‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 213 sur 756 · CÈ«B V · texte numérisé non relu

CȫB V

HOUTfiliSfii aiQUEBOUHG.

HOBTBIfSE, regardant ka lettre.

Qu^est-ce que cela veut dire ?

BIQUEB0UB6 , la lui donnant.

C'est àtoi qu'elle est adressée, et Je ne lis Jamais les lettres de ma femme , parce qu'on dit que ça porte malheur.

HOBTBIlSB 9 avee joie.

0 ciel ! q«i ie «erak douté r.u e'ott nom Mce Élise qull demande en mariage.

MQVBBOlNlU , fcvec bnuenr»

Ehbiral par exemple..*

«OntSnaB , étonnée.

Bk qiloil M^ltwywB pas encbantéi «Mme md, d'Mw aillaMW aussi bonorabléf

BI^EBOtMi

Diloit

maTuisB* fit pourquoi?

hîQewÊêvw»

Jeneledlnifaaque^ par goût et par afilee* tion, Je n'aine |Ms les SeigHeMSk ça serait «ae béiise ; parce qu'enfin un homme en vaut un autre :

il y a de braves gens partout, et cehii-Ui , ce n'est pas sa faute s'il est vicomte; mais Je te dirai que ma nièce aura cinq cent mille francs de dot , que depuis longtemps J'Ai mis de côté : et Je ne me lierais pas donné tant de mal pour enrichir un étmnger.

ttOBtBKBB.

Le vicomte est riche.

BIQUBBOUBG.

Lui OU tout autre « qulmporte ? Ce n'est pas un des miens, et Je veux que ce que j'ai gagné à la sueur de mon front ne sorte pas de la famille, c'est à eux, ça leur appartient, ilsl'dnront^etjene eommis qu'un mari qui contienne à Élise, G*est MoTf e « e^est mon neveu.

ROATENSE.

Quedites-Tous?

B!QOËBOtTBG«

Y a-Ml au monde un plus hotittéle homme , on plus brave garçon'? Si tu l'avais vu comme moi, sous le feu du canon !

HOBTENSE*

Comme vous I et quand donc ?

BIQUEBOURG.

ParAoB , Je ne voulais pasteledire,ttiBis,eii tonttbBence, lors de ces ëemiôrs éYénements, quand on mitraillait le peuple , Je me suis <ht : « Le peuple I J'en suis, ^ mere^ittlé* » J'ai fermé nm maisfNi, mes mgasitts; et avec mes ouvriers et mes commis Je me lançais , sans ordre , au hasard, où il f avait des coups de fusË, cal* Je ne suis pas fort sur la tactique ; torsque Je vois arriver au galop un petit Jeune homme en habit bleu , qui se met à notre tête , donne des ordres ; Je regarde, c'était George, que Je croyais benfermé à VÉcole^ CélBit B»>n neveu qui criait : EH rttani ! tiMirc^ /... Gegalllard^ Msait marcher son oncle. OorMen 1 Je l'ai suivi | Il nous a bien menés ! et on ne veut pas que Je donne ma nièce à fliOrt neveu, à mon général !

HORTENSE

Si , mon ami , si , Je trouve cda tout naturel. Ce pauvre George! maiscependant..,

BIQUEBOUBQ.

Cependant., cependant., il n'y a pas d'objection qui tienne , ça a toujours été mon idée, et si Je ne t'en ai pas parlé plus tdl, c'est que, depuis longtemps , J'ai remarqué une chose qui m'a chagriné*

nOBTBlISBi

Et qu'est-ce que c'est donc ?

BiQtnmoimu.

Tu sais combien j'aime George $ t*est mon soutien, mon appui, c'est, apits toi, ce que j'ai de pl» cher au monde» Bt comme tu es une benne femme, tu l'aimes parce qm* je Taime , pour me

faire plaisir; mais cela nVst pas de toi-même , ce n'est pas comme je voudrais.

UORTE^SE•

Que dites-vous?

RIQUEBOURG.

Oui, tu te retiens , et il ne faudrait pas , il faudrait être comme moi ; tu as peur de lui faire une caresse, de lui faire amitié. Des fois tu le traites avec cérémonie , et d'autres fois tu ne le traites pas bien du tout.

HORTENSE

Moil

RIQUEBOURG.

Je t'en donnerai des preuves. Par exemple : restant à Paris, pour mes affaires, je désirais qu'il t'accompagnât dans ton voyage , tu as mieux aimé partir seule avec ta nièce et une femme de chambre. Je ne t'ai pas contrariée , parce qu'avant tout tu es la maîtresse; mais cela m'a fait de la peine et à lui aussi.

HOBTENSE.

Vous croyez?...

RIQUEBOURG.

Ah dame! il n'est pas démonstratif, il ne fait pas de phrases, celui-là; il ne dit rien; mais il agit ; et je sais au fond du cœur combien il nous aime tous deux. Pendant le temps que j'ai été ma* lade , il s'est mis à la tête de ma maison ; et , quoique ce ne fût pas son état, il s'y entendait aussi bien que moi , ça allait mieux que si j'y avais été ; car il a ce que je n'ai plus, de la jeunesse et de l'activité, et surtout un zèle pour mes intérêts.... £t pour toi, est-il possible d'être plus aimable, plus attentif? Toujours à tes ordres; il se ferait tuer pour t'avoir une loge d*Opéra , ou une invitation de bal ! Voilà ce qu'il nous faut pour être tout à fait heureux c hez nous. Cela vaut mieux , j'espère , qu'un inconnu , qu'un étranger, et, dès aujourd'hui , pour commencer, il faut que tu en parles à George.

HORTENSE , troablée.

Moi!

RIQUEBOURG.

Sans doute; il est toujours de ton avis, il fait toujours ce que tu désires, il te sera facile de le décider.

HORTENSE , de même.

Je l'essayerai du moins.

RIQUEBOURG.

11 le faut, ouj e croirai que tu as quelque arrière-pensée en faveur de ce vicomte que tu pro-

Vous pourriez croire?...

RIQUEBOURG.

Oui* Tu as toujours eu un petit penchant pour

les gens de qualité , c'est tout naturel , tu en es ; moi je n'en suis pas.

HORTENSE

Mon ami !

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