‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 209 sur 756 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les PBÉCÊDBNTS; LAPIERRE, tonant de rappartement de madame Biquebourg.

LAPIKRRE.

Madame fait dire à mademoiselle de passer chez cUe.

OEUVH^ COMPLÈTES 0£ SCRIBE.

ÉLISE

Et moi , qui m^amuse là à causer.

RIQUEBOURG.

Qu'est-ce que ça fait! reste encore.

ÉLISE

Je le voudrais; mais ma tante qui m*attend pour ma leçon de géographie et d*histoire, car c'est elle qui s'est chargée de mon éducation ; il y a deux ans , quand vous m'avez fait venir du pays, tout le monde se moquait de moi : J'étais si gauche , ne sachant pas dire un mot sans faire une faute I

BIQUEBOURG.

Voilà comme je t'aimais ! nous pouvions causer ensemble.

ÉLISE

Oui; mais tant que j'étais ainsi, qui m'aurait épousée? Ma tante me disait toujours que mon avenir en dépendait ; qu'il n'y avait pas en ménage de bonheur possible quand un des deux avait à rougir de l'autre , et comme maintenant, dans la société , tout le monde avait des connaissances et del'instruction...

RIQUEBOURG,

Laisse-moi donc tranquille ; tu crois peut-être que c'est avec de la géographie ou de l'histoire que tu trouveras un mari I

Am: De sommeilter enror, ma ckért.

A quoi bon app'Ier à ton aide Et la science et son fatras ?

Avec de l'or, et j'en possède , Avec un' dot, et tu Tauras, Tu n' manqueras pas, tu peux m'en croire, D'épouseurs... et ça, mon enfant, C n'est pas un cent', c'est de l'histoire. L'histoire de Franc' d'à présenL

Du reste, chacun est libre, fais comme tu voudras. (Élise va s'asseoir devant U table. ) Mais je SUiS altéré d'avoir parlé. Lapicrre , donne-moi un petit verre.

LAPIBRRE.

Comment, Monsieur?

RIQUEBOURG.

Rhum ou eau -de -vie, comme tu voudras,

pourvu que ce soit du sec. ( Sur un signe d*Élise, Lapierre hésite. ) Eh blcU ! CSt-CC qUC tU UC m'CUteuds

pas?

(Lapierre sort.) ÉLISE , qui pendant ce temps a pris ses livres et ses cahiers , passe à la gauche de Riqoebourg.

Y pensez -vous, mon oncle? Le docteur qui vous a défendu de prendre la moindre liqueur,

RIQUEBOURG.

Bah ! Est-ce que je crois à tout cela ?

ÉLISE

11 a pourtant bien dit...

RIQUEBOURG.

Oui , oui , ils disent tous que j'ai la même maladie que mon ptVe ; ce n'est pas vrai. Et si c'était, raison de plus.,, le pauvre cher homme était la sobriété même, ainsi que mon grand-père; ça ne les a pas empêchés U)us deux de mourir à cinquants ans.

Aia du BaUer au porteur.

Tu voit donc bien qu'c'ei t une duperie , Pendant qu'j'y suis, Je veux vivre avant tout. (Lapierre rentre avec un porte-liqueurs qu'il pose sur la table. ) Moi , je chéris le rhum et l'eau-de-vle

Par reconnaissance et par goût, pans les liqueurs j'ai, négociant honnête. Fait ma fortune, et je peux te Tjurer, Sans que les un's m'aient fait tourner la télé. Et sans qu'jamais l'autre ait pu m'enivrer,

( On entend sonner au dehors. )

Tiens, voilà que Ton sonne chex ta tante.

ÉLISE

J'y vais.

( Elle va pour entrer dans la chambre à droite. ) RIQUEBOURG , à Élise qui est sur le seuil de U porte.

Et surtout ne lui parle pas de ces bêtises du docteur ; elle n*en sait rien , et ça reflrayerait.

ÉLISE

Oui, mon oncle.

( Elle entre dans la chambre k droite. )

Et puis ça me ferait mettre de Tean dans mon vhi , ce que je ne veux pas , parce qu'il faut jomr. (a Lapierre. ) Verse tout plein , attendu que k vie passe (ravalant) commc un petit verre.

LAPIERRE

C'est là 4e la philosophie.

RIQUEBOURG.

De la philosophie au rhum ! voilà comme ja l'aime. Verse encore. Qu'est-ce que tu dis di cela?

( Loi montrant iob varo. ) LAPIERRE , passant sa langue sur aai lèvres.

Que ça ne doit pas éu*e mauvais.

RIQUEBOURG.

Eh bien! imbécile, prends-en un, et trinque avec moi.

LAPIERRE 9 honteux.

Âhl notre matu*e!

RIQUEBOURG.

Allons donc ! je n'aime pas qu^on me réplique..*

( Lapierre prend un verre et l'emplit. ) A ta SaUté. LAPIERRE.

A la vôtre, (a part,) V'ià-t-il un bon maître! Il n'est pas fiei* « alui-là I

LA FAMILLE KIQUEBOURG.

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