SCÈNE XII
PIERRE, seul, puis ERNESTINE.
Mam^zelle , écoutez-moi dottc Elle y va » c'est
qu'elle y va : a-t-on jamais vu ! celte petke ; sou
amoureux ! un amoureux comme ça à une CUe
j de village , qu'esi-œ qui nous restera à nous
autres? (Reganlanl dans le hoaqMt.) Oui VraineUtl
I il n'était pas loin , le voilà ! il lui donne le bras^
1 Ah! mon* Dieu! ils disparaissent derrière les bosquets. Si encore je m'étais déclaré . si ele était
; ma femme , j'aurais droit de me fâcher; c'est un agrément; mais je n'ai rien àdireyetjesuis obligé de rester là, les bras croisés, comme un pur et
î simple jobard.
ZOÉ
BBNESTINE , entrant par le fond ft droite.
Ah I te voilà , Pierre , qu'est-ce que tu fais donc là?
PIBftBE.
Rien 9 Mam'zelle.
As-tu VU passer M. Alplionse?
PIEBBE.
Si je Tai vu? Certainement; et ce qui me fait le
plus enrager, (regardant du oôté du bosquet) C*eSt
que je ne le vois plus.
EENESTINE.
Comment?
PIERRE
n était ici avec mam'zeile Zoé; et ce que vous ne croiriez jamais , il lui faisait la cour.
EBNESTINE.
Je le sais ; c'était pour rire.
PIERRE
Ah ! vous appelez cela pour rire! Primé, d'abord et d'une.. • ce matin, quand je suis arrivé, il l'embrassait.
ERNESTHÎE , troublée.
En es-tu sûr?
PIERRE
Pour commencer, il m'en a parlé à moi , personnellement, comme de quelqu'un qu'il aimait , qu'il adorait
ERNESTINE
Depuis ce matin?
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il en a lldée ; fout du temps pour s'enhardir à ce point-là, et je gagerais qu'il l'aime depuis longtemps.
ERNESTINE
Il so'ait vrai !
PIERRE
Oui , Mam'zelle » oui , il fera quelque folie pour elle.
ERNESTINE
Que dis-tu? au moment où je venais d*avouer à mon père que c'était lui que je préférais !
PIERRE
Combien hii en faut-il donc ? car si vous l'aviez m tantôt , auprès d'dle , avec des yeux animés... et elle donc, tout à Fheure : « 11 m'attend à deux heures. — Pourquoi faire ? » que j'ai dit. — — « Cane te regarde pas, » qu'elle a répondu; et eDe s'en est allée en riant; et ils ont disparu dans les bosquets.
ERNESTINE
Odel!
PIERRE
C'est comme je vous le dis , de vrais bosquets ; ils sont là pour le dire ; et tenez , tenez , Mam'zelle...
( Lui Bontrant le boaqaet )
Air do Yandeville de VBomme îiert.
Le \*\à qui vient par celte allée.
Le dépit fait battre mon cœar.
PIERRE
Dieu ! si ma vu' n'est pas troublée, II me parait sombre et rêveur.
Sa trisless' n'est pas naturelle.
On dirait qu'il n'ose approcher...
Ca m' fait trembler... il faut, Mam'xelle, Qu'il ait quelqu' chose à se r'prorher.