‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 228 sur 756 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les Précédents t HENRIETTE.

HENRiBtTE.

Enin , ces dames sbnt partiel , ce n'est pas sans peine; et me vûilà tout à VOUS. Que dàiirent ces ■eMienrs?

LE GRAND^tlUC , là règArdani.

Ce que nous dé»ronsP Bhl inals, ce serait facâeàvousdireé

Tous m'avez parlé de robeit de cour.

LÉ GRAND-DUC

Oui , robes de Mur.»« robes de 1mL««

HENRIETTE

Et combien?

LË GRA^fo-DUC.

Ce que vous vdadrct. Due du deut dootalnes.

ttE^ht^tTË.

Ah ! uoA blèu ! c^ëst done pour m mariage P

LE SURIKTËIVDANt , avec sang-froid.

Oui, Mademoiselle, à peu près.

ûeNhiètte.

Et qui me pi*bCili*e une commande pai*eillel»... Car c'est presque une fortune... et Je ne connaissais pas ces messieurs...

LE GhAflD-DÙC.

Oui, mais nous, nbUè conUaIssions vos Ulents, votre gentillesse.

LE ICRI^TTENDANT*

Vos principes.

HENlttBttfii

Dame ! Je travidlle toa|ourB en conicience , et je prends toujours le moins que je peut. LU GRAitn*nuc.

G'ett un toru Vous êtes donc bien riebe P

ttENRIÉTTE.

Molt k*ichet Je n^ai Hefi* Mon pèi>â, qui était dA brave offitiet*^ a été tdé k l'armée , et m'a laissé pour unique UérlMg^ le souvehlr de ses exploits i son épauiette et son épee>.i Ça ne pouvait guère servir à une fille.

tfe SURiNTENDANt.

Non, certainement.

HENRIETTE

Il fallait donc implorer la pitié ou l'orgueil de quelques grandes dames, ou entrer à leur service... Par bonheur, je savais couà*e et broder... et cela vaut mieux.

Âift tioUveiiu de madame btcuAiiiiGe.

Jeune et maîtresse De ma liberté J'ai pour richesse Travail et galté.

Toute )à semaine SiJ'jii tratoillé^ Que dimanche tienne , Tout est oublié.

Jeune et maîtresse De ma liberté,

J'ai pour richesse Travail et galté.

Aujourd'hui, Je pense, Humbleest mon destin ; Mais j'ai l'espérance Qui me dit : demain.

Jeune et maîtresse De ma liberté, J'ai pour richesse Travail et galté* ( A la fin de ce couplet, le aoriotendant paise A la droite du prince. ) LË dtlANb-DtJG.

Et Jamais vous n'avea ed d'ambition ?

H«!tftlfetTB.

Sî , une fols. J*al dans mes pratiques la signora

Augusta , cette Jeune cantatrice du Théâtre-Italien, qui me commande toujours de si belles robes.

LE GBAND-DUG.

Qu'elle vous doit, peut^tre !...

HENRIETTE

Non, yraiment* On m'envoie toujours le mémoire acquiué.

LE GRAND-DUC

Vous ne savez pas par qui ?

Mon Dieu, non...

LE GRAND-DUC, bat au turintendant, qui eit venu à sa droite.

Vous le savez peut-être?

LE SURINTENDANT, do même.

Hélas ! oui.

HENRIETTE

En la voyant toujours arriver dans de si beaux équipages, je me disais : S'il ne faut que chanter pour faire fortune, mol aussi, j'ai de la voix. Et il doit être plus agréable de faire des roulades que .; des corsages. Mais je n'y ai pensé qu'un instant, ! et je suis revenue à mes robes et à mes patrons, | parce qu'on dit que c'est plus sûr, qt que si ça ne | rapporte pas tant, cela coûte moins cher. j

LE GRAND-DUC

Certainement... Mais il y a pour vous d'autres moyens d'être heureuse.

HENRIETTE

Vous croyez?

LE GRAND-DUC

Supposons, par exemple, qu'il ne tint qu'à vous de désirer, qu'est-ce que vous demanderiez?

HENRIETTE

Une chose , une seule chose au monde.

LE SURINTENDANT

Un bel équipage, comme la signora Augusta?

Non, vraiment

LE GRAND-DUC

De l'or, des diamants ?

HENRIETTE

Oh! mon Dieu, non.

LE SURINTENDANT

De riches toilettes , des parures ?

HENRIETTE

Du tout , j'en fais tous les Jours , Je sais ce que c'est.

LE GRAND-DUC

Eh bien, alors, que pouvez-vous désirer?

HENRIETTE

Eh! mais, c'est mon secret, et Je ne suis pas obligée de le du*e.

LE GRAND-DUC

Gomment...

HENRIETTE

Dans quel goût ces messieurs veulent-ils les robes qu'ils demandent?

LE GRAND-DUC, désignaut le surintendant.

Je vais m'entendre pour cela avec monsieur.

(Ib gagnent la gauche du théâtre, pendant qu'Henriette ta Ten la droite.)

LE SURINTENDANT, bat.

Eh bien?

LE GRAND-DUC, de même.

Charmante. La difficulté estdelIntrodiûredaM le palais, de la faire paraître à la cour, sans que la comtesse...

LE SURINTENDANT

Il y aurait un moyen ; votre tante, la princesse Ulrique, qui aime à s'entourer de Jeunes dîmes. Et la fille d'un ancien officier...

LE GRAND-DUC

Excellente idée!

HENRIETTE, Tenant A eux.

Eh bien! Messieurs, ces robes...

LE GRAND-DUC

Dans le dernier goût.

HENRIETTE

Je les ferai à la française. Pour une duchesse, peut-être?

LE GRAND-DUC

C'est possible.

HENRIETTE

Et la mesure?

Faites-les comme pour vous , car la personne à qui on les destine est exactement de voire taille, et vous ressemble beaucoup.

HENRIETTE

Air : Reitez , restez , troupe Jolie.

Ah ! la rencontre est admirable !

LE GRAND-DUC Voilà ses traits, voilà ses yeux.

HENRIETTE

Mais pour moi c'est Tort honorable.

LE GRAND-DUC Et pour elle c'est Tort beureax.

HENRIETTE

Ah! si je pouvais... quelle ivresse!

Changer avec elle.

LE GRAND-DUC

Entre nous « Je connais plus d'une duchesse Qui voudrait changer avec vous.

HENRIETTE

Si ces messieurs veulent choisir des étoffes, voici des échantillons qu*on leur apporte.

LES TROIS MAITRESSES

LBsPfiÉcÉDENTs; UNE FILLE DE BOUTIQUE,

posant un carton d*écbantillons.

HENBIBTTE.

Donnez. C'est le carton n" 2 ; et cette lettre ?

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