11 faut de l'indulgence , et si ce n'était le souper de ce soir...
DBNNBVILLB.
Hé bien «Madame?
GABOUNE.
Puisque vous l'exigez...
( Elle se place devant la ptfché. ) DBNNEVILLB.
Dans mon intérêt
GABOLINB.
Comment cela?
DBNNEVILLB.
A ce bal, où vous allez sans moi...
AiR : Pour le trouver f arrive en Allemagne {d'Yelva).
En TOUS voyant arriver sous les armes, J'entends déjà les compliments galants ;
La plupart seront pour vos charmes ,
Que Iquet-uns pour vos diamants.
Astre brillant, vous allez apparaître!
Et chaque fois que, plein d'un doux émoi, On s'écrira : Qu'elle est belle! peut-être Sans le Tooloir vous penserei à moi.
Quand on dira : Qu'elle est belle l peutr-étre Sans le vouloir vous penserez à moi.
(Pendant le coaplet, Caroline a placé le» diamants, mis le collier, attaché les boucles d*oreille.)
CABOLINE.
Je n^ai pas besoin de cela t (soupirant.) Et soavent , au contraire , on désirerait oublier.
DBNIVITILLE.
Qaedites-Toos?
CAROLINE , se regardant devant la glace.
Rien. Gomment me trouvei-Yoas?
DENNBYILLE.
Ah 1 TOUS n'êtes que trop jolie 1
CABOLINE.
Trop! pourquoi?
DENNEVILLB.
Parce qu'à ce bal , comme je vous le disais tout à llieure, vous allez être entourée par tous les fats et élégants de Paris.
GABOLINB , s'aaseyant.
JeTespèrebien.
DENNBVILLE.
Je les Tois d*id s'appujer sur le dos de Totre chaise.
(n s'appuie sur la chaiie. ) GABOLINE.
Prenez garde » Monsieur , de me chiffonner.
DENNEYILLE.
Ne craignez rien. Je les vois se pencher vers vous.
( U se penche vers Caroline. ) CAEOLINE.
A peu près comme vous voilà.
DENNBVILLE.
C'est vrai l et nous pouvons supposer que nous y sommes.
GABOLINE.
C'est facile.
DENNEVILLE , s*appuyant négligemment sur sa chaise.
Ils VOUS diront que Jamais vous n'avee été plus olie, qu'ils n'ont Jamais rien vu de plus piquant et de plus attrayant
CABOLINE.
Diront-ils vrai?
BENNEVILLE.
Oui , si J'en juge d'après moi. Ds ajouteront qu'il règne dans votre toilette, dans cette légère parure , un bon goût, une grâce que l'on sent , que l'on devine, et que par bonheur on ne peut rendre ; car son plus grand charme est d'être indéfinissable.
CAROLINE
Vous croyez qu'ils diront cela P
DENNEVILLE.
Je n'en doute point.
GABOLINE.
Et moi , Je doute qu'ils le disent aussi bien.
Air : Monseigneur Va défendu ( de Mut P. Dnebaoïbge).
PftBMIIR COUPLET.
Savei-voas, c'est incroyable.
Que, quand vous le voulez bien, Vous êtes vraiment aimable?
DENNEVILLE.
Mais cela ne coûte rien Prés «fane femme Jolie.
CABOLINE.
Prenez garde, c'est fort mal ; Vous! de la galanterie!
DENNEVILLE.
Puisque nous sommes au bal.
DEUXlftMB COUPLST.
CAROLINE
En voyant cet air si tendre, A d'autres temps je pensais; Oui, l'on s'y laisserait prendre, Et je crois que j'écoulais; J'en étais presque attendrie.
Prenez garde , c'est fort nul ; Vous! de la coquetterie!
CABOLINE.
Puisque nous sommes au bal.
DENNEVILLE.
Vous voyez alors le danger d'y aller , pour une femme I
CABOLINE.
Vous voyez alors, quand on est mari , le dan« ger de n'y pas aller!
DENNEVILLE.
Quand on ne le peut pas, quand on a des motifs pour rester chez soL
CABOLINE, vivement et se levant.
Vous, Monsieur, vous, des motilii 1 vow osez en convenir !
DENNEVILLE.
Sans doute, et peut-être, si vous les connaissiez...
CABOLINE, dW tOB de reproche.
Ah ! VOUS VOUS garderiez bien de me les ^ prendre.
DENNEVILLE, froidement*
Nullement, et si vous y tenez, ce que je ne crois pas , je puis tout vous avouer.
CABOLINE.
Si j'y tiens! Ah ! parlez. Monsieur, parlez; mais n'espérez pas me tromper, n me faut une entière franchise, et peut-être alors je verrai. Eh bien! Monsieur?
LA SECONDE ANNÉE
DBNNpVILLB.
ÉcoQtexI je croig entendre une Toitore» on vient ?oo8 chercher.
GABOLINS.
ÂhlmonDienl
DENNEYILLE.
Non , non « la voiture passe.
CABOLINE.
Heureusement
DENNEYILLB.
Savei-vous que votre chevalier vous fait attendre? c'est fort malt il fait le mari.
CAROLINE
C'est possible.
DENNBVILLB.
Il me semble alors que je puis faire Tamant
Vous, Monsieur ! c'est un rôle que vous avez oublié.