‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 126 sur 756 · ALPHONSE, ERNESTINE ♦ PIERRE · texte numérisé non relu

ALPHONSE, ERNESTINE ♦ PIERRE

ALPHONSE, l part.

Allons, son père le veut, son consentement est à ce prix, il faut bien m'y résoudre.

ERNESTINE , bas à Pierre.

Comme je vais le traiter I

PIERRE

Cestça , parlez-lui ferme, et quil n'y revienne plus.

ERNESTINE, a?ec émotion.

Ah 1 vous voilà. Monsieur. Vous avez vu mon père, sans doute?

ALPHONSE, froidement.

Non, Mademoiselle.

ERNESTINE, à part.

Tant mieux, je mourrais de lionte s'il savait ce que je lui ai dit. (Haut. ) Vous avez l'air de chercher quelqu'un ; peut-être mademoiselle Zoé ?

ALPHONSE , d*un air préoccupé.

Non, je la quitte à l'instant.

PIERRE , bas à Emestine.

Là, je ne lui fais pas dire.

ERNESTINE , s'efforçant de sourire.

J'admire votre docilité, Monsieur, et comme vous vous résignez à une plaisanterie qui a dA vous coûter beaucoup.

ALPHONSE

Mais non , pas tant que vous croyez.

PIERRE» bas.

U y prend goût

ALPHONSE

Je vous dois même des remerciments ; car cette épreuve bizarre a décidé du sort de toute ma vie.

ERNESTINE

Comment, Monsieur?

ALPHONSE

Oui, Mademoiselle, que voulez-vous? chacun a ses caprices; j'ai vu que je ne parviendrais jamais à vous plaire.

ERNESTINE

Monsieur !

ALPHONSE

Oh ! je ne vous en \eux pas ; on n'est pas mat-

tre de son amour; c'est ce que je pensais en regardant celte petite, qui est charmante.

PIERBEf ftvec on loupir.

C'est Yrai.

ALPHONSE

OÙ pourrais-je trouver mieux ? Une jeone fille douce, naïve... •

PIEERB , «oupirtnt plus fort.

C'est vrai.

ALPHONSE

Remplie de grâces, de bonnes qualités...

PIEEBE, de même.

C'est que c'est vrai.

ALPHONSE

Qui ne se fera pas un jeu de désoler son amant, qui Taimera de bonne foi.

ERNESTINE , avec impatience.

C'est assez, Monsieur.

PIERRE, en larmes.

Non , ce n'est pas assez ; il ne peut pas trop en dire; c'est qu'il n'y en a pas une comme elle à dix lieues à la ronde.

ERNESTINE , à Alphonse.

Enfin, Monsieur, vous l'aimez?

ALPHONSE

Je ne me crois pas obligé de vous rendre compte de mes sentiments.

ERNESTINE

Et moi, je les devine, et je ne souffrirai pas un semblable scandale dans la maison de mon père. Peu m'importe qui vous aimiez, qui vous adoriez, cela m'est parfaitement indifférent Mais nous devons veiller sur le sort d'une jeune fille qui nous est confiée. J'entrevois vos projets.

ALPHONSE

Mes projets! vous vous trompez; et, comme TOUS le disiez vous-même ce matin , je n'ai pas de préjugés; aussi mon intention est de l'épouser.

PIERRE , à Ernestine.

L'épouser !

ERNBSTINB.

Qtt'entends-je ?

PIERRE

Quand je vous disais qu'il ferait des folies !

ERNESTINE

Comment, Monsieur...

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