‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 136 sur 756 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Mademoiselle D'HARVILLE, FRÉDÉRIC »

PHIUPPE.

PHILIPPE, bit I Frédéric.

Venez, J'ai parlé , ça va bien.

FRÉDÉRIC

Ce n'est pas possible.

PHILIPPE

Si fait, soyez gentil, et remerdez-la.

PHILIPPE

MADEMOISELLE D'HARVILLE

Ah ! Frédéric, approchez.

PHILIPPE , le poaiMOl.

Approchez donc, phis près , eocore.

FBÉDÉRIC, à part.

Je tremble.

MADEMOISELLE D'HARVILLE

Je sais toat. Monsieur. ( Mouvement de Frédéric. )

Rassurez-vous , je n'ajouterai pas aux reproches que vous vous faites sans doute : je réparerai votre folie ; mais que cette leçon ne soit pas perdue.

FRÉDÉRIC

Je ne Toublierai de ma vie, ni vos bontés non plus. Madame.

PHILIPPE , bM.

C^est ça. ( Il paite aoprètde U table à la droite de mademoûelle d'Harrille. )

MADEMOISELLE D*HARVILLE

Frédéric, ne deveiiez pas joueur, je tous en prie.

FRÉDÉRIC

Jamais, Madame, jamais, (a paru) Je n'en reviens pas... tant de bonté...

PHILIPPE

U ne jouera plus , Mademoiselle ; c'estbon pour une fois.

MADEMOISELLE D'HARYILLS.

Vous me feriez bien de la peine.

FRÉDÉRIC

Ah î je mourrais plutôt que de rien fsûre qui pût déplaire à madame ; quand je songe à tous les bienfaits dont on m'a comblé dans cette maison , moi , qui n^avais personne au monde.

MADEMOISELLE d'HARVILLE , lui tendant la main.

Vous avez des amis qui ne vous abandonneront pas, tant que vous serez digne d'eux.

PHILIPPE

U le sera toujours , j'en réponds.

FRÉDÉRIC , baisant avec transport la main demademoiaelle d'HarvUIe.

Oh! toujours. ( MademoiseUe d'Harrille ae détourne arec émotion. )

PHILIPPE, bat I mademoiselle d^Harrille.

C'est bien ça. Mademoiselle, (a part.) A sa place, il me semble que moi, je l'aurais déjà...

(u fait le mouvement d'embrasser. )

MADEMOISELLE D'HARVILLE

Et VOS travaux, vos études, oà enétes-vous? soDgez-YOUsà vous faire un état, un nom?

FRÉDÉRIC

Je n'ai plus qu'à prêter mon serment d'avocat.

PHILIPPE

La! voyekvous, il est avocat! et il n'en disait rien.

FRÉDÉRIC

C'est si peu de chose , tant qu'on ne s'est pas

n a raison.

PHILIPPE

n parait que c'est difficile, et que, dans ce régiment-là, les chevrons ne viennent pas vite; mais c'est égal, c'est toi^ours fort joli d'être avocat à son âge ; n'est-ce pas. Mademoiselle?

MADEMOISELLE D'HARVILLE

Sans doute; c'est un titre. J'ai vu des avocats qui étalent reçus dans les meilleures maisons; cela peut mener à quelque chose.

PHILIPPE

Je crois bien.

MADEMOISELLE d'HARVILLE , obsenrant Frédéric.

( A part. ) Oui , Philippe disait vrai ; il n'est pas mal: bonne tournure, air distingué. (phiUppe

Tient auprès de Frédéric à sa gauche. Elle se lève. Haut à

Frédéric. ) Écoutcz-moi, Frédéric , je m'uccupe de votre avenir, de votre bonheur ; je ne vous demande que de n'y pomt mettre obstacle par votre conduite.

FRÉDÉRIC

Ah! parlez; décidez de mon sort: trop heureux de vous consacrer ma vie.

MiLDEMOISELLE D'HARVILLE.

Voilà qui me satisfait ; je ne trouverai donc en vous nul obstacle à mes volontés?

Que je perde tous mes droits à vos bontés si j'hésite un instant à vous obéir.

PHILIPPE

Je suis sa caution.

MADEMOISELLE d'HARVILLE.

Eh bien! Frédéric, j'ai en vue pour vous un établissement fort honorable, une étude qui vaut, dit-on , deux cent mille francs.

FRÉDÉRIC, s*inclinant.

Ah! Madame!...

MADEMOISELLE D'HARVILLE

Celle de Desmarets» mon avoué; il vous la cède pour rien.

PHILIPPE

Pas possible!

MADEMOISELLE D'HARVILLE

C'est la dot de sa fille, jeune personne charmante et très-bien élevée, qu'il vous donne en mariage.

FRÉDÉRIC

Odel!

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