SCÈNE IL LE GRAND-DUG, LE SURINTENDANT
LE SURINTENDANT, au grand-duc qui regarde sortir Henriette.
Eh bien! qu'en dit votre altesse?
LE GRAND-DUC
Très-jolie, et il n'y a que vous, mon cher comte , pour faire de pareilles découvertes.
Et puis une candeur , une naïveté , un cœur qui n*a jamais parlé.
QBUVRBS GOMt^LÊTBS DE SCllUBE.
LE GRAND-DÛ ):• Air du Piège, Vous en êtes sûr, mon ami ?
LE SURINTENDANT
De sa candeur, de sa constance ?
Oui, j'en réponds.
LE ÔRAND-DtC.
C'est bien hardi :
Vous vous risquez beaucoup, je pense.
Oser répondre , en vos serments , De la fidélité d'une autre!
C'est déjà trop , messieurs les oOurUsIni « D'oser répondre de la vôtre.
LE SURINTENDANT
Ai-Je jamais trompé votre altesse?
LB GRAND'DUC
Non pas voas; mais... (vivement.) Du reste, vous êtes certaîn qu'on ne nous a pas vus sortir du palais?
Oui, Monseigneur.
LE GRAND-DUC
Il ne faudrait pas que cette aventure , que je commence àtrouver fort piquante, vint aux oreilles de la comtesse d'Areaso*
LE SURINTENDANT 4 à pAH.
Une femme qui m*a empêché d'éu*e ministre ! ^ mais je me venge. ( Au prince.) Votre alteSse Talme donc toujours?
LE GRAND-DUC
Moi?... mais non; je crois même quW contraire...
LE SURINTENDANT, d*uo air brwque.
Eh bien! moi, je vous dirai la vérité ^ parc« que je n*ai jamais flatté personne. Vous êtes trop bon, trop grand , trop généreux, vous vous fâcherez si vous voulez , peu m'importe.
LE GRAND-DUC
Non, mon ami, je ne vous en veux point de votre brusque franchise. Achevez.
LE SURINTENDANT
Eh bien! elle éloigne du pouvoir totid léâ gëtiS de mérite; elle prétend que c'est elle qui gouverne.
LB GRAND-DUC
Ce n'est pas vrai , c'est toujours moi qui règne... après ça, j'en conviens « cela continiie avec la comtesse, parce que cela est... il est si difficile de prendre un parti... je Tai beaucoup aimée... ce sont des titres...., une femme charmante, d'une illustre famille , une âme de feU... Une Napolitaine , c'est tout dire. 11 y a même des jours où je Taime encore... et , pour en Anh*, j'ai en même un instant envie de repenser.
LK 8UMNTKNDANT.
De la nain gauche»
LE GRAND-DUC
C'est elle qui n'a pas voulu.
LE StRÏNTBNDANr.
QueUe idée , mon prince !
LE GRAND-DUC
J'aurais pu faire un plus mauvais choix , la comtesse est une femme d'un mérite supérieur, et de fort ftônfcohseil; elle entend auâsi bien que noi les affaires diplomatiques, dont, par parenthèse, je ne m'occupe jamais sans avoir la migrame.
LE SURINTENDANT
CM anti^e ehose , si die vous tient lieu d'on ministre des affaires étrangères.
LE GRAND-DUC
Précisément... c^est une économie; les ministres sont si chers !
LE SURINTENDANT
Et les maîtresses , donc I
LE GRAND-DUC
Raison de plus pour réunir les deux chaigeses une, le peuple y gagne... Et voos qui paria, rigide conseiller, ne dit-on pas que cette jeooe cantatrice française qui vient de débuter sur moo théâtre italien...
LB SURINTENDANT, âYMémoUM.
La petite Augustal
LE GRAND-DUC
Oui , elle me plaifialt beaucoup , J'y atais pensé pour mol; mais j'ai appris que vous l'adoriez.
LB SUBINTBNDANT,ft*iiicUDaiit.
Ah ! prince ! il ne fallait pas pour cela...
LE GRAND-DUC
Si vraiment, comme surintendant des néons plaisirs, cek vous revient de droit; ce serait attenter aux prérogatives de meagrands offidtn.
▲la du TaudeTlIle de VàeUrimi, Contre les botltt<!blB, quoi (]u*oA oSe, On est le mattre ; et ritn de mleax... Les grands seignenre , c'est antre chose, Et j'ordonnerai , Je le veUx, Que l'on respecte la personne Et le front d^ geits tottittie H tantt Quand cela vieitt si près du trône.
Cela pourrait monter plus haut.
LE SURlNTENbAl<rT.
Ah ! Monseigneur ! j'ai besoin de vous le ttt; vous êtes le meilleur del sotivet-âins.
LE GaàND^BtlG < AtlMidrilMiit.
Ouif olii 4 je crois que je suis bon prince» Mrtout pour ceux qul^ comme vousi s'oocapeatili mes plaisirs; richesses, honneurs, dignités, ils ont droit de ttmt attendrew
M SURlNTBKDAim
Ah! Monseigneur!
LE GRAND-DUO
C'est trop juste. A quAÎ donc serviraient les impôts, si ce n'était à moi etè bms amis? Tout ce que Je demande à mon peuple» c'est deœ laisser régner tranquille... Et j'espère que vous
Lés tROlS MAltftESSES.
irez feit exécatef mes brdt^ès éontre Técole des Porte-Ensejgnes, contre ces jeimes gens !
LB SURiNffiNDANT.
Oui, Itonseigncur; les chets dtat été tnid en prison, et défense aox autres d^épprb(^hei* à (iliiS de vingt Uétieft dé YOtre eâpitàle, tt, quoiqu'il y en Altqtii disent qtie i^id ntiii^ h leur» étudei.;.
Ce n'est pas un grand mal , on en sait déjh trop dans mes Étatà. Cela gagne illéffiè les hautes dasses ; car dans la liste de ces Jeunes Séditieux , fai m entre àtitrés, té qui di'a fbtt étonné, le jCHife RoMpbe de StrobeK
Lui I qui ne s'occupe que des femmeii ^Id krar a sacrifié sa fortune 1
tÉ OBAIfD'DUGi
Ltknâmei fotrè iie?eu.
LE SUBIIfTENllANT*
Mon neveu!... Il ne Test plus! et j'appellerai sor lui, s'il le faut, toute la rigueur de votre altesse... Voilà comme Je suls^ c'estlaseule faveur qoe Je demande.
LB GRAND-DUC
Toilà, mon cher comte « un noble et beau caractère! C'est du Brutus.
LE SURINTENDANT
i)u Ërùtiis monarchique.
Àïti.Deeei amour fui f et soudain ( de Carolike ). Par det torU dont je me défends , Sî ceue parenté m'accuse , Les services qae je veaé fendi Peavent me compter pour excasë.
LE GRAND-DtJGi aperMVibi Henriette.
61 Je m'en sAUTenais encor, Tenet, Toilà que je l'oublie ; Comment se rappeler un tort.
Lorsque Fexcuse est si jolie. ^