‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 129 sur 756 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

ERNESTIME, ZOË, PIERRE, puû ALPHONSE et DUMONT.

ERNESTINE

Je ne puis rester en place... jusqu'à mon père lui-même qui me répète que c'est ma faute. (Apercevant Zoé.) Ah! VOUS voilà. Mademoiselle, vous devez être bien glorieuse du trouble que vous causez.

ZOÉ , d*uo air confus.

Mon Dieu, Mam'zelle, Je vois que vous êtes fâchée ; je vous assure pourtant qu'il n'y a pas de ma faute.

ERNESTINE

Votre conduite est indigne; non pas que je regrette M. d'Auberive. Sa légèreté et le choix qu'il a fait prouvent qu'il ne le mérite nullement; mais cela ne Justifie pas votre impertinence.

ZOÉ

Je sais bien que j'ai tort; car, enfin, vous me l'aviez prêté.

PIERRE

Qaelle improdence ! Est-ce qa*on prête Jamais ces choses-là? ça s'égare si facilement!

ZOÉ

Et je devrais vous le rendre , parce que, avant tout, faut de la conscience. Mais comment faire maintenant qu'il ne veut plus?

ERNESTINE, piquée.

11 ne veut plus? C'est inouï, c'est inconcevable; cette petite dont nous nous moquions ce matin... (ChangeaDtde tou.) Écoute , Zoé,jen'ai aucune prétention sur M. Alphonse; au contraire, Je Tabhorre, je le déteste.

PIERRE

Moi aussi*

ERNESTINE

Mais je ne puis supporter l'idée qu'il nous brave à ce point.

PIERRE

Ce serait honteoiL.

ERNESTINE

Je tiens à le désespérer à mon tour , et je me charge de ta fortune, de ton sort; je te marierai à qui tu voudras , si tu consens à déclarer devant mon père , devant tout le monde, que tu ne veux pas l'épouser, que tu ne l'aimes pas,

PIERRE

C'est ça.

ERNESTINE

Que tu en aimes un autre.

PIERRE

Oui.

ERNESTINE

fTlmporte qui.

PIERRE

Moi , par exemple, je suis tout porté.

Ab ! Mademoiselle , que me demandez-vous là?

PIERRE

CHe y tient.

( Alphonse paraît dans le fond à droite. ) ZOÉ.

Certainement, s'il faut vous dire la vérité , je crois bien que je ne l'aime pas. .. peut-être même que j'en aime un autre.

ERNESTINE

Eh bien?

ZOÉ

Mais le désoler! lui qui est si honnête homme!... Et puis, qu'est-ce que ça peut vous faire, puisque vous le détestez, qu'il épouse celle-ci, qu'il préfère celle-là? Ah! si vous l'aimiez , ça serait bien différent.

ERNESTINE, Tirement.

Cela te déciderait?

ZOÉ

Mais...

ERNESTINE, à demi-voix.

Eh bien, oui... ocd, je crois que je raime encore.

ALPHONSE, qui a (ait signe à ses amis d^approclMr. et se jetant aux pieds d^Brnesline.

Ah I que je suis heureux !

Quoi! Monsieur, vous étiez là?

CHOEUR

Air : AUont, amig, le soleil vapariAire,

Au choix heureax que sou cœar vient de faire Chacan de nous s'empresse d'accourir ; Plus de rivaux... celui qu'elle préfère Est le plus digne, et devait l'obtenir.

ERNESTINE , à Alphonse , qui loi a parlé bas pendant le choeur.

Comment , Monsieur , mon père était du complot? Oh! comme je vais le gronder, et l'embrasser surtout!

DTJMONT , montrant Alphonse,

Décidément, Mademoiselle, c*est bien monsieur?

ERNESTINE, souriant.

Ah ! oui... je n'aurai plus de caprices, (Regardant Zoé.) Eh bien ! ma pauvre Zoé, te voilà tout interdite?

ZOÉ

Oh! non, Mam'zelle , j'ai de la marge, (a Alphonse.) Mais vous, Monsieur, vous me tronquez donc?

ALPHONSE

Du tout; j'ai joué mon rôle jusqu'au bout

( Tirant sa montre. ) TiCHS , regarde.

ZOÉ

C'est juste, les trois heures sont sonnées. Je VOUS le rends, Mam'zelle, et avec plaisir, car ce pauvre Pierre me faisait trop de chagrin.

PIERRE, s*essuyant le front.

J'en ai encore la sueur froide.

ZOÉ

Et si toutefois il me trouve assez riche...

PIERRE

Certainement.

ALPHONSE

D'ailleurs, je me charge de ta dot.

ERNESTINE

Et moi de la corbeille.

ZOE.

ALPHONSE

Et quant à la ferme» ta sais qae c'est toujours toi qui en disposes.

ZOÉ, tendant la main à Pierre.

Je te disais bien que je te la donnerais.

GHOEUB»

Vraiment «petite S'y connaît, Je crois; Et te seul mérilo ▲ dicté 80Q choix.

ZOÉf au public.

Air : Paru ei le Village, Si TOUS voulez y consentir, J'ai Ions nous marier au plus vite :

A ma noc' daign'rez vous venir?

Cest la marié' qui vous invite.

Gardez-vous d'y manquer, au moins; Et, quand j' compte entrer en ménage, N'allez pas , faute de témoins , Faire manquer mon mariage.

TOUS

N'allez pas, faute de témoins, Faire manquer son mariage.

PHILIPPE

C®3^jil2S>S3Bo^AirE)Iir7S&9LSI

TO Aom^

Repréêentée , pour la première fois , à Paris , sur le théâtre du Gymnase dramatique ,

le 19 avril 1830.

En société avec MM. MéltBville et Bayard.

•f. FRÉDÉRIC.

JOSEPH, domestique de mademoiselle

Mademoiselle IVHARVILLE.

MATHILDE, sa nièce.

M. DE BEAUVOISIS

PUILIPPË, intendant de mademoiselle d'Harville.

d'Uanrille.

PLtsiEuas Valets.

Iêêl scène se passe dans l'hôtel de mademoiselle d'HanriUe.

La théâtre représente un bel appertement ; porte au fond , et deux portrs Utéralet. La porte à droite de l'aetenr est celle de rappar. toment de Malhllde ; celle qui eit à gauche est ïa porte de la cbanbre de Frédéric. A droite, sur le derant, une grande lable codverle d'an rlcbo tapis , et sur laquelle so trouTcot une cassette, un encrier , etc. A fanche, an foéridon.

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