VALSA IN
Ah ! la Jeunesse ? je Tai laissé à Tarlas ; il viendra aujourd'hui.
M. DE CRAC
Fort vien. Je bous présente Germeuil, mon neveu, qui descend du fameux Moussu de Crac, dont il est héritier comme nous, héritier collatéral. Le june homme du meilleur ton ; la coqueluche de toutes les femmes de Tartas , Cacellas , Pézénas, Carpeniras, et de la vaiilieue.
VALSAIN.
Mon cher cousin , enchanté. Je serai trop heureux^de profiter de vos leçons.
GERMEUIL
De mes leçons ! Prenez donc garde, cousin, ce que vous dites est d*nne maladresse... Ce n'est
que de ma cousine que vous devez prendre des leçons. (Galamment.) Qul mleux qu'cUe peut instruire dans Tart d'aimer?
VALSAIN.
L'art d'aimer m'est inutile ; c'est l'art de plaire dont j'aurais besoin , et je ne puis mieui m'adresser qu'à vous.
GABRIELLE, I part.
Mais il s'exprime fort bien.
VALSAIN.
Air nouveau de M. Allan.
Contre l'amour en vain l'on veut combattre. Vous paraissez, il est déjà vainqueur; Heureux celui qui doit avoir ce cœur.
Mais plus beureux celui qui le fait battre.
M. DE CRAC
Ah çà ! mon gendre , point de gêne id , chacun son goût, ma fille fait de la musique; moi . je suis chasseur, et mon nebeu fait des armes. Bous pouvez choisir parmi tous ces amusements.
VALSAIN.
Mais je les choisis tous. Je chante avec mademoiselle, je chasse avec le beau-père, et je me bats avec le cousin.
GABRIELLE
Germeuil n'en fait pas tant
M. DE CRAC
Et les veillées donc , je bous conterai mes exploits, ou vien des histoires de rébénants.... Croyez-bous aux histoires dé rébénants?
VALSAIN.
Parbleu, si j'y crois ! j'en fais.
M. DE CRAC
Ma fille ! Rosalie ! le goûter. (Rosalie aort. ) Elle est charmante , ma fille ; elle a été élebée dans une maison d'éducation à Paris. Quatre mille francs de pension, et cependant elle baque aux
soins du ménage. (Cabrielle et Gerroeuil sVloignent. — M. de Crac tirant Vabaia à l'écart. ) Telle qUC bOUS la
boyez , les plus hauts partis de la probince se sont présentés pour elle. ( En coo6deace. ) Le préfet de
CarpentraS, (Rosalie rentre avec Gouspignac. — Iladbpoient la table pour le goûter.) le direCtCUT desdOUanCS
me l'abait demandé pour son fils; Rosalie bous le dira.
VALSAIN.
Pardon , mais ce dernier n'a qu*ane fille » et même d'un certain âge.
Bous croyez? C'est alors pour le fils de sa fille... Mais, tenez, le général Valsain, l'homme le plus riche du pays, briguait mon alliance, et son fils le colonel m'a écrit dernièrement une lettre charmante... Rosalie l'a lue.
VALSAIN.
En éteS'Vous bien sûr ? (a paru ) Je rigaorais.
LES HÉRITIERS DE C31AC
M. DE CRAC
ConuDent sûr ! Je bous montrerai la lettre.
VALSAUf.
Et vous avez refusé?
M. DB GBAC.
Non ; c'est que le jnne homme est mort. Une affaire terrible, un duel qu'il a eu dernièrement
TALSAIN.
Je croyais au contraire qu'il avait tué son homme.
M. DE CRAC
Errur , errur , Je bous l'affirme , et bous le confirme. Mais boici le goûter. ( a romU*^ ) Â-t-on été au marché?
(ik te pUceni à uble dans Tordre suivant. M. de Crac, Germeoil , Gabrielle, Valaaio. — Eoaalie reste debout auprès de M. de Crac. )
M. DE CRAC
Aia du Butiard de FeUheim, De ce goûter que je bous donne , Mon jardin seul a Tait les Trais , Et pour moi , Bacchus et Pomone Sont prodigues dé leurs bienfaits; Eh! sandis! quelle maigre cbèrel...
G0V8PIGNAC.
Cest là Fordinaire du repas.
M. DE CRAC
Mais qu'importe? Teax-tu té taire, Les amoureux ne mangent pas.
EHSIMBLB.
(que Ton vous \ que je tous > donne, que l'on me / Va présider la bonne humeur ; Le plaisir toujours assaisonne Un repas offert de bon cœur.
(Us se mettent à table.)
M. DE CRAC
A propos; bous êtes benu en posse? Je bais toujours la posse. Je mé rappelle enu-e autres une abenture , la plus particulière qui soit jamais arribée. Nous galopions sur la grande route, près de Versas, quand il vient un coup dé bent tellement fort, que les chebaux, la boiture et moi, nous nous troubons transportés à trois lieues de là, poste et demie.
TOUS
Ah ! pour celui-là...
Attendez, cé n'est rien, le plus plaisant, c'est qu'on voulait me faire payer poste entière , comme si les chevaux abaient fait la route à pied. Non , parole d'honnur ! Demandez à Rosalie, eUe y était.
ROSALIE , détachant la croix d*or quVUe a au cou.
Ah ! pour celle-là , Moussu... j'aime mieux vous la rendre.
VALSAIlf.
Que dit-elle donc?
M. DE CRAC
Rien , rien ; c'est qu'elle aime à rire.